Un an et demi après leur mariage, la vie d’Anže et Karolina Marinko a basculé. En février 2023, les médecins diagnostiquent chez la jeune femme un rhabdomyosarcome, un cancer agressif. Un peu plus de deux ans plus tard, le 2 juin 2025, Karolina meurt à l’âge de 29 ans, laissant son mari et leur petite fille Ajda, qui n’a pas encore trois ans.
Le couple s’était rencontré environ huit ans plus tôt lors d’un événement du mouvement Famille et Vie. Anže raconte avec simplicité que sa venue n’était pas vraiment motivée par cette rencontre : "En réalité, j’y étais allé pour une autre fille qui me plaisait, mais Dieu avait d’autres projets." Ce jour-là, il fait la connaissance de Karolina. Leur relation démarre lentement, mais