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Grégoire et Maxime, porteurs de trisomie 21, témoignent de la joie d’être scout

Promesse de Maxime

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Bérengère de Portzamparc - publié le 20/03/26
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C’est un jour qu’ils n’oublieront pas, et qui continue à habiter leur quotidien. Le 29 juin dernier, à Fourvière, Maxime et Grégoire prononçaient leur promesse après une première année aux scouts Archanges, à Lyon. Accompagnés de leurs mères, ils racontent à Aleteia pourquoi ils aiment tant le scoutisme.

À regarder les photos du grand jour, un seul mot vient à l’esprit : la joie ! Joie de ces deux scouts, Grégoire, 15 ans, et Maxime, 16 ans, qui ont pu, le 29 juin dernier, prononcer leur promesse entourés de leurs chefs, de leurs familles et bien sûr des membres de leur patrouille au cri de "Gorilles joyeux, jusqu’aux cieux". Lancée en septembre 2024, la patrouille des Archanges accueille six jeunes porteurs de handicap, âgés de 12 à 20 ans, encadrés par sept chefs. Ils se retrouvent six dimanches par an, près de Fourvière, pour une sortie scoute somme toute relativement classique : messe, service du bois, préparation du feu, épluchage des légumes, déjeuner puis jeux et activités. Et pour conclure en beauté leur première année, au mois de juin dernier, Grégoire et Maxime ont prononcé leur promesse, un moment auquel ils repensent souvent. Alors qu’ils ont rempilé pour une nouvelle année, et qu’ils apprécient toujours autant le scoutisme, Aleteia a pu les joindre, et, grâce aux témoignages de leur maman, retranscrire la joie qu’ils éprouvent, et qu’ils partagent, de faire partie de la grande famille des scouts.

La joie de Grégoire et de ses chefs

Fierté d’avoir une activité à soi

Maxime, 16 ans, porteur de trisomie 21, est aujourd'hui le chef de patrouille des "Gorilles joyeux". Sa mère Aurélie raconte son investissement. "C’est la deuxième année de scoutisme pour Maxime et il y va toujours avec autant de plaisir. Nous habitons dans la Drôme, et pour être à l’heure à la sortie scoute le dimanche matin à 9h30 à Fourvière, nous devons nous lever très tôt. Maxime n’a donc pas de grasse matinée, alors qu’il aime tant celle du samedi, après sa semaine à l’IME. Mais il se réveille toujours en avance ce jour-là, ce qui nous motive tous", explique la mère de famille. "Il met son uniforme avec fierté et il montre sa joie de suivre une activité que ses quatre frères et sœurs ont eue avant lui. Ces enfants ont conscience d’être différents, c’est difficile de trouver des activités comme et avec les autres, et cela les rend tristes, aggravant leur grand déficit de confiance en soi. Alors avoir à son tour une activité bien à lui, adaptée, et qui lui correspond, cela le rend pleinement heureux, et moi aussi car je vois mon enfant s’épanouir".

La Patrouille Archange à Lyon

Cette joie d’intégrer une activité "comme les autres", elle se retrouve également chez Grégoire, 15 ans, le tout premier inscrit à la patrouille Archange lors de sa création. Alors qu’il est à côté du téléphone, Hélène, sa mère, confie les bienfaits du scoutisme pour son fils. "Grégoire est le 7eme de la fratrie. Pendant des années, il a vu ses frères et sœurs partir aux scouts, et lui, avec ses mots, disait chaque soir pour " prier Grégoire scout". Alors quand nous avons entendu parler de la création de cette toute nouvelle patrouille à Lyon, je crois que j’ai été la première à téléphoner à Yves Emmanuel Tiengou (NDLR: le chef de groupe, père de famille de 50 ans à l’origine de la Patrouille des Archanges). Au fur et à mesure des sorties, nous voyons Grégoire s’épanouir et se développer. Porteur de trisomie 21 et hyperactif, il a besoin d’être encadré mais aussi d’avoir des repères, de connaître en amont le déroulé de la journée, de ne pas être dans l’imprévu sinon c’est une grande source de stress pour lui. Ces sorties au même endroit, sur le même schéma avec les mêmes scouts lui correspondent donc bien, et il s’ouvre de plus en plus, notamment avec les autres membres de sa patrouille”. 

