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Départ en classe verte : comment accompagner son enfant ?

Premier départ en classe verte : comment accompagner son enfant ?
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Anna Ashkova - publié le 22/03/26
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Les départs en classe verte peuvent être source d’excitation et d’angoisse, tant pour l’enfant que pour ses parents. Voici des conseils pour rendre la séparation sereine et le séjour inoubliable.

Le départ en classe verte représente souvent la première expérience pour un enfant de quitter le cadre familial. Cette étape peut être source d’excitation, mais également d’angoisse, car elle implique une séparation d’avec ses repères et ses parents. L’inconnu, tant du côté de l’enfant que des parents, peut générer une forte émotion des deux côtés. Voici quelques clés pour accompagner l’enfant et l’aider à vivre cette première séparation en toute sérénité.

Distinguer une anxiété passagère d’une angoisse plus marquée

L’anxiété liée à la séparation peut se manifester bien avant le jour du voyage, même chez un enfant jusque-là très enthousiaste. "Il existe souvent un mélange d’excitation, d’envie et d’inquiétude difficile à exprimer. Cette anxiété est généralement normale : un enfant peut, deux jours avant le départ, devenir plus sensible, larmoyant à l’idée de partir, sans pour autant dire explicitement qu’il ne veut pas y aller", indique à Aleteia Véronique Lemoine Cordier, psychologue et psychothérapeute, ajoutant que ce sentiment est particulièrement fréquent chez les élèves de CP, qui ne sont pas toujours prêts à quitter tous leurs repères.

C’est ce qui est arrivé à Achille, 7 ans, lors de son premier voyage scolaire. "Il était très content à l’idée de partir. Il nous en parlait tout le temps. Et puis, le jour du départ, il s’est mis à pleurer devant le car ; nous n’avons pas compris sa réaction", se souvient Laure, sa maman. Si pour Achille, le voyage s’est finalement bien déroulé, Véronique Lemoine Cordier rappelle qu’il est important de distinguer une anxiété passagère d’une angoisse plus marquée : "S’il y a eu d’autres séparations difficiles, comme un camp ou un centre de loisirs, il convient de rester vigilant." La psychologue précise que la tristesse est normale : un enfant peut être triste, et cela ne constitue pas un danger en soi. "Ce qui n’est pas normal, c’est l’angoisse excessive ou paralysante", prévient la spécialiste qui reçoit de nombreux enfants dans son cabinet avant leur départ en classe verte. 

Rassurer et rejoindre l’enfant dans ses émotions

Les parents jouent un rôle central pour accompagner cette première séparation. Leur attitude et leurs discours doivent montrer que quitter ses repères fait partie du processus de croissance et qu’il est possible de vivre cette expérience dans un cadre sécurisant. Stéphanie, professeur des écoles en région parisienne, souligne : "Les classes vertes font grandir les enfants. Ils gagnent en autonomie, apprennent à vivre en communauté, partagent de belles expériences entre eux. Ils en reviennent avec de très beaux souvenirs, et souvent expérimentent de nouvelles amitiés." Pour préparer au mieux les enfants, elle conseille aux parents de discuter avec eux en amont et d’y ajouter une touche d’humour : "Il ne faut pas hésiter à leur expliquer tout ce qu'ils vont faire : les activités, les veillées, une boum. Rigoler avec eux : “et oui la maîtresse va aussi prendre son doudou !”"

On ne grandit pas sans se séparer. Afficher de la confiance et de la joie face à cette nouvelle expérience peut réellement soutenir les enfants qui sont en capacité de vivre cette séparation.

De son côté, Véronique Lemoine Cordier insiste sur l’influence des émotions parentales : "L’anxiété des parents agit comme une caisse de résonance des angoisses de l’enfant. S’il perçoit ses parents très inquiets, ses propres préoccupations risquent d’être amplifiées." Pour accompagner au mieux l’enfant, l’auteur de Je rassure mon tout‑petit : Fonder la sécurité affective pour une croissance épanouie recommande dans l’idéal avoir déjà vécu des séparations dans un cadre familier - par exemple chez les grands-parents - avant de partir pour un séjour plus long. "Il est également important de rappeler à son enfant qu’on le reverra dans un certain nombre de jours et que, pendant son absence, notre amour pour lui restera intact. L’enfant doit comprendre qu’on n’a pas besoin d’être physiquement à ses côtés pour l’aimer." Rejoindre l’enfant dans ses émotions, notamment sa tristesse, est aussi essentiel. "On peut lui expliquer que même en étant triste, il est possible de continuer à vivre de nouvelles expériences, à jouer et à profiter du séjour", note encore Véronique Lemoine Cordier.

Afficher de la confiance et de la joie 

"Avez-vous pensé à rappeler aux enfants qu’il faut qu’ils soient pudiques ?", demande Marie, mère de Pauline, 8 ans, lors d’une réunion. Si les enseignants veillent à ce rappel, Véronique Lemoine Cordier prévient que c’est surtout aux parents de transmettre ces repères : "Avant le départ, il est utile de rappeler à l’enfant que son corps est précieux et qu’il n’a pas à se laisser toucher sans son accord. Ce message doit rester simple et rassurant, sans générer d’inquiétude excessive."

Mais le meilleur service que l’on puisse rendre à son enfant est d’adopter une posture confiante et positive : "Soit la confiance est suffisante pour permettre le départ, soit elle ne l’est pas. Confier son enfant implique d’accepter de le laisser à d’autres adultes, dans un cadre que l’on a pris le temps de connaître, par exemple en participant à une réunion d’information en amont". Stéphanie confirme : "La réunion est indispensable au niveau des parents, qui ne doivent pas hésiter à écrire à la maîtresse s'ils ont une question ou un doute."

"Pour les enfants prêts à vivre cette expérience, une attitude rassurante et enthousiaste des parents est un véritable soutien", résume Véronique Lemoine Cordier. Ainsi, le meilleur service à rendre à son enfant reste d’adopter une posture rassurante et confiante : lui montrer que l’on est heureux de le voir franchir une étape importante, qui va l’aider à grandir. "On ne grandit pas sans se séparer. Afficher de la confiance et de la joie face à cette nouvelle expérience peut réellement soutenir les enfants qui sont en capacité de vivre cette séparation", conclut la psychologue. 

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