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“Irmas, la vie des sœurs de Marie” : un film-documentaire qui fait du bien 

Extrait de la bande-annonce du documentaire "Irmas, la vie des Soeurs de Marie".

Extrait de la bande-annonce du documentaire "Irmas, la vie des Soeurs de Marie".

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Domitille Farret d'Astiès - publié le 29/03/26
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Disponible sur YouTube, le film documentaire "Irmas, la vie des sœurs de Marie" suit la vie de religieuses qui consacrent leur vie aux enfants les plus défavorisés en leur proposant une éducation de qualité. Un témoignage édifiant.

Un groupe d’enfants joue au ballon, des chiens aboient… Ailleurs, une bande de poulets se promène en caquetant bruyamment… Nous sommes au Brésil. Deux religieuses de la congrégation des Irmãs de Maria (Sœurs de Marie) hèlent à sa porte la grand-mère de Maximiliano. Cette femme âgée s'occupe seule de ses trois petites-filles. Et malgré son âge, elle n’a pas le choix : elle doit vendre du gingembre au marché pour assurer la subsistance de sa famille. "Sa situation est très dure", constatent les sœurs. 

Le film documentaire Irmas, la vie des sœurs de Marie suit la vie sur le terrain de sœur Margie, sœur Abigail ou encore sœur Theresa, qui se dévouent auprès des plus démunis. Depuis 1964, elles partent à la rencontre des populations qui vivent dans un immense dénuement. Avec l’accord des familles, elles encouragent les enfants qu’elles estiment capables et motivés à suivre gratuitement des études d’excellence dans les écoles qu'elles ont fondées. Ainsi, ils pourront plus tard subvenir aux besoins de leurs proches et devenir des acteurs engagés dans l’avenir de leur pays. Ce film tourné entre la Tanzanie, le Brésil et les Philippines met sous le feu des projecteurs ces femmes qui, avec un dévouement immense, prennent soin d’enfants aux quatre coins du monde, toutes confessions confondues. En 2021, la réalisatrice Caroline Duclert a rencontré ces femmes. "Pour partager leur message d'espoir, j'ai choisi la puissance du cinéma", précise celle qui souhaite lancer à travers ce projet "un appel à l'éveil".

"La pauvreté morale"

Au fil des images, on découvre mille situations complexes auxquelles les religieuses tentent d’apporter un remède. La jeune Ester, deuxième d’une fratrie de sept enfants, refuse la vie traditionnelle des femmes de son pays selon laquelle un homme peut avoir plusieurs femmes. Elle souhaite étudier et se construire une vie différente. Plus loin, on découvre Rafael, 11 ans, qui vit dans le quartier de Curtiçao à Amapá, dans le nord du Brésil.  Ou encore Mika, un orphelin qui vit avec sa grand-mère qui quête chaque semaine de la nourriture pour eux. Mercedes, issue d’une famille très pauvre de Dar es Salaam (Tanzanie), a vécu avec un beau-père violent. Sa vie a changé quand elle a été accueillie à l’école des sœurs et aujourd’hui, elle rêve de devenir médecin. "Ils ne reçoivent aucun soutien", soutient une religieuse. "Au-delà de la pauvreté matérielle, il y a la pauvreté morale, qui je crois est bien pire".

"Nos enfants"

Ces femmes à la foi vivante et incarnée travaillent en lien avec les gouvernements pour les permis de construire et les formalités administratives, gèrent les finances, traitent avec les constructeurs, supervisent les projets, emploient des professionnels… Aujourd’hui, elles ont construit dix-sept écoles dans sept pays, aidant ainsi cent soixante-dix mille enfants. Dans la banlieue de Sao Paulo, elles gèrent une école maternelle, aidant plus de six cents enfants chaque jour. "Comme ils sont transformés !", s’enthousiasme une religieuse en voix-off. "Parfois, cela prend des mois ou des années pour obtenir des confidences et pour qu’ils s’ouvrent à nous : quelles ont été leurs vies chez eux ? Cela prend du temps pour leur permettre d’ouvrir leurs cœurs. Pour nous, c’est essentiel de les connaître ainsi que leur passé, pour mieux les comprendre et agir avec eux avec justesse". Beaucoup de ces enfants, qu’elles appellent volontiers "nos enfants", n’ont pas reçu d’amour maternel. Dans leurs écoles, elles les encouragent à étudier pour qu’un avenir plus serein s’offre à eux. Et ceux qui obtiennent un diplôme font ensuite la fierté de leurs familles. À l’image de cette Brésilienne de terminale qui suit un parcours professionnel en santé buccale car elle a voulu aider sa famille à s’en sortir. "C’est une vraie victoire", lance sa mère, pleine de fierté. "Quand elle est partie là-bas, ça m’a donné beaucoup de courage", poursuit-elle. Ce courage transmis par sa fille lui a permis de trouver elle-même un travail.

D’anciens élèves témoignent face à la caméra. "On est comme une famille, on doit apprendre à pardonner, à se donner à soi-même une nouvelle chance [...]. Les sœurs sont juste là pour nous guider. Si tu n’as pas la volonté de changer, elles ne peuvent pas tout changer". Laissons le mot de la fin à l’une des sœurs qui résume ainsi leur mission auprès des jeunes : "Nous devons les envoyer. Notre mission, en tant que sœurs de Marie, ce n’est pas de les garder là. Où qu’ils aillent, ils seront des lumières". Un témoignage éblouissant.

Pratique

"Irmas, la vie des sœurs de Marie", 1h20

Film disponible sur YouTube : 
https://www.youtube.com/watch?v=odEy0VfVAmo

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