Grégoire fait sa promesse, soutenu par son frère Antoine, pour la patrouille Archange de Lyon

Les bienfaits du scoutisme

Pour les deux garçons, faire leur promesse scoute a été un grand moment, pour eux comme pour leurs chefs et leurs familles, tout le monde a été touché par la symbolique et l’importance du moment. "La préparation de la promesse de Maxime nous a demandé beaucoup de travail en amont", se souvient Aurélie. "Apprendre à lire le texte distinctement, à oser le dire à voix haute, en public, cela a demandé du temps. Mais quelle fierté le jour J. Ses chefs, un de ses frères et moi, nous étions si heureux et si fiers".

Le scoutisme intègre toute la personne : le corps, l’âme et l’esprit, et c’est tout aussi bénéfique pour les porteurs de handicap qui sont accueillis aussi dans leur intégralité.

Parmi les chefs, se trouve Antoine, 18 ans, le frère de Grégoire, qui raconte également à Aleteia comment ce jour de la promesse, le 29 juin dernier, a profondément marqué l'ensemble de la petite troupe. "Pour préparer sa promesse, Grégoire s’est donné beaucoup de mal pour apprendre le texte et il le récite encore aujourd’hui spontanément quand je le relance. Comme il était assez stressé, je suis resté derrière lui, avec la main sur l'épaule, comme un chef de patrouille, pour le soutenir, et tout s’est très bien passé", confie encore le grand frère, qui a fait le choix, après avoir été Raider scout d’Europe, de s’engager comme chef dans la patrouille Archange. "Ce que j’aime avec cette patrouille à encadrer, moi qui aie été scout longtemps, c’est la joie simple et vraie de nos scouts. Ils ne cachent rien, s’ils n’aiment pas, ils le disent, ils s’en vont, alors on doit trouver toujours de quoi les occuper, tout en respectant les activités scoutes que l’on adapte spécifiquement pour eux". Aurélie, la maman de Maxime confirme. "Le scoutisme intègre toute la personne : le corps, l’âme et l’esprit, et c’est tout aussi bénéfique pour les porteurs de handicap qui sont accueillis aussi dans leur intégralité. Maxime y développe son autonomie, les relations sociales avec les autres scouts, cela impacte donc positivement sa vie. Je reste également admirative et très reconnaissante des jeunes chefs qui les accompagnent, et qui s'investissent si bien pour eux". 

Après cette année et demie dans la nouvelle troupe, chefs comme parents voient les évolutions positives pour tous les jeunes.  "Ce qui est beau dans la connexion entre le handicap et le scoutisme, c’est que s’ils ont des difficultés physiques ou mentales, nos enfants ont de très grandes qualités de cœur : beaucoup de simplicité, pas d’orgueil, de l'honnêteté et de l’attention aux autres. Ce qui fait qu’ils rayonnent et qu’ils touchent ceux qui les entourent", constate Aurélie. "Maintenant qu’ils ont l’habitude de venir, qu’ils connaissent le déroulement d’une journée, on observe qu’ils intègrent de plus en plus cet esprit scout. Ils entrent en connexion entre eux, dans un esprit de patrouille. On voit vraiment l’esprit de troupe en train de se former, et c’est très fort pour nous aussi", ajoute Antoine. "Quand dans l’année, on se balade et on croise d’autres scouts, Maxime dit toujours,"Regarde maman, des scouts comme moi"", sourit Aurélie. 

Dieu écoute tous ses enfants 

En cette journée du 21 mars, Hélène, la mère de Grégoire, souhaite partager une réflexion plus intime. "En tant que parent d’un enfant porteur de handicap, on se dit souvent qu’on ne voit pas de solution. On aimerait tout maîtriser, mais on ne peut pas : l’évolution de l’état de santé, les inscriptions, les démarches administratives, il y a toujours des obstacles, des inconnus, etc. Et pourtant avec Grégoire, je sens vraiment que nous sommes aidés par le doigt de Dieu. Jamais je n’aurais cru possible par exemple que Grégoire soit scout un jour. J’avais même, à regret, donné tous les uniformes scouts de mes grands, n’imaginant pas qu’ils puissent servir un jour à Grégoire, ce qui avait été un renoncement de plus dans mon cœur de maman. Et finalement… Dieu a écouté la prière de cet enfant, et c’est une belle leçon pour nous. Dans le monde du handicap, on rencontre aussi parfois de la "concurrence" entre nos enfants, une autre difficulté à gérer, dans le scoutisme au contraire, ils sont tous accueillis pareillement, et cela fait du bien", conclut Hélène, qui à l’image de Grégoire, et de Maxime, apporte par son témoignage de la joie et de l‘espérance, qui réchauffe le cœur comme ces photos pleines de vie. Et l'histoire ne va pas s'arrêter là, puisque, devant la demande, une deuxième patrouille rejoindra les Archanges à la rentrée prochaine !

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