La Moselle sous tension. Dans un communiqué publié le 28 mars, Mgr Philippe Ballot, archevêque de Metz, a réagi face à un arrêté préfectoral datant du 23 mars et autorisant les commerces "à employer du personnel et à ouvrir dans toutes les communes du département de la Moselle le Vendredi Saint, 3 avril 2026". L’archevêque a pris connaissance de l’arrêté alors qu’il était à Lourdes en Assemblée plénière des évêques de France et "a immédiatement contacté le Préfet pour lui exprimer sa surprise face à cet arrêté inattendu à quelques jours du Vendredi Saint".
Une "pratique profondément ancrée"
Les dispositions locales du Code du travail spécifiques à l’Alsace et à la Moselle prévoient que le Vendredi saint est un jour férié et chômé dans les communes ayant un temple protestant ou une église mixte - église où les cultes de différentes confessions chrétiennes sont célébrés. "Cet arrêté déroge à ce qui est considéré, depuis de nombreuses années, comme une pratique profondément ancrée dans notre histoire locale. Mgr Philippe Ballot souhaite vivement que cet arrêté ne crée pas de précédent", a précisé le diocèse. L’archevêque a souligné qu’il "partage l’émotion de nombreux Messins et Mosellans, dont des commerçants", face à cet arrêté.
Plusieurs syndicats ont aussi condamné l'arrêté préfectoral. Dans un communiqué daté du 25 mars, les unions départementales FO, CFDT, CGT, CFTC et CFE-CGC ont dénoncé la décision du préfet de mettre fin "à 36 ans de tradition et de consensus local sur la question". Elles ont annoncé engager un recours devant le tribunal administratif et demandé à être reçu par la préfecture "sans délai".
Régime particulier
Ce débat s’inscrit dans le cadre du droit local d’Alsace-Moselle, qui prévoit un régime particulier des jours fériés hérité de l’histoire. Annexés à l’Empire allemand après la Guerre franco-prussienne (traité de Francfort du 10 mai 1871), ces territoires ont conservé, lors de leur retour à la France en 1919, certaines règles en vigueur. Ainsi, le Vendredi saint est un jour férié et chômé dans les communes disposant d’un temple protestant ou d’une église mixte, tandis que la Saint-Étienne, fêtée le 26 décembre, est fériée dans l’ensemble de l’Alsace-Moselle. Des statuts locaux régulièrement remis en cause, notamment en temps d’élections, comme l’illustre l’arrêté préfectoral publié le 23 mars dernier.










