Aller au contenu principal

Adriana Karembeu : “Entre la naissance et la mort, il n’y a que de l’amour”

6 min de lecture
Adriana Karembeu : "Pour moi, l'amour c'est tout !"

Crédit : Michele_Bloch-Stuckens

Adriana Karembeu publie en mars 2026 aux éditions Le Duc, "Je t'aime parce que je t'aime et voilà tout".

"Mon centre de gravité a changé de place avec la naissance de ma famille. J’ai découvert un amour viscéral que je ne connaissais pas. J’ai pleuré pendant deux ans de bonheur." À l’occasion de la sortie de son livre "Je t'aime parce que je t'aime et voilà tout", Adriana Karembeu se confie à Aleteia. Entre amour, pardon et maternité, elle raconte son chemin vers la paix et la sérénité. Entretien.

Partager sur :

Mannequin star des années 1990, Adriana Karembeu s’est fait une place à part dans le cœur des Français depuis plus de trente ans. Celle qui a longtemps cherché, sur les podiums comme dans son entourage, l’amour dans le regard des autres, se raconte aujourd’hui dans son livre Je t'aime parce que je t'aime et voilà tout (éd. Le Duc). Elle y explore les multiples visages de l’amour : celui qui élève, celui qui abîme, celui qui bouleverse, celui qui apaise. Dans cet entretien avec Aleteia, elle évoque avec sincérité son parcours et le chemin qui l’a menée, enfin, vers le bonheur.

Aleteia : Dans votre livre, vous parlez d’amour avec beaucoup de sincérité. Vous évoquez l’amour fondateur, passionné, amical, toxique aussi. Mais si vous deviez le définir en quelques phrases : qu’est-ce que l’amour pour vous ?
Adriana Karembeu : L'amour, c'est la chose la plus sérieuse au monde et pour tout le monde. Et pour moi, il est indispensable. Il me porte personnellement. J'aime bien aimer, j'aime bien être aimée. Je ne peux tout simplement pas vivre sans l'amour. J'aime aussi le mystère qui règne autour de ce sentiment magique. Quelqu'un m'a dit qu'entre la naissance et la mort, il n'y a que de l'amour. Et c'est tout à fait vrai. Et je ne parle pas uniquement de l’amour dans un contexte romantique. On trouve la beauté dans chaque forme de l'amour que je décris dans mon livre. Pour moi, l’amour, c'est tout.

Ma fille a été une renaissance pour moi. Je lui ai donné la vie, mais elle m’a tout donné. (...) J’ai découvert un amour viscéral que je ne connaissais pas.

Vous écrivez : "Le pardon ne se décrète pas ; il vient quand on décide de ne plus souffrir pour quelqu'un qui ne sait pas aimer." Vous avez choisi de ne plus voir votre père, qui vous a fait beaucoup souffrir, notamment pendant votre enfance. Comment comprenez-vous aujourd'hui la notion de pardon ? Peut-on faire la paix avec son histoire sans pardonner ?
Le plus important, c’est de se soigner soi-même. C’est moi qui étais blessée, pas mon père. Il ne m’a pas demandé pardon. C’était à moi de me soigner moi-même. Et c’est seulement à ce moment-là, en oubliant et en laissant tout derrière soi, qu’on peut guérir. Je vais toujours garder une cicatrice de cette blessure, mais elle ne va plus saigner, la plaie ne va plus se rouvrir.

Votre histoire personnelle vous a longtemps freinée dans votre désir de devenir mère. À 46 ans, vous avez eu votre fille Nina, qui a aujourd’hui 7 ans. Devenir mère a-t-il réparé quelque chose en vous ? Avez-vous découvert une nouvelle forme d’amour ?
Ma fille a été une renaissance pour moi. Je lui ai donné la vie, mais elle m’a tout donné. Je ne m’y attendais pas. Même ma manière d’exister, de me nourrir, a changé. Mon centre de gravité a changé de place. J’ai découvert un amour viscéral que je ne connaissais pas. J’ai pleuré pendant deux ans de bonheur. Ce n’était pas un baby blues, mais un "baby bonheur". J’ai aussi appris que l’amour le plus important était l’amour de soi, car sans cet amour-là, je ne pourrais pas être une bonne mère pour Nina. Je sens cette responsabilité d’être la personne que j’étais censée être dès le départ. Je me suis promis de la retrouver, et je l’ai fait pour ma fille. Elle mérite une maman forte. Aujourd’hui, je ne suis plus la victime que j’ai été pendant très longtemps.

Votre grossesse, vous l’avez vécue presque comme un miracle. Vous dites avoir prié pour qu’elle arrive. C’est ainsi que la spiritualité est venue, petit à petit, dans votre vie. Pourtant, vous n’avez pas grandi avec. Dans votre pays de naissance, en Tchécoslovaquie, vous écrivez que croire n’allait pas de soi et que la spiritualité était surveillée. Quelle place la foi occupe-t-elle aujourd’hui dans votre vie ?
Elle s’est bien installée. Je la définis comme un amour qui nous lie les uns aux autres, entre tous les êtres humains. La foi c’est une discussion, un dialogue intime avec quelque chose qui nous dépasse. C’est aussi le sentiment que l’on éprouve en contemplant la nature, la beauté du monde qui nous entoure. Pour moi, cela a un effet très rassurant, comme si une voix me disait : "Tout va bien se passer."

J’ai complètement arrêté de chercher, de gratter et de me plier en quatre pour obtenir l’approbation des autres. D’ailleurs, je ne sais pas si cela fonctionne vraiment, car on ne peut pas plaire à tout le monde.

Vous êtes engagée depuis plus de 25 ans auprès de la Croix-Rouge. Qu’est-ce que cet engagement vous a appris sur la solidarité et sur vous-même ?
J’avais envie de faire du bien autour de moi, de ne pas être indifférente surtout, car l'absence d'empathie est quelque chose de très cruel. Je suis ravie d’être impliquée dans la Croix-Rouge depuis 27 ans. Je me rends utile. Ma mère était médecin, ma grand-mère était infirmière, et toutes deux faisaient partie de la Croix-Rouge. J’ai fait des études de médecine, et même si j’ai exercé des métiers complètement différents par la suite, je suis revenue à ma première passion grâce à la Croix-Rouge et à l’émission Les pouvoirs extraordinaires du corps humain, que j’ai réalisée avec Michel Cymes. Tout cela me procure énormément de plaisir. Je suis ravie et très fière de mettre en lumière les missions et les actions de la Croix-Rouge.

Vous avez cherché toute votre vie l’amour sur les podiums, dans vos amitiés, dans vos relations amoureuses… Vous aviez envie de plaire à tout le monde. Êtes-vous aujourd’hui en paix avec cette quête ?
J’ai complètement arrêté de chercher, de gratter et de me plier en quatre pour obtenir l’approbation des autres. D’ailleurs, je ne sais pas si cela fonctionne vraiment, car on ne peut pas plaire à tout le monde. Aujourd’hui, j’ai totalement lâché prise. Je suis en paix et je suis heureuse.

Pratique

Je t'aime parce que je t'aime et voilà tout, Adriana Karembeu, éditions Le Duc, mars 2026.