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En quête de vérité, Océane, tatoueuse, a fini par trouver Dieu

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Océane.

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Iris Bridier - publié le 16/03/26
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En quête de vérité, Océane, 29 ans, a tout quitté. Après des mois d’itinérance, une expérience bouleversante lui révèle l’amour de Dieu. À quelques jours de son baptême à Béhuard (Maine-et-Loire), lors de la Vigile pascale, la jeune tatoueuse raconte ce chemin lumineux qui l’a menée de l’héroic fantasy… au tatouage chrétien.

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Au téléphone, l’air enjoué, Océane Y Honh Nié, 29 ans, déroule le fil de sa conversion, un récit digne d’un scénario de cinéma. Imaginez : une cabane en bois très simple, en Finlande, en plein hiver, située à plusieurs heures de marche de la première ville, en pleine forêt, sans confort ni eau, avec seulement un lac gelé à contempler. Vous l’avez ? "C'était l'aventure, je voulais me contenter de l'essentiel pour être dans quelque chose de vrai", témoigne la jeune femme. Nous sommes entre octobre 2023 et janvier 2024, Océane vit seule et il fallait cet ermitage pour qu’elle parvienne enfin au terme de sa quête, à se retrouver un beau jour, à genoux dans la neige, à pleurer de joie et ressentir l’amour de Dieu. "Qu'en est-il d'un Dieu d'amour et miséricordieux ? Là, cela m'a paru vertigineux et m'a bouleversée. Je me suis dit, mais Dieu doit être tellement attristé de voir ses enfants s'entre-déchirer, souffrir, se perdre, et j'ai été prise d’empathie pour Dieu. J'ai fondu en larmes, et l'histoire de Jésus-Christ s'est imposée à mon esprit et j'ai éprouvé encore plus de compassion sur la portée de son sacrifice, sur  l'amour qu'il a donné jusqu'au bout." Pour comprendre comment elle en est arrivée là, rembobinons.

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La cabane d'Océane en Flinalnde.

Un vide intérieur

Attirée par le dessin dès le plus jeune âge, elle est initiée par son père, artiste, qui lui transmet son talent. En parallèle, la jeune femme ressent le besoin de servir. Bien qu’élevée dans une famille "principalement athée et avec une partie ouvertement anticléricale", les figures de Jeanne d’Arc et de l’archange saint Michel l’inspirent. Faut-il y voir un lien avec son grand-père vietnamien engagé dans l’armée française chez les paras ? Elle ne sait pas, mais quoi qu’il en soit, Océane s’engage à 18 ans dans l’armée de terre, dans le génie de combat. "Sauf qu'en fait, j'avais un petit problème avec l'autorité à cette époque-là, avec un caractère assez trempé, donc cela ne passait pas avec la hiérarchie !", raconte-elle en riant. Qu’à cela ne tienne, elle opte pour une nouvelle orientation, entame des études en histoire de l'art et devient tatoueuse, "cela m'a passionnée, j'ai trouvé cela intéressant de mélanger la relation humaine avec la création".

Pour autant, celle qui semble avoir trouvé sa voie ressent un vide intérieur. "J'étais dans une bonne situation matérielle : le travail se passait bien, j'avais la maison et le couple. Mais toute mon existence reposait sur quelque chose sans fondement véritable. La recherche de Dieu, la recherche de vérité et de sens devenaient plus importantes que tout." De ses questions sans réponses surgit un mal-être profond qui s’accompagne d’une colère grandissante : "peut-être que la vie n'a aucun sens si Dieu n'existe pas ?" Poussée par ce besoin d’intériorité, elle fait ses adieux en décembre 2022 et s’élance sur les routes, "dans un esprit de dépouillement". "J'ai pris seulement l'essentiel et j'ai traversé la Suisse à pied", raconte-t-elle. Au cours de ce voyage initiatique qu’elle poursuit en Italie et en France, elle rencontre "des personnes aux parcours, cultures et convictions très diverses". Puis elle se dit alors qu’après avoir "cherché des réponses dans le mouvement et la rencontre" est venu le moment de "les chercher dans le silence et l'introspection". 

J’ai ressenti un amour profond au niveau du cœur. (...) Cela devenait une évidence, je venais de trouver tout ce que je cherchais depuis toutes ces années.

Aventurière de nature, ce sera la cabane dans les bois. "Le lac était gelé et c’était magnifique, j’aimais prendre ces moments de réflexion et de contemplation". Et voilà comment Océane se retrouve au beau milieu des neiges à  fondre en larmes, prise de compassion pour le Seigneur. "J’ai ressenti un amour profond au niveau du cœur, en fait, une chaleur, une paix. Je ne sais pas comment dire, mais c'était lumineux. Cette tristesse s'est transformée en une joie profonde, et je pleurais, mais cette fois-ci de joie. J'ai fini par lever les yeux au ciel et puis me dire "OK, j'ai compris". Cela devenait une évidence, je venais de trouver tout ce que je cherchais depuis toutes ces années. A mon retour en France, il fallait que j'aille au presbytère pour demander le baptême". 

Art chrétien

Elle prend donc un appartement à côté de la cathédrale d’Angers pour suivre son parcours de catéchumène, et pendant tout ce temps, cherche à découvrir "ce qu’est l’Eglise". Océane lit beaucoup, part en retraites chez les sœurs, voyage en Arménie pour "connaître les lieux des premiers chrétiens et comprendre les chrétiens d’Orient". Une conversion qui la pousse à changer sa façon de travailler. L’amie qui tient le salon de tatouage comprend son parcours et lui laisse une salle qu’elle décore actuellement avec une fresque à l’image de saint Matthieu et saint Georges, salle dans laquelle elle se consacre désormais uniquement au tatouage chrétien. "J'apprends tous les codes de l'art chrétien, ses symboles. Pour cela, il faut aussi connaître l'histoire des premiers chrétiens, afin de comprendre le contexte historique. Du coup, il faut aussi étudier l'Ancien et le Nouveau Testament." Elle s’avère si passionnée qu’elle reprendra à la rentrée prochaine des études en patrimoine antique et culture chrétienne, avec spécialité iconographie et archéologie chrétienne. Touchée par cette citation de l’Evangile, "il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis" (Jn 15, 13), elle confie "réfléchir à la vocation religieuse et prendre le temps de discerner".

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Océane réalise une fresque avec saint Georges dans son salon de tatouage.

Accompagnée par le recteur de Béhuard, le père Bertrand Chevalier, responsable de la commission diocésaine d’art sacré, l’Angevine affectionne ce sanctuaire marial dans lequel elle se ressource régulièrement. C’est dans cette chapelle millénaire qu’Océane sera baptisée à la Vigile pascale, avant de repartir en mission - l’épée de saint Michel entourée de séraphins, ancrée sur le torse, un chevalier "pour exprimer la volonté de servir et défendre ma foi" tatoué sur le bras- prête à approfondir et transmettre notre patrimoine ornemental chrétien. 

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