Emmanuel Macron a annoncé dans la nuit du 12 au 13 mars la mort "pour la France" de l'adjudant-chef Arnaud Frion dans la région d'Erbil en Irak. Engagé dans l'opération Chammal avec près de 600 militaires français, Arnaud Frion appartenait à l'unité d’élite du 7ème bataillon de chasseurs alpins de Varces (Isère).
Dans la nuit de jeudi à vendredi 13 mars, un militaire français est mort "lors d'une attaque" dans la région d'Erbil au Kurdistan irakien, vient de déclarer Emmanuel Macron sur X , annonçant ainsi le premier mort recensé au sein de l'armée française dans le cadre de la guerre au Moyen-Orient. "Les armées françaises s’inclinent devant sa mémoire et son engagement", a rendu hommage le général Fabien Mandon, chef d'état-major des armées. "Nos pensées accompagnent sa famille, ses proches et ses frères d’armes du 7e bataillon de chasseurs alpins."
L'adjudant-chef Arnaud Frion, du 7ème bataillon de chasseurs alpins de Varces (Isère), est le premier soldat français tué depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée par des frappes israélo-américaines sur l'Iran le 28 février et qui s'est propagée dans plusieurs pays de la région. Le président a indiqué également que plusieurs militaires français ont été blessés lors de l'attaque dans la région d'Erbil qui visait des forces antiterroristes. C'est dans le cadre d'une coalition internationale antijihadiste dirigée par Washington, "l'opération Chammal", que des militaires de plusieurs pays, dont l'Italie et la France (avec 600 militaires), entraînent au Kurdistan irakien des membres des forces de sécurité kurdes. L’adjudant-chef Frion participait à cette opération depuis le mois de janvier, avec son unité d'élite. Le sous-officier a reçu la médaille militaire en 2022, après dix-sept ans de service, pour "services militaires exceptionnels". "Belle figure de soldat et de chef, il incarnait les plus hautes vertus d’un combattant de l’armée de Terre", a salué le général Pierre Schill, chef d’État-Major de l’Armée de Terre.
La France est ciblée
Ce vendredi sur Telegram, un groupe armé pro-iranien nommé Ashab al-Kahf a annoncé prendre pour cible les intérêts français dans la région après le déploiement du porte-avion français Charles de Gaulle en Méditerranée orientale. "Après l'arrivée du porte-avions français dans la zone d'opérations du Commandement central américain et son engagement dans les opérations, nous annonçons à partir de cette nuit que tous les intérêts français en Irak et dans la région seront pris pour cible". Le groupe a exhorté les forces de sécurité à rester à au moins 500 mètres d'une base à Kirkouk (nord) où se trouvent, indique-t-il, des militaires français, sans revendiquer directement d'attaque.
L'état-major français des Armées a par ailleurs informé l'AFP ce jeudi 12 mars, que plusieurs soldats français ont été blessés dans "une attaque de drones dans la région d'Erbil". Ces militaires blessés étaient "engagés dans des actions de formation à la lutte contre le terrorisme auprès de partenaires irakiens". De son côté, le gouverneur d'Erbil a indiqué que la frappe ayant blessé ces soldats impliquait deux drones et a eu lieu sur une base située à Mala Qara, située à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest d'Erbil. Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, la région autonome du Kurdistan irakien et Erbil ont essuyé de multiples attaques imputées à des factions pro-iraniennes, dont la plupart neutralisées par la défense antiaérienne.
Face au deuil qui frappe les familles, l'institution militaire, l'État et la France toute entière, l'Église propose une belle prière pour les soldats tués au combat, que l'on peut retrouver sur le site du diocèse aux Armées :
Seigneur, Dieu de bonté et de miséricorde,
qui nous avez envoyé votre Fils Jésus-Christ
pour nous apporter le Salut de la vie,
ayez pitié de tous nos frères,
que vous avez appelés à vous dans les circonstances tragiques de la guerre !
Nous vous prions pour ceux qui vous ont connu, aimé et servi :
donnez-leur ce que, dans toute la force de leur espérance chrétienne,
ils ont tant désiré durant leur séjour ici-bas.
Nous vous prions pour ceux qui ne vous ont point connu,
mais qui vous ont cherché toute leur vie dans,
l'inquiétude et l'angoisse de leur âme,
et qui ne vous ont trouvé que dans la mort.
Nous vous prions enfin pour ceux qui ne vous ont ni connu,
ni même cherché, et que, cependant, vous n'avez cessé d'aimer.
Ils vous ont quand même servi
en faisant loyalement et courageusement leur
devoir jusqu'à l'ultime sacrifice.
Ayez pitié, Seigneur, des uns et des autres !
Ils sont tous vos enfants.
Donnez-leur à tous la vie éternelle dans la lumière et la paix.












