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Atteint d’un cancer, Pierre choisit la joie et la confiance

À 76 ans, Pierre affronte le cancer sans cesser de vivre ni d’aimer

Atteint d’un cancer de la prostate, Pierre, 76 ans, refuse de se laisser définir par la maladie. Porté par ses divers engagements et sa foi, ce retraité estime que même dans l’épreuve, il est possible de rester vivant, ouvert, et profondément tourné vers les autres.

5 min de lecture

Source: Pierre L.

Théâtre, chant, sport, engagements associatifs... Les journées de Pierre sont remplies et lui donne la force de faire face à une épreuve majeure : un cancer de la prostate, diagnostiqué en octobre 2025.

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À 76 ans, Pierre mène une retraite que beaucoup pourraient envier. Ancien ingénieur chez Orange, il refuse depuis vingt ans toute forme d’immobilisme. Théâtre, chant, sport, engagement associatif... Ses journées sont remplies, et surtout profondément tournées vers les autres, ce qui donne à ce retraité la force de faire face à une épreuve majeure : un cancer de la prostate, diagnostiqué en octobre 2025.

À Bois-Colombes (Hauts-de-Seine), Pierre s’investit dans la compagnie DSDI, Des Scènes et des Images, et dans la chorale La Villanelle, forte d’une soixantaine de membres. Sur scène comme au quotidien, il y partage une joie de vivre communicative. Deux fois par semaine, il donne aussi de son temps pour initier d’autres seniors à l’informatique dans un centre protestant de Bois-Colombes. "Transmettre ce que je sais, c’est important pour moi", confie-t-il à Aleteia. Très actif, il est également membre d’une association de cyclistes et accompagne aussi un ami aumônier en intervenant une fois par mois à la maison d’arrêt de Nanterre pour animer des messes. Et puis il y a la course à pied. Une passion. La dernière épreuve en date restera gravée à jamais dans sa mémoire : le semi-marathon de Paris du 8 mars 2026. "Je m’étais inscrit avant de savoir que j’étais malade. Par la suite, je ne savais pas si je pourrais y participer." Contre toute attente, le jour de la course, il franchit la ligne d’arrivée en se classant 9e sur 62 dans sa catégorie. "Cette médaille a une saveur particulière pour moi !"

Un combat traversé avec foi et en famille

Lorsque son diagnostic est tombé l’année dernière, les cellules cancéreuses avaient déjà commencé à franchir l’enveloppe capsulaire et à migrer vers les ganglions. La biopsie a révélé une forme particulièrement agressive. Il fallait agir vite. "C’était un énorme coup de bambou. Je me suis longtemps demandé : pourquoi moi ? Et puis, au lieu de me concentrer sur la question du pourquoi, j’ai fini par réfléchir à comment m’en sortir." Depuis, il suit ses 39 séances de radiothérapie avec courage, organisant sa vie pour ne rien abandonner de ses activités. "Elles m’aident à tenir le coup", avoue-t-il.

On peut s’en sortir, vraiment. Mais pour cela, il faut garder les liens avec ses proches et avec les activités qui nous tiennent à cœur.

Mais au-delà de l’action, c’est aussi son attitude face à la maladie qui impressionne. Pierre a fait un choix radical : ne rien cacher. "Mon père est décédé d’un cancer de la prostate. L’époque était différente, on ne parlait pas de sa maladie en famille, et encore moins avec notre entourage. Moi, j’ai fait le choix de ne pas me renfermer sur moi. Parler de ce qui ne va pas fait du bien et libère. On peut montrer sa faiblesse et cela crée des échanges plus profonds avec les autres." Cette ouverture lui a permis de renforcer ses liens familiaux. Avec ses quatre fils, les discussions ont désormais une autre saveur. Même si la nouvelle a été difficile à entendre, elle a ouvert un espace de parole. "Ça m’a permis de leur dire des choses que je n’avais peut-être jamais dites." Sa femme, Marie-Noël, a même remarqué un changement chez son époux. "On grandit à travers les épreuves", estime Pierre.

Sa foi joue également un rôle central dans son combat. À chaque séance de radiothérapie, allongé sur la machine, il prie et invoque l’Esprit saint. "Je me suis abandonné à la volonté du Seigneur", confie-t-il avec sérénité. Aujourd’hui, même si la guérison n’est pas encore acquise, les premiers résultats sont encourageants. "Les dernières prises de sang étaient positives". Une lueur d’espoir qui vient renforcer sa confiance. Pierre en est convaincu : la maladie a un sens. "Elle est peut-être là pour nous dire quelque chose, pour aller au plus profond de soi et guérir ce qu’on n’avait pas vu."

Aujourd’hui, son message est clair et porteur d’espérance : "On peut s’en sortir, vraiment. Mais pour cela, il faut garder les liens avec ses proches et avec les activités qui nous tiennent à cœur. Ne vous renfermez pas dans votre maladie. Parlez-en. Cela vous fera du bien." À travers son parcours, Pierre rappelle une chose essentielle : même dans l’épreuve, il est possible de rester vivant, ouvert, et profondément tourné vers les autres.