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La vigne, fil rouge des Écritures

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Philippe-Emmanuel Krautter - publié le 14/03/26
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La vigne compte assurément parmi les plantes les plus connues des Saintes Écritures. Très présente dans la vie quotidienne à l’époque biblique, elle sera également le symbole de Jésus dans le Nouveau Testament… 

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Quelles que soient les pages de l’Ancien ou du Nouveau Testament que nous ouvrions, il est fait écho à la vigne, citée pas moins de 113 fois, signe de son importance aux époques les plus reculées de l’Orient méditerranéen. La première vigne aurait été plantée par le patriarche Noé, selon le Livre de la Genèse qui nous en fait un récit précis : "Noé, homme de la terre, fut le premier à planter la vigne. Il en but le vin, s’enivra et se retrouva nu au milieu de sa tente" (Gn 9,20-21). 

Les raisins fermentés issus du produit de la vigne plantée pour la première fois sur terre provoquèrent ainsi une ivresse que Noé expérimenta malgré lui. Si la vigne provoque la joie, et parfois l’ivresse, sa richesse et son abondance nécessitent cependant qu’elle soit taillée régulièrement, au risque de ne plus produire de raisin. La loi de Moïse fera, d’ailleurs, de nombreuses fois référence à la vigne afin qu’elle fasse l’objet de réglementations sévères : indemnisation par "le meilleur de sa vigne", possibilité pour le pauvre de glaner ce qui est tombé de la vigne, possibilité de manger du raisin dans un vignoble, mais pas d’en emporter… 

La vigne au cœur de la vie quotidienne

Il est vrai, qu’à l’époque de la Bible, la vigne et ses fruits sont essentiels à la vie quotidienne et sont par là-même signes d’opulence et de richesses pour ceux qui la possèdent et la cultivent. Ainsi, le peuple d’Israël récrimine-t-il contre Moïse et son Dieu dans le désert après avoir quitté l’Égypte en constatant : "Pourquoi nous avoir fait monter d’Égypte, et nous avoir amenés dans ce lieu de malheur où l’on ne peut rien semer, où il n’y a ni figuiers, ni vignes, ni grenadiers, et même pas d’eau à boire !" (Nb 20,5). 

La vigne symbolise la richesse et une terre qui en est dépourvue se trouve dès lors dépréciée aux temps bibliques, signe de son importance. C’est pour ces raisons que le Psalmiste compare une femme à une "vigne généreuse" (Ps 127,3) qui donnera beaucoup d’enfants, autre signe d’opulence à cette époque. Le Cantique des cantiques associera, pour sa part, la vigne au peuple élu et le prophète Isaïe lui dédiera même un cantique bien connu, récité encore de nos jours dans  nos assemblées dominicales, et qui débute par ces mots : "Je veux chanter pour mon ami le chant du bien-aimé à sa vigne. Mon ami avait une vigne sur un coteau fertile…" (Is 5,1-è)

Moi, Je suis la vigne…

Mais, surtout, au-delà d’être un arbuste essentiel à la vie quotidienne des peuples de la Bible, la vigne prendra au fil du temps une autre dimension, plus symbolique et spirituelle. "Moi, Je suis la vigne…" C’est, en effet, par ces mots que Jésus n’hésitera pas à s’identifier lui-même à la vigne, et Dieu, au vigneron. Ces métaphores sont puissantes car très évocatrices, au temps du Christ, aux oreilles de ceux qui les entendent pour les raisons rappelées précédemment. Les sarments  ou bois de la vigne viendront symboliser, dès lors, tous les fidèles qui recevront la Parole – la sève divine.

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"Christ vrai cep", icône grecque du XVIe siècle.

Mais, à l’inverse, celles et ceux qui se sépareront de cette vigne connaîtront le plus triste des sorts, ainsi que le rappelle Jésus : "Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est, comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent" (Jn 15,6). Jésus poursuivra cette puissante image en soulignant de nouveau combien : "Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples" (Jn 15,8). 

Notons, enfin, que la veille de sa Passion, lors de la Cène, Jésus rappela à ses disciples que, désormais, Il ne boirait plus du fruit de la vigne jusqu’à ce que le royaume de Dieu soit venu (Lc 22,18)… Et, enjoignit à ses disciples de boire à ce calice en mémoire de Lui…

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