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Mgr Valentin : “Les nouveaux baptisés vont bouleverser le visage de nos paroisses”

Bruno Valentin, évêque de Carcassonne.

Monseigneur Bruno Valentin, le mercredi 03 juillet 2024, à Carcassonne.

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Hugues Lefèvre - publié le 26/03/26
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Plus de 21.000 adultes et adolescents s’apprêtent à recevoir le baptême à Pâques en 2026 en France. Cette nouvelle hausse, annoncée le 25 mars par les évêques de France réunis en assemblée plénière à Lourdes va “bouleverser le visage de nos paroisses”, assure auprès d’Aleteia Mgr Bruno Valentin, évêque du diocèse de Carcassonne et Narbonne, qui accueille cette année près d’une centaine de demandes de baptême d’adultes et d’adolescents, soit le triple d’il y a trois ans. Entretien.

"Cet afflux de catéchumènes nous met devant un grand sentiment de gravité. Saurons-nous les accueillir ? Saurons-nous nous laisser transformer par eux ?" Alors que plus de 21.000 adultes et adolescents s’apprêtent à recevoir le baptême à Pâques en France cette année, Mgr Bruno Valentin, évêque du diocèse de Carcassonne et Narbonne, partage auprès d’Aleteia sa surprise quant au phénomène des catéchumènes qui ne faiblit pas, et détaille la façon dont ces futurs baptisés en sont venus à frapper à la porte de l'Église.

Aleteia : Comment réagissez-vous à cette nouvelle hausse du nombre de catéchumènes en France ?
Mgr Bruno Valentin :
Ma réaction est faite d'étonnement et de sens de responsabilité. Étonnement, parce que je reste surpris par la vigueur de ce mouvement. Nous ne savons pas fondamentalement d’où viennent ces personnes et d’où vient leur enthousiasme. Et nous constatons que cette vitalité s'étend à l’échelle nationale. Quant à la responsabilité, j’ai conscience qu'être à la hauteur de leurs attentes et de leur ferveur est un défi très exigeant pour nos diocèses. Cet afflux de catéchumènes nous met devant un grand sentiment de gravité. Saurons-nous les accueillir ? Saurons-nous nous laisser transformer par eux ? 

Ce qui m’émerveille, et que je ne soupçonnais pas, c’est que cette question naît assez fréquemment de la visite du patrimoine religieux. En entrant dans une belle église, certains éprouvent le besoin de comprendre ce qui a motivé ceux qui l’ont bâtie.

Combien de baptêmes d’adolescents et d’adultes auront lieu cette année dans votre diocèse ?
Cette année, pour Pâques, j'ai appelé 97 adultes et grands jeunes au baptême. Cela représente le triple par rapport à 2023. Ils ont des profils assez semblables à ce qui est décrit dans l'enquête nationale. Nous comptons un peu plus de femmes que d'hommes, et il s’agit principalement de jeunes entre 20 et 30 ans. 

Comment en sont-ils arrivés à demander le baptême ?
La première catégorie concerne les personnes qui se sont mises en route à la suite des chocs de la vie : des deuils, des épreuves, des maladies, mais aussi des chocs positifs comme le fait de devenir père ou mère. J'ai plusieurs catéchumènes, notamment des hommes, qui se sont mis en chemin en recevant dans les mains leur première fille ou leur premier fils. Après les chocs de la vie, je vois en déclencheur “numéro 2” la quête de racines et d'identité, ce besoin de savoir qui je suis, à quelle civilisation j'appartiens. Ce qui m’émerveille, et que je ne soupçonnais pas, c’est que cette question naît assez fréquemment de la visite du patrimoine religieux. En entrant dans une belle église, certains éprouvent le besoin de comprendre ce qui a motivé ceux qui l’ont bâtie. Et puis il y a une catégorie très déroutante mais qui existe bel et bien : ces hommes et ces femmes qui font de véritables expériences mystiques. Ils nous rendent compte de songes, de voix intérieures, de rencontres immédiates avec Jésus… Des phénomènes qui ne s’expliquent pas mais qui les mettent sur la route du Christ. 

Notre défi est de nous laisser transformer par eux.

Comment accompagnez-vous ces personnes ? Votre diocèse est-il bouleversé dans son fonctionnement ?
C'est un défi pour le diocèse tout entier d’arriver à être à la hauteur des attentes de ces hommes et de ces femmes. Pour être honnête, je suis obligé de constater qu'on n'y est pas encore. L’an passé, j'ai demandé à toutes les paroisses de mon diocèse de tenir des assemblées pour réfléchir aux principaux lieux de la mission que nous aurons dans dix ans. Dans les synthèses, j'ai été fasciné de voir à quel point la question des néophytes était absente ou alors sous-estimée. Dans certaines paroisses qui vont baptiser à Pâques plusieurs dizaines de catéchumènes, le mot n'apparaît même pas. Dans d'autres, certains évoquent le défi de les garder. Mais l’enjeu n’est plus là ! Notre défi est de nous laisser transformer par eux. Ils sont tellement nombreux que, dans certaines paroisses, ils pourront bientôt représenter la majorité des pratiquants. Ils vont nécessairement bouleverser le visage de nos paroisses. Sommes-nous prêts ? Je crois que, pour l’heure, nous n’avons même pas encore formalisé la question.

 Il y a donc une conversion à mener…
Oui, et cela est beau car ce chemin est symétrique à celui mené par les catéchumènes. Ils se convertissent pour être baptisés, et nous, nous devons nous convertir pour pouvoir les accueillir. Dans l’Aude, nous nous employons à faire évoluer les mentalités puisque le catéchuménat ne peut pas être une affaire de quelques spécialistes. La communauté tout entière doit se sentir responsable de ces nouveaux arrivants. 

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