Aller au contenu principal

Des reliques perdues de la Sainte Croix retrouvées en Argentine

4 min de lecture
St-Helena-displays-the-True-Cross-she-discovered-in-Jerusalem

Crédit : Antoine Mekary | ALETEIA

Perdues depuis le tremblement de terre qui a détruit la cathédrale de San Juan (Argentine) en 1944, deux minuscules fragments de la Croix du Christ ont été retrouvés dans une chapelle d’école du pays et rendus à la cathédrale le 6 mars. Une redécouverte particulièrement symbolique au cœur du carême.

Partager sur :

Une découverte inattendue dans la chapelle d’une école argentine a permis de retrouver un trésor spirituel longtemps considéré comme perdu. Deux fragments de la Croix du Christ, disparus depuis plus de 80 ans, ont été restitués le 6 mars à la cathédrale de San Juan de Cuyo, dans l’ouest de l’Argentine, rapporte le média hispanophone ACI Prensa.

Les reliques consistent en deux minuscules éclats de bois disposés en forme de croix et conservés dans un reliquaire. Ce type de relique est traditionnellement appelé Lignum Crucis, expression latine signifiant "bois de la Croix", utilisée pour désigner les fragments provenant de la Croix sur laquelle Jésus a été crucifié.

Bienvenue sur le nouveau site d'Aleteia !

Nous sommes heureux de vous accueillir sur un site entièrement repensé, réalisé grâce au soutien de nos généreux donateurs.

Si vous appréciez cette nouvelle expérience de lecture, vous pouvez, vous aussi, nous aider à faire vivre Aleteia.

Faire un don

Une relique arrivée au début du XXe siècle

Ces fragments avaient été offerts à la cathédrale de San Juan en 1908, grâce aux démarches de l’évêque José Américo Sansierra. Leur provenance avait été clairement identifiée comme venant de Rome, où ils avaient été authentifiés comme fragments de la Croix conservée dans la basilique de la Sainte-Croix-de-Jérusalem.

Mais leur trace s’est perdue en 1944. Cette année-là, un violent tremblement de terre détruisit une grande partie de la ville de San Juan et la cathédrale fut gravement endommagée. Après la catastrophe, les reliques furent considérées comme définitivement disparues.

Une redécouverte presque par hasard

La redécouverte a eu lieu dans la sacristie de la chapelle du collège Sainte-Rose-de-Lima. Un petit reliquaire a été retrouvé derrière un meuble, suscitant la curiosité des responsables de l’établissement. Pour en déterminer l’origine, ils ont entrepris des recherches et contacté les autorités ecclésiales. Le père Andrés Riveros, curé de la cathédrale, a expliqué au quotidien local Diario de Cuyo que des experts avaient été consultés et que les archives diocésaines avaient été examinées.

Les documents ont finalement permis de confirmer l’identité de l’objet : il s’agissait bien du reliquaire contenant les fragments de la Croix autrefois conservés dans la cathédrale et perdus après le séisme de 1944.

Une relique au cœur des célébrations du Vendredi saint

Pour les fidèles de la cathédrale, cette redécouverte est une grande joie. Selon le père Riveros, la présence de ces reliques devrait raviver la dévotion des habitants et des pèlerins qui visitent la cathédrale. Le moment de cette redécouverte est particulièrement symbolique. "C’est une bonne nouvelle qui arrive pendant le carême", a souligné le prêtre, rappelant que ce temps liturgique invite les chrétiens à méditer plus intensément sur la Passion du Christ.

La relique sera notamment portée dans les rues de la ville lors du chemin de croix du Vendredi saint, avant d’être conservée derrière le presbytère de la cathédrale.

Les fragments de la Croix, une dévotion très ancienne

La tradition chrétienne attribue la découverte de la Croix du Christ à sainte Hélène, mère de l’empereur Constantin, lors d’un pèlerinage à Jérusalem au IVe siècle. Selon ce récit, trois croix furent retrouvées au Golgotha, et celle du Christ fut identifiée après la guérison d’une personne malade qui l’avait touchée. Au fil des siècles, la relique a connu de nombreuses péripéties : elle fut notamment saisie par les Perses au VIIe siècle puis récupérée par l’empereur byzantin Héraclius avant de disparaître définitivement après la bataille de Hattin en 1187.

De très nombreux fragments, appelés Lignum Crucis, ont toutefois été diffusés dans tout le monde chrétien. On en conserve aujourd’hui dans plusieurs églises et monastères, notamment à Rome, en Europe ou au mont Athos. Pour les chrétiens, ces reliques ne sont pas seulement des objets historiques. Elles sont surtout un signe concret de la Passion du Christ et un appel à contempler le mystère de la Croix, particulièrement pendant le temps du carême.