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[REPORTAGE] Des pèlerins du monde entier à Assise devant les reliques de saint François

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Bénédicte de Saint-Germain - publié le 13/03/26
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Pour le 800e anniversaire de la mort de saint François, les Franciscains exposent ses reliques à Assise pendant un mois, jusqu’au 22 mars 2026. Un événement aussi rare qu’exceptionnel auquel Aleteia a pu assister.

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En ce mois de mars, les rues de la cité ombrienne ne sont pas encore surchauffées, mais les pèlerins cherchent tout de même à s’abriter du soleil printanier. Sur la place qui conduit à la basilique inférieure Saint-François, une vingtaine de religieuses hospitalières de la Miséricorde, un ordre italien présent dans le monde entier, patiente à l’ombre des arcades. "Nous sommes venues prier pour la paix dans le monde", expliquent-elles, unanimes. Sœur Pascaline qui est malgache ajoute : "Nous prions aussi le Poverello pour toutes les sœurs de notre congrégation et pour les personnes âgées hospitalisées dont nous nous occupons."

Les sœurs hospitalières de la Miséricorde.

Non loin, c’est une paroisse romaine de rite syro-malabar qui pique-nique en attendant son tour. Deux prêtres indiens l’accompagnent. "Le rite syro-malabar est originaire du Kerala, dans le sud de l’Inde où beaucoup de parents donnent le nom de "François" à leur enfant, expliquent le père Francis et le père Sébastien. Saint François est le plus grand saint de l’Église. Son message est très important, spécialement en ce temps de guerre. L’ostension des reliques est une réelle chance pour le vénérer."

Un silence incroyable

Mais déjà l’heure s’affiche à l’entrée d’une grande tente installée sur le parvis. Une cinquantaine de personnes entrent et prennent place sur des chaises disposées en ligne. Après le contrôle de sécurité, un livret a été remis aux pèlerins. Il aide à se disposer à la rencontre avec saint François, à travers ses reliques. "Vous n’êtes pas des visiteurs, peut-on y lire. Le visiteur regarde et passe son chemin. Le pèlerin se laisse interroger". 

Une foule multiconfessionnelle, ici un pope orthodoxe.

Cristina est venue avec des amis français et le curé de leur paroisse : "Souvent c’est difficile de se recueillir au milieu d’une énorme foule. Ici, la foule est aussi grande que celle qui vient à Rome prier devant la dépouille d’un pape. Pourtant, c’est un silence incroyable." Italienne, elle ajoute : "cette année jubilaire franciscaine est un évènement majeur pour les Italiens de tous bords. François a un côté fédérateur. Son message de paix parle à tout le monde et sa vie rejoint celle de beaucoup de jeunes, comme celle de Carlo Acutis qui est enterré aussi à Assise."

François d’Assise porte encore du fruit aujourd’hui

Soudain, le groupe est invité à entrer dans le transept de la basilique par un franciscain en bure marron ceinturée d’une corde blanche. "Bienvenue dans la basilique, dit-il. Ce lieu est habité par un mystère si vivant que depuis 800 ans, il porte du fruit dans la pauvreté et l’espérance de chaque frère. François a vécu comme le grain de blé de l’Évangile, il n’a pas eu peur de tout perdre. Son corps a été enseveli mais pendant ce temps, le Seigneur faisait croître une espérance."

Pèlerins devant la basilique inférieure.

Parmi les pèlerins, un Dominicain irlandais écoute attentivement. Il est venu seul depuis Rome où il enseigne la théologie. "Saint François est très radical et il a changé le monde à travers son chemin. Il nous dit que suivre Jésus jusqu’au bout donne à la vie une beauté qui vaut la peine." De fait, le chemin spirituel proposé par les Franciscains invite chacun à s’interroger sur la manière dont il donne sa propre vie. En effet, "ceux qui préservent jalousement leur vie la perdent, mais ceux qui la donnent la trouvent multipliée. Ce n’est pas de la poésie, c’est le mécanisme de l’amour."

Au terme du parcours, une espérance extraordinaire

Après cette introduction, le moine franciscain prend la tête du groupe qui chemine lentement sur un parcours tracé dans la nef. "Vous allez contempler la dépouille mortelle de François, avertit-il. C’est une relique de résurrection. François vit désormais dans la lumière de Dieu mais aussi dans chacun de ceux qui choisissent la voie du don." Les pèlerins avancent en silence, contemplant tour à tour des scènes de la vie du Christ et de François peintes par Giotto. Ce parallèle n’est évidemment pas fortuit. François n’a-t-il pas été qualifié "d’autre Christ" ? 

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Un peu d’agitation bouscule alors le cortège : l’un des deux enfants d’Alessandra et Federico trouve le temps long. Le service d’ordre réagit au quart de tour et emmène la petite famille directement près des reliques. La démarche est importante pour la mère de famille : "François est très fort, il donne des grâces. Quand je l’ai prié, il m’a toujours écoutée." Elle n’est pas la seule : deux urnes débordent d’intentions déposées avec confiance par les pèlerins.

Ces os si petits m’ont donné l’impression que François a été consumé par l’amour de Dieu.

Au terme du cheminement devant l’autel, voilà les reliques : des ossements disposés dans une châsse de plexiglas. Certains pèlerins s’inclinent. D’autres touchent la châsse. Ici encore, le silence est absolu. À la sortie, Mahaut, une étudiante venue à pied depuis Turin raconte : "On n’a que quelques secondes, mais l’image est restée gravée dans mon esprit. Ces os si petits m’ont donné l’impression que François a été consumé par l’amour de Dieu. J’ai eu le sentiment que c’étaient ces os-là qui seraient relevés le jour de la Résurrection. Cela donne une espérance assez extraordinaire."

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