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Vous voulez allumer le feu de Dieu ? La leçon d’une Mère du désert

4 min de lecture
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Crédit : Shutterstock I Stepanych

Que nous disent les Pères du Désert — et les Mères du Désert ! — pour guider notre vie spirituelle, dans les circonstances très concrètes de notre vie ? Il ne suffit pas de désirer le feu de Dieu pour éviter la fumée de la bataille avec le démon Tentateur, avertit sainte Synclétique.

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Nous avons déjà fait connaissance avec cette sympathique "mère du désert", sainte Synclétique, moniale du IVe siècle dont la finesse spirituelle n’a d’égal que le bon sens dont elle fait preuve dans ses sentences rapportées par la tradition. Celle que nous regardons aujourd’hui fait partie de ces nombreux encouragements pour les débutants que la littérature monastique affectionnait particulièrement. Il s’agit de mettre en garde ceux qui se présentent au désert contre l’illusion qu’on peut gravir allégrement l’escalier des vertus, en suivant à la lettre les conseils des anciens.

Les attaques du Tentateur

Que disait la sainte moniale ? Synclétique a dit : "Labeur et grand combat attendent les pécheurs qui se convertissent à Dieu et après, joie ineffable. C’est comme ceux qui veulent allumer un feu : enfumés d’abord et gênés au point d’en pleurer, ils obtiennent à ce prix ce qu’ils veulent. Il est écrit en effet : "Notre Dieu est un feu dévorant" (Dt 4,24) ; il nous faut donc, nous aussi, dans les larmes et les peines, allumer en nous ce feu divin."

Synclétique d'Alexandrie représentée dans le Ménologe de Basile II.
Synclétique d'Alexandrie représentée dans le Ménologe de Basile II.

Synclétique est claire : "Labeur et grand combat attendent les pécheurs qui se convertissent à Dieu." On ne rompt pas du jour au lendemain les attaches qui ont été tissées au fil des années. Le Tentateur a des moyens pour varier les attaques et nous prendre par défaut de vigilance, quand on est somnolent, inconscient, distrait. Au lieu de deviner que le grand calme cache toujours quelque chose, on s’est reposé sans méfiance, sans s’être enveloppé de la crainte de Dieu qui nous met en défense et on a laissé pénétrer un rêve, un souvenir, une image qui vont s’aménager une place dans notre tête et faire taire la petite voix qui nous invitait à aller de l’avant, au-devant du Seigneur.

Dans la fumée, le désir de Dieu

Alors ce sera la bataille : il s’agit de mettre dehors cet intrus, quel que soit le prix à payer, se plonger la tête dans l’eau froide, exposer sa peau à la brûlure du soleil ou à la morsure du froid, ou toute autre chose qui exprime nettement notre acceptation de la souffrance par amour. Et, pendant ce temps-là, pas de consolation, Dieu paraît loin, tout ce que nous faisons pour lui nous semble absurde et sans valeur. C’est là ce que Synclétique appelle la fumée. En voulant allumer le feu, nous avons tout embrouillé. Mais le désir est toujours là, têtu, au fond de nous-même : je veux faire plaisir à Jésus, je veux enfin l’aimer un peu. Au début, ce n’est presque rien, et puis voilà que ça grandit un peu. La fumée se disperse.

Au bout de la route, la joie

Le péché m’a retenu si longtemps dans ses liens, il ne faut pas s’étonner que la cure soit longue et ne réussisse pas du premier coup. On va recommencer autant de fois que nécessaire, même par temps gris, même quand on n’a pas de courage. Encore et encore. Synclétique nous dit qu’au bout de la route, il y a "la joie ineffable". Il faut la croire, elle sait de quoi elle parle.