C'était il y a huit ans : le 23 mars 2018, à Trèbes, le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame donnait sa vie lors d'une prise d'otage menée par le terroriste islamiste Rédouane Lakdim. Le gendarme avait proposé de prendre la place de Julie Grand avant d'être tué par le terroriste, tout en se battant jusqu'au bout. Il est mort dans la nuit du 23 au 24 mars des suites de ses blessures. Un sacrifice héroïque, auquel Cédric Beltrame a souhaité rendre hommage à l'occasion de l'anniversaire de la mort de son frère dans une lettre publiée ce lundi 23 mars.
"Chaque année, je reviens à cette date avec la même pensée : Arnaud n'est pas allé mourir. Il est allé se battre. Il est allé faire son métier de soldat, de gendarme, de Français. C'est important de le dire, de le répéter, parce que sens de son geste mérite mieux que l'image d'un sacrifice résigné", écrit Cédric Beltrame qui remercie tous ceux qui se souviennent du nom d'Arnaud.
Regrettant la dégradation très nette du niveau de sécurité sur le territoire national, Cédric Beltrame rappelle le travail quotidien des services de renseignement, de police et de gendarmerie pour éviter autant que possible que le pire ne soit commis, alors que le terrorisme demeure une menace majeure. "Arnaud est mort parce que cette menace est réelle. Elle l'est toujours. (...) Arnaud n'aurait pas voulu qu'on pleure. Il aurait voulu qu'on agisse", affirme Cédric Beltrame avant de poursuivre : "Arnaud, tu nous manques chaque jour. Mais tu es partout, (...) dans le cœur des gendarmes, des catholiques, des francs-maçons [Arnaud Beltrame avait intégré une loge maçonnique en 2008, année de sa conversion au catholicisme, double engagement qu'il avait maintenu malgré son incompatibilité, qu'il ignorait selon son accompagnateur spirituel, ndlr], des Français tout simplement."
Arnaud Beltrame était sur le chemin du mariage avec Marielle, qu'il avait épousée civilement. De tradition catholique, sa foi s'était accentuée "sur le tard", à l'âge de 33 ans, alors qu'il préparait le sacrement du mariage. Le père Jean-Baptiste Golfier, chanoine de l'abbaye de Lagrasse qui les accompagnait, avait assuré à Aleteia que "cette décision [de se sacrifier] ne peut être que l’aboutissement d’un parcours de vie et de conversion qui l’a préparé à ce don ultime. Il me semble avoir vécu une configuration admirable au Christ en se livrant pour sauver Julie (l’otage) et les autres personnes menacées."









