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Léon XIV à Monaco, une visite historique aux multiples facettes

Pope Leo XIV during his weekly general audience in St. Peter's Square at the Vatican, on June 4, 2025.
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Cécile Séveirac - publié le 26/03/26
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Le pape Léon XIV effectue ce samedi 28 mars sa première visite à Monaco. Un événement historique qui suscite un engouement considérable, bien au-delà des frontières du micro-État. Entre enjeux spirituels, diplomatiques et sociétaux, décryptage d'une journée qui marquera l'histoire de la Principauté.

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Monaco. L'annonce du Saint-Siège de la venue du Pape au sein de la Principauté monégasque a surpris. Le choix peut, il est vrai, sembler incongru au premier abord. En réalité, cette venue n'a rien de très étonnant. Derrière les clichés qu'on lui prête à base de paillettes, de yachts et de voitures de luxe se cache une réalité spirituelle profonde. Ce samedi 28 mars 2026, pour la première fois depuis près de cinq siècles, un pape en exercice foulera donc le sol de la Principauté.

Avec ses 2,1 km² et ses 39.000 habitants, Monaco est le deuxième plus petit État souverain du monde après le Vatican. Cette visite éclair de neuf heures, à l'invitation du prince Albert II et de Mgr Dominique-Marie David, archevêque de Monaco depuis 2020, s'inscrit dans une logique à la fois historique, diplomatique et spirituelle qui dépasse largement les frontières du micro-État méditerranéen. Car si Monaco fait rêver avec son Grand Prix de Formule 1 et son casino mythique, la Principauté possède surtout une particularité constitutionnelle rare en Europe : le catholicisme y est religion d'État depuis 1962, inscrit à l'article 9 de la Constitution. "Monaco est un État souverain dont la religion catholique est un fondement essentiel de son identité", a ainsi rappelé le prince Albert II à l'approche de cette visite.

Cette singularité fait de Monaco l'un des derniers bastions de la monarchie catholique en Europe, une réalité qui confère à la visite papale une dimension à la fois spirituelle et institutionnelle. Les liens entre la dynastie des Grimaldi et le Saint-Siège remontent au XIIIe siècle, tissant une histoire séculaire de fidélité et de coopération. Monaco, de par son attachement à la religion catholique, est notamment l'un des seuls États à refuser de légaliser l'avortement; et fait de l'écologie intégrale une préoccupation majeure, autre point commun avec le Saint-Siège depuis le pontificat de François.

Une visite éclair mais chargée

Arrivé en hélicoptère depuis le Vatican à 9 heures, Léon XIV sera accueilli par le prince Albert II et la princesse Charlène au Palais princier. Au programme de cette journée intense : une rencontre avec la communauté catholique à la cathédrale de l'Immaculée-Conception, un temps avec les jeunes et les catéchumènes devant l'église Sainte-Dévote, avant la grande messe au stade Louis-II à 15h30. Le Pape repartira pour Rome à 17h45, après une visite éclair de moins de neuf heures. Cette messe au stade Louis-II revêt une importance particulière. Premier stade européen à accueillir Léon XIV, l'enceinte sportive monégasque affichera complet avec 15.000 fidèles attendus. Un choix symbolique qui s'inscrit dans la tradition des grands rassemblements pontificaux, depuis le mythique Yankee Stadium de Paul VI en 1965.

Au total, ce sont environ 150.000 personnes qui sont attendues à Monaco pour cette journée historique. Un chiffre considérable pour un territoire qui compte moins de 40.000 habitants. Les mesures de sécurité seront exceptionnelles, avec un dispositif XXL mis en place pour garantir le bon déroulement de l'événement.

"À Monaco, on voit passer du monde mais le Pape… c'est autre chose !", confiait récemment le père Christian Venard à Aleteia, soulignant l'importance de cet événement pour la vie de foi locale. Malgré sa situation d'Etat catholique, Monaco souffre comme beaucoup de pays européens d'une sécularisation croissante, avec une baisse des enfants catéchisés et baptisés. Mais de la même façon, la Principauté constate elle aussi une hausse de nombre de catéchumènes et de recommençants. Cette année, une dizaine d'adultes seront baptisés à Pâques juste après avoir rencontré le pape Léon XIV, alors qu'une trentaine d'autres se préparent pour l'année prochaine.

Un pape de paix dans un monde divisé

Si l'engouement est palpable à Monaco, il gagne aussi certains Français. Bien que peu nombreux à faire le déplacement, plusieurs ont témoigné à Aleteia de leur joie de rencontrer le Pape, comme des jeunes de Nice ou de Paris qui ont organisé leur déplacement pour participer à cette rencontre historique. "C'était trop bête de passer à côté !", témoigne Marie, 21 ans, étudiante parisienne qui a rejoint l'équipe des bénévoles pour s'assurer une place à la messe.

Pour beaucoup, Léon XIV incarne une figure d'apaisement. "Dans une période où l'Église est divisée, entre autres par des questions liturgiques, je trouve qu'il incarne quelque chose d'unificateur", confie Jeanne, 22 ans, étudiante en philosophie. Cette dimension de paix et de rassemblement résonne particulièrement dans le contexte actuel. La visite à Monaco, bien que brève, s'inscrit dans la continuité du début de pontificat de Léon XIV, marqué par un souci du dialogue et de l'unité. C'est son deuxième voyage international après la Turquie et le Liban en 2025, et son premier déplacement en Europe hors d'Italie. Pour ceux qui ne pourront pas accéder au stade, plusieurs options permettront de s'associer spirituellement à l'événement : écrans géants installés dans la Principauté, retransmissions télévisées, ou encore initiatives de piété populaire qui fleurissent à l'approche de la visite. La Principauté a même émis des timbres jubilaires pour marquer l'occasion.

Entre histoire et modernité, micro-État et rayonnement universel, traditions séculaires et défis contemporains, la visite de Léon XIV à Monaco s'annonce comme un événement aux multiples facettes. Une journée où le plus petit État catholique du monde accueillera le successeur de Pierre, dans un face-à-face chargé de symboles et d'espérance.

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