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“Ma vie d’entreprise est calée sur celle du Christ” : dirigeants et chrétiens, ils témoignent

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Antoinette de la Roulière - publié le 12/03/26
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Les entrepreneurs et dirigeants chrétiens (EDC) célèbrent leur centenaire lors des assises nationales qui doivent se dérouler du 13 au 15 mars à Lyon sur le thème "Vis, crois et entreprends". L’occasion de relire un siècle d’engagement et de discerner, à la lumière de l’Évangile, les responsabilités des dirigeants d’aujourd’hui. Pierre, Raphaëlle, Guillaume… ils racontent à Aleteia comment leur foi guide leurs décisions et façonne leur manière de diriger.

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3.700. C’est le nombre de dirigeants d’entreprises qui se retrouvent aux assises nationales à Lyon du 13 au 15 mars pour fêter le centenaire des entrepreneurs et dirigeants chrétiens (EDC). L’ambition de l’événement : vivre en responsabilité, vivre en vérité et vivre en grand. Cent ans après sa fondation, le mouvement des Entrepreneurs et dirigeants chrétiens continue de poser une question essentielle : comment vivre sa vie spirituelle dans un environnement professionnel ? Pour ses membres, c’est un défi quotidien. "Un siècle d'histoire montre comment la foi chrétienne, vécue dans le monde de l'économie et de l'entreprise, peut engendrer responsabilité, créativité et respect de la dignité humaine", a salué pour l'occasion le pape Léon XIV.

Aux origines des EDC

Le mouvement des EDC naît en 1926 à l’initiative de chefs d’entreprise catholiques désireux de vivre leur vie professionnelle à la lumière de l’Évangile. Objectif : créer un lieu de fraternité, de formation et de réflexion pour conjuguer foi et direction d’entreprise. D’abord structurés sous forme de mouvements locaux, ils se sont progressivement organisés au niveau national. Pierre Guillet est président du mouvement et dirige Hesion, une entreprise française qui propose des solutions de contrôle de la qualité de l'air et de gestion de parking. Lors des prochaines assises nationales, il terminera son mandat de quatre ans : "Si je fais le bilan, j’ai à la fois aimé me mettre au service du Christ et des EDC. En m’y consacrant deux jours par semaine, j’ai pu donner plusieurs orientations au mouvement : vivre la fraternité, rencontrer le Christ et mettre nos engagements au service du monde".

Dès leur origine, les EDC ont trouvé dans la pensée sociale chrétienne un socle solide. Reposant sur des piliers tels que la subsidiarité, le bien commun et la solidarité, elle offre ainsi un cadre de discernement aux dirigeants pour exercer leur mission de manière cohérente avec leur foi. "Ce dont je suis fier, c’est d’être en vérité au sein de mon entreprise, sans masque. J’ai développé mon unité de vie en mettant en pratique ma foi au travail", explique Guillaume Juge. "Ce qui m’importe, c’est d’avoir une relation vraie et simple avec mes collègues en m’appuyant sur la pensée sociale chrétienne", ajoute ce PDG de Kayentis et président des EDC pour la région Auvergne Rhônes Alpes.

La fraternité entre dirigeants, un élément précieux

Dès leur entrée aux EDC, les nouveaux membres découvrent la force du mouvement : des équipes composées d’une dizaine de dirigeants qui se réunissent chaque mois pour prier, approfondir un thème et partager en vérité les joies comme les difficultés rencontrées dans leur entreprise. C’est cette expérience qu’a vécue Martin d’Avezac. En 2010, au moment où il rachète une société spécialisée dans les travaux de façades vitrées, devenue Eyrial Menuisiers, il entend parler pour la première fois des EDC. "Je suis entré dans le mouvement après avoir perdu ma fille de 2 ans. Sa mort a réveillé ma foi, je me suis remis à prier notamment grâce à cette phrase : "il existe un pont entre les morts et les vivants, c’est la prière". Dès la première réunion d’équipe, les participants se sont confiés en toute simplicité et j’ai été très touché par leur témoignage. Je me suis senti compris", raconte à Aleteia cet entrepreneur de 54 ans. Pour Thibault Arnould, à la tête d’une équipe à Viroflay dans les Yvelines, "les équipes sont un lieu de partage et de ressourcement. On parle de problématiques heureuses ou douloureuses, ça fait toujours du bien d’en parler et de s’entourer. Car quand on dirige, on est souvent seul". Ce directeur des ressources humaines depuis 6 ans chez Proxiserve a décidé de mettre la prière au service de sa vie professionnelle : "chaque jour, je confie ma journée au Seigneur pour qu’il m’accompagne dans mes prises de décision. À chaque fois que j’ai vécu un moment difficile, je me suis aperçu que je n’avais pas prié".

J’ai un chapelet dans mon bureau pour me rappeler que je ne dois pas être un chrétien du dimanche, mais au quotidien. Ma vie d’entreprise est calée sur celle du Christ.

Les jeunes ont eux aussi toute leur place au sein des Jeunes Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens (JEDC). En 2021, Alexandra Marc renoue avec la foi et redécouvre le Christ. Trois ans plus tard, elle rejoint les EDC avant de prendre la responsabilité des JEDC Midi-Pyrénées. "Une fois par mois, j’anime des événements, notamment des afterworks. L’objectif est de créer du lien et d’encourager ceux qui ne connaissent pas le mouvement à se lancer", développe-t-elle. Lors des assises nationales de Lyon, elle succédera à Clémence Huignard, actuelle présidente des JEDC.

Aux EDC, les membres cherchent avant tout à aligner leur vie professionnelle avec leur foi. "Je suis entrée aux EDC parce que j’y voyais l’occasion de relire régulièrement ma vie professionnelle à la lumière de l’Évangile. En tant que dirigeante catholique, je place la dignité humaine au plus haut niveau car je me dois d’aimer son prochain", confie Raphaëlle Comby, directrice financière chez Crédit Agricole Centre-Est. "Mais ce n’est pas toujours simple. Comment recadrer quelqu’un tout en lui portant un regard d’amour ?" s’interroge-t-elle. Martin d’Avezac, lui, assume pleinement sa foi auprès de ses équipes : "Mes salariés savent que je suis croyant. J’ai un chapelet dans mon bureau pour me rappeler que je ne dois pas être un chrétien du dimanche, mais au quotidien. Ma vie d’entreprise est calée sur celle du Christ. Par exemple, j'explique à mes salariés qu’on ne vole pas les clients car c’est un péché : un dirigeant chrétien ne doit pas transiger avec les valeurs qu’il affirme".

Les Assises nationales de mars : un temps de discernement collectif

Après un siècle d’existence, vient le temps du discernement. En mars, les Assises nationales offriront aux entrepreneurs et dirigeants chrétiens un espace privilégié pour écouter, prier et réfléchir ensemble sur les défis à venir. Guillaume Juge reconnaît à Aleteia que son entrée dans le mouvement lui a sauvé la vie : "j’étais en procédure collective, j’avais l’impression que ma vie était un échec. Aux EDC, j’ai redécouvert le Notre Père. À travers les mots "que ta volonté soit faite", je me suis complètement abandonné à la Providence". Il ajoute : "Quand je suis entré dans le mouvement, j’avais une quarantaine d’années. J’ai été frappé par la richesse du mouvement à travers son brassage confessionnel, générationnel et professionnel. Aux assises nationales de Lyon, personne ne repartira en se sentant seul".

Les assises nationales de Bordeaux en 2024

Pierre Guillet l’assure : "Ça va être un moment fort de fraternité et de ressourcement.  Au programme : des temps de prière, des rencontres et des passations. Lors de l’assemblée générale, un nouveau président des EDC sera nommé". À partir de ce moment-là, à lui d’insuffler un nouveau souffle à l’organisation. Les Assises nationales seront l’occasion pour ces dirigeants de célébrer un siècle d’engagement et d’écrire ensemble les prochaines pages du mouvement. Lors des Assises nationales à Bordeaux en 2024, 2.600 dirigeants étaient présents. Deux ans plus tard, ils seront 3.700 à se retrouver pour ce rendez-vous phare. Les EDC continuent leur chemin : unis dans la foi et l’action, les dirigeants d’aujourd’hui préparent déjà ceux de demain pour écrire ensemble les prochaines pages de ce mouvement.

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