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Du deuil à la foi, Pierre Botton se livre sur sa (re)découverte du Christ

On le connaissait pour ses témoignages sur le milieu carcéral, un peu moins pour sa foi. Avec "Sur le chemin de ma foi", Pierre Botton publie en ce mois de mars un récit intime dans lequel il raconte son cheminement spirituel, marqué par son incarcération et le deuil de sa fille, Marie-Suzanne, décédée le 17 janvier 2022.

5 min de lecture

Source: Fayard

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Pierre Botton, dont le parcours mêle réussite, scandales judiciaires et incarcérations, revient aujourd’hui dans l’actualité avec un livre consacré à la foi. Dans son nouvel ouvrage Sur le chemin de ma Foi, publié le 18 mars aux éditions Fayard, il livre un témoignage sur sa rencontre avec le Christ. "J’ai toujours raconté ce que je vis : j’ai raconté ce que j’ai ressenti quand j’avais beaucoup d’argent et quand je n’en avais plus, j’ai raconté mon incarcération, et aujourd’hui, je raconte ce que je ressens grâce à ma foi retrouvée. Et je n’ai pas honte de l'exprimer", confie-t-il à Aleteia. Incarcéré il y a plus de vingt ans dans le contexte de l'affaire dite Noir, du nom de son ex-beau-père, ancien ministre et maire de Lyon, Pierre Botton est retourné en prison entre juin 2020 et juin 2022 pour des faits de délinquance financière. Militant depuis plusieurs décennies pour la création de nouvelles prisons et l'amélioration des conditions de vie dans ces établissements, il décide cette fois-ci de prendre la plume pour dévoiler une partie très intime de lui : sa foi.

S’il a été élevé dans une famille catholique, est allé à l’église et a fait le choix de faire baptiser ses enfants, il le faisait, comme il l’écrit dans son livre, "sans croire vraiment en Dieu". Pourtant, le Seigneur lui a envoyé plusieurs signes durant sa vie, des signes que Pierre Botton regrette de ne pas avoir su repérer à temps : "Je m'en veux. On ne refera pas l'histoire, mais je pense que si j'avais eu la foi que j'ai aujourd'hui, j'aurais géré différemment ma vie". C’est donc il y a quelques années qu’il a commencé son cheminement vers la foi, grâce à un ami qui lui écrivait régulièrement en prison et lui envoyait des livres spirituels, dont l’Évangile. "En prison, vous vous retrouvez seul, vous êtes une âme fragile et vous êtes une âme qui peut basculer d'un côté ou de l'autre", explique-t-il. Pour lui, l’ouverture vers Dieu était un pansement et un remède. 

"Dieu voit les efforts que je fais pour essayer de m'améliorer. Je viens de très loin, mais j’essaie toujours d’être tourné vers l’espoir, la vie et l’amour"

Au fil des lettres qu’il reçoit en prison, il découvre aussi des prières, dont la neuvaine à saint Joseph. "Je le prie tous les jours", déclare-t-il, ajoutant que le texte de la neuvaine l’accompagne depuis quelques années et l’aide à apprendre à demander, mais surtout à respecter la volonté du Seigneur. "Croire, avoir la foi, c'est remettre son destin dans les mains de Dieu, l'informer de nos souhaits, déposer notre demande dans ses mains et ensuite accepter ses décisions, car Lui seul sait ce qui est bon et juste pour nous", écrit-il dans son livre. "Il m’a fallu 70 ans pour arriver à cette conclusion", avoue-t-il à Aleteia.

Quand le deuil mène à la foi

S’il y (re)découvre petit à petit Dieu en prison, la véritable conversion vient le 17 janvier 2022, lorsque sa fille Marie-Suzanne meurt alors qu’il est incarcéré. "C’est la pire chose qui puisse arriver à un père", souffle-t-il. C’est dans la foi qu’il trouve consolation, notamment en se rendant par la suite dans la chapelle Notre-Dame de la Médaille miraculeuse, rue du Bac à Paris, mais aussi dans l’Eucharistie. Il n’est pas rare de le croiser à la paroisse Notre-Dame-de-l’Assomption de Passy ou à Saint-Pierre-de-Chaillot, dans le 16e arrondissement de Paris. "Dans ces lieux de prière, je me sens tout près du Seigneur et de ma fille", explique-t-il, ajoutant qu’alors qu’il a toujours refusé de se mettre à genoux devant quiconque, il le fait aujourd’hui avec joie devant le Seigneur. "Un homme n'est jamais aussi grand que quand il est à genoux devant Dieu", dit-il en citant Napoléon. Et d’avouer avec beaucoup de pudeur qu’il n’est pas pour autant devenu une grenouille de bénitier. "J’ai oublié les paroles de la messe que je connaissais dans mon enfance, je suis impressionné par ceux qui connaissent par cœur tous les rites et les réponses faites au prêtre. Je me sens petit et ridicule dans mon ignorance." S’il vit sa foi comme un novice, il est convaincu d’une chose : il ne serait pas debout aujourd’hui s’il n'avait pas retrouvé la foi à la mort de sa fille. "Aujourd'hui, pour moi, c'est une certitude que ma fille est aux côtés du Seigneur, heureuse".

Cette foi qui l’anime ne l’empêche pas d’être "encore très pécheur", comme il le confesse lui-même. "Dieu voit les efforts que je fais pour essayer de m'améliorer. Je viens de très loin, mais j’essaie toujours d’être tourné vers l’espoir, la vie et l’amour". S’il a décidé de prendre la parole sur ce sujet intime, c’est aussi parce qu’il est convaincu par la force du partage. "Si je peux déclencher la foi qui aide et qui sauve chez une ou deux âmes, j'aurai été utile. Et finalement, c'est ça qui est important", glisse-t-il, conscient qu’il risque d'être jugé, mais pour lui, "ce n’est pas grave, l’important, c’est que mon témoignage puisse servir les gens, surtout les personnes qui sont incarcérées". "Croyez !", tel est le message qu’il souhaite aujourd’hui transmettre. "Si vous souffrez, essayez de croire en Dieu et, si vous le pouvez, partagez", conclut-il humblement.

Pratique

Sur le chemin de ma Foi de Pierre Botton, aux éditions Fayard, mars 2026.