"C’est un vrai soulagement d’avoir enfin bouclé les vœux sur Parcoursup après moult conversations et hésitations, mais je me rends compte que le plus stressant est à venir ! On entre dans la période de l’attente des résultats et j’espère que ma fille ne sera pas déçue", confie Clarisse, mère de deux enfants à Nantes. "Axelle est notre aînée et bien que le lycée l’ait bien accompagnée, on ne sait pas trop à quoi s’attendre." Cette année, 950.000 lycéens sont concernés par la procédure Parcoursup. Si des améliorations notables, notamment en termes de transparence, ont été constatées sur la plateforme, elle reste néanmoins une source de stress pour une grande majorité de parents.
Selon une étude publiée ce 12 mars par le média L'Étudiant et la Fédération des Conseils de Parents d'Élèves (FCPE), principale fédération de parents d’élèves de l’enseignement public, la majorité des parents est inquiète face à Parcoursup : 77% des parents interrogés déclarent de l'anxiété, 42% des tensions familiales et 33% des troubles du sommeil. Mais la source de cette anxiété n'est pas la plateforme Parcoursup en elle-même, mais plutôt l'incertitude sur l'avenir de leur enfant : 60% redoutent une affectation insatisfaisante, devant la peur d’un refus catégorique (56%) et l'absence totale de place (53%).
Une charge mentale maternelle
Une inquiétude ressentie davantage par les mères que par les pères. D’une part parce que dans 70% des familles, les mères portent seules la charge de l'orientation post-bac de leur enfant (80% d'entre elles déclarent une hausse de leur charge mentale, contre 53% des pères), et d’autre part, qu’elles soient plus pessimistes ou plus lucides, 58% craignent un refus de formation contre 36% des hommes. C'est effectivement Véronique, mariée et mère de quatre enfants dont l'aîné aimerait faire une prépa scientifique l'année prochaine, qui a pris en main l'affaire. "C'est plutôt moi en effet qui ai échangé avec notre fils, qui suis allée aux portes ouvertes, certes c'est un sujet qui trotte dans la tête mais ce n'est pas vraiment une source de stress, notre fils sait ce qu'il veut faire, la plateforme est bien faite et les professeurs l'ont bien accompagné", affirme la mère de famille, qui habite dans les Yvelines. Le lycée dans lequel est scolarisé leur fils demande en effet quels sont les vœux que les élèves comptent formuler sur Parcoursup et utilise un code couleur afin que l'établissement puisse donner son avis : du vert qui indique que l'élève a de fortes chances d'être pris au rouge qui alerte sur un vœu trop ambitieux (en passant par le jaune et le orange).
Une charge qu’Anne-Virginie, mère de cinq enfants en banlieue parisienne, a décidé de déléguer cette année pour son deuxième fils. "En début d’année scolaire, nous avons pris une coach en orientation pour notre fils, elle l’a aidé à mieux se connaître, à reprendre confiance en lui au niveau scolaire et lui a donné des bonnes idées d’orientation, des idées de formations auxquelles nous n’aurions pas pensé par manque de connaissances", confie la mère de famille. "Par conséquent, les vœux se sont faits de manière assez fluide sur Parcoursup, la conseillère avait préparé une liste, ils ont discuté ensemble, je crois qu’il a fait des choix très variés en termes de niveaux donc je suis assez sereine", confie-t-elle.
Diversifier les vœux. C’est aussi le conseil préconisé par Marie Tarditi, coach au sein de Génération 15-25 et fondatrice du groupe Facebook SOS Orientation, et la quasi-garantie de recevoir des propositions à la clé. "Si l’étudiant prend soin de formuler des vœux de sécurité, des vœux ambitieux, et des vœux de raison, il n’y a pas de raisons qu’il n’ait rien à la fin", assurait-elle récemment auprès d’Aleteia. Et de rassurer ceux qui seraient encore inquiets : "En juin, il y a encore une phase de vœux complémentaires pour les étudiants qui n’auraient reçu aucune proposition". Il sera alors possible de formuler jusqu’à dix nouveaux vœux pour des formations n’ayant pas fait le plein.
Des parents investis
Globalement, les parents s’investissent dans le choix d’orientation de leur enfant : 69% des parents interrogés réalisent la procédure avec leur enfant. Chez Anne-Claire et Gildas, parents de quatre enfants dont une fille en Terminale, l'investissement est partagé : à Monsieur l'aspect pratique, à Madame l'accompagnement psychologique. "Gildas est à l'aise avec les chiffres, il est pragmatique, il l'accompagne sur le côté pratique : prise en compte des taux d'accès aux formations, de leur localisation, pour voir par exemple si c'est envisageable de rentrer le week-end ou pas", confie Anne-Claire. "Et pour ma part, j’essaie de l’amener à réfléchir à son avenir : ce qu’elle aime faire, comment elle se projette dans 10, 20 ans, ou encore ce qui peut éventuellement la stresser." Une réflexion plus large dont fait part également Véronique : "Dans l'orientation, ce n'est pas seulement le choix de la formation qui compte, il y a aussi la question du logement, des trajets, de la possibilité de faire du sport, d'avoir un accompagnement spirituel..." Un discernement qui va bien au-delà de la plateforme Parcoursup.
Si les parents se tiennent généralement à un rôle de conseil et d'accompagnement, certains préfèrent faire à la place de leur enfant : 1 parent sur 5 déclare prendre entièrement la charge de la procédure Parcoursup, de la formulation des vœux à la création des dossiers en passant par la rédaction des lettres de motivation. Enfin, les parents sont à la recherche de relations humaines pour s'informer sur les formations existantes. Ils n'hésitent pas à aller rencontrer les étudiants et les écoles pour trouver de l'information concrète et se rassurer : 68% des parents participent à des journées portes ouvertes et 51 % à des salons d'orientation. Cela a été le cas de Véronique. Elle a accompagné son fils dans des salons d'orientation et journées portes ouvertes dès la Première. "J'ai apprécié que notre fils entende, de personnes autres que ses parents, qu'il était bon de travailler et de ne pas négliger certaines matières s'il voulait intégrer une prépa scientifique", confie la mère de famille qui a visité pas moins de six à huit prépas durant cette année de Terminale. Une manière de rendre concrètes les formations proposées sur la plateforme, de "sentir" la politique d'un établissement et de se projeter dans l'avenir.
Une prière d'abandon
Une fois toutes les actions entreprises pour que leur enfant puisse accéder aux formations souhaitées, des parents chrétiens pourront confier son avenir au Seigneur. Pourquoi ne pas se tourner vers saint Ignace de Loyola, champion du discernement, ou bien, en ce mois de mars qui lui est dédié, vers saint Joseph ? Saint Joseph offre aux parents inquiets un modèle de paternité confiante, et cette prière de saint François de Sales, suppliant le père adoptif de Jésus de "rendre possibles les choses les plus impossibles", est tout adaptée pour remettre entre les mains de Dieu les choix d'orientation de son enfant :
"Glorieux saint Joseph, époux de Marie, accordez-nous votre protection paternelle, nous vous en supplions par le Cœur de Jésus et le Cœur Immaculé de Marie. Ô vous, dont la puissance infinie s'étend à toutes nos nécessités et sait rendre possibles les choses les plus impossibles, ouvrez vos yeux de Père sur les intérêts de vos enfants. Dans l'embarras et la peine qui nous pressent, nous recourons à vous avec confiance ; daignez prendre sous votre charitable conduite cette affaire importante et difficile, cause de notre inquiétude. Faites que son heureuse issue tourne à la gloire de Dieu et au bien de ses dévoués serviteurs. Ainsi soit-il."









