separateurCreated with Sketch.

[REPORTAGE] Au stade Louis-II, Monaco célèbre son Pape dans une communion inédite

whatsappfacebooktwitter-xemailnative
Cyprien Viet - (à Monaco) - publié le 28/03/26
whatsappfacebooktwitter-xemailnative
Les plus de 15.000 participants à la messe célébrée ce samedi 28 mars avec le pape Léon XIV au stade Louis-II ont reflété la dimension internationale de Monaco, où cohabitent des habitants de plus de 150 nationalités. Une ambiance à la fois de “ville-monde” et de “village” était palpable dans les gradins du stade.

Sous le franc soleil de cette journée printanière, les applaudissements crépitent à l’arrivée de la “famille”. Ici, ce terme désigne spontanément la famille princière. Le prince Albert II, ses sœurs, son épouse, ses enfants, ses neveux et nièces sont naturellement présents pour cette messe historique, qui met Monaco sous les feux des projecteurs internationaux. 

Dans les gradins règne aussi une atmosphère familiale, dans laquelle tous les milieux sociaux se croisent. “Dans nos paroisses, les plus riches et les plus pauvres se donnent la paix du Christ, il n’y a pas de séparation ou de cloisonnement entre les catégories sociales”, confiait l'archevêque de Monaco à l’approche du voyage. Le même état d’esprit se retrouve au stade.

Rêve, une jeune femme d’origine gabonaise, distribue des Évangiles de Luc aux fidèles réunis dans le stade, dans le cadre d’une démarche d’évangélisation organisée par le diocèse de Monaco. “J’ai du mal à parler de ma foi, je n’arrive pas à bien m’exprimer, mais ce simple geste de diffuser l’Évangile c’est quelque chose de grandiose pour moi. Cela ouvre les cœurs, c’est la foi qui agit à travers ce geste”, confie-t-elle.

Alexandre, de nationalité italienne, est venu avec sa maman, Vincente. Tous les deux sont des professionnels de santé, qui voient aussi dans leur métier de soin une façon de mettre leur foi en pratique. Le jeune homme salue dans cette venue du pape “une occasion extraordinaire, particulièrement pour nous qui sommes italiens. Et je vois plus de monde ici au stade aujourd’hui que pour les matchs de foot auxquels j’ai l’habitude d’assister, c’est un bonheur incroyable que nous donne le pape aujourd’hui!”, insiste-t-il.

Vincente et Alexandre attendant Léon XIV au stade Louis-II à Monaco pour la messe de clôture
Vincente et Alexandre attendant Léon XIV au stade Louis-II à Monaco pour la messe de clôture

“Nous sommes très fiers de l’accueillir, c’est magnifique, c’est magique !”, s’émeut sa mère. Et cela nous encourage à maintenir l’identité catholique de notre pays, ce qui est très important pour moi. Pour le futur, pour nos enfants, il faut préserver cette fierté d’appartenir à cette religion”, explique-t-elle.

Kamyar, un entrepreneur germano-iranien venu avec son fils Osiris, n’est pas catholique, mais il voit dans la visite du pape “quelque chose d’extraordinaire pour notre pays”. Sa famille étant installée à Monaco depuis 52 ans, il est pleinement intégré dans la vie de la Principauté. Il est venu avec la nourrice de son fils, Marie, d’origine malgache, et qui est profondément catholique. “Tout le monde se mélange ici, et c’est normal, nous sommes tous venus pour le pape !”, explique la jeune femme avec reconnaissance.

Marie, Osiris et Kamyar attendant Léon XIV au stade Louis-II à Monaco pour la messe de clôture
Marie, Osiris et Kamyar attendant Léon XIV au stade Louis-II à Monaco pour la messe de clôture

Une principauté concentrant la diversité du monde

Sœur Marie-Elisabeth est une religieuse sud-coréenne de la congrégation des dominicaines de la Sainte-Famille, venue de Saint-Paul de Vence, dans le diocèse de Nice. Elle a été invitée à participer à la procession des offrandes car elle est native de Séoul, ville qui accueillera les prochaines JMJ, un évènement soutenu par la Principauté. 

Quatre dominicaines de la Sainte-Famille lors de la visite de Léon XIV à Monaco
Quatre dominicaines de la Sainte-Famille lors de la visite de Léon XIV à Monaco

Mais la religieuse confie avec espièglerie une autre explication à sa présence dans la liturgie. “J’ai été choisie tout simplement parce que je suis la plus belle et la plus grande !”, déclare-t-elle, suscitant un fou rire plein de tendresse de ses consœurs. Signe des paradoxes et des mouvements de la mission et de la mondialisation, sa communauté, fondée à Monaco au début du XIXe siècle, compte actuellement une majorité de religieuses sud-coréennes. L’une d’entre elles vit en Principauté afin de maintenir l’héritage de cette congrégation initialement dédiée au soin des enfants orphelins et abandonnés.

Le stade Louis-II a vécu une journée particulière, avec une atmosphère différente des compétitions sportives qui rythment habituellement la vie de ce stade omnisports. “C’est un public différent aujourd’hui, très bon enfant”, s’amuse Christian, stadier de l’AS Monaco, mobilisé pour le filtrage des entrées. Fabrizio, un Italien qui travaille à Monaco comme contrôleur technique, est venu au stade, avec son épouse Silvia et leur fille Diana. Il ne voulait pas rater cet événement. “Cela n’arrive que tous les 500 ans! Et pour nous les Italiens, qui sommes catholiques, c’est particulièrement important car c’est lui le grand chef de l’Église! Cela n’arrive qu’une seule fois dans une vie”, insiste-t-il.

Diana, Fabrizio et Silvia lors de la visite de Léon XIV à Monaco
Diana, Fabrizio et Silvia lors de la visite de Léon XIV à Monaco

Demain, comme tous leurs coreligionnaires du reste du monde, les catholiques de Monaco vont célébrer la messe des Rameaux et entrer dans la Semaine sainte. Ils devront ainsi suivre le Christ “sur le chemin de la passion de la croix”, a rappelé Mgr David. Mais cette année, ils le feront avec le cœur rempli des souvenirs de cette journée historique durant laquelle tout le peuple de la Principauté s’est réuni autour du pape, dans une foi commune qui a rompu toutes les barrières sociales. Si saint Paul avait observé la scène, il aurait pu constater qu’il n’y avait plus ni milliardaires, ni employés de maison, mais un peuple un en Jésus-Christ.

Vous avez aimé cet article et souhaitez en savoir plus ?

Recevez Aleteia chaque jour dans votre boite e−mail, c’est gratuit !

Vous aimez le contenu de Aleteia ?

Aidez-nous à couvrir les frais de production des articles que vous lisez, et soutenez la mission d’Aleteia !

Grâce à la déduction fiscale, vous pouvez soutenir le premier site internet catholique au monde tout en réduisant vos impôts. Profitez-en !

(avec déduction fiscale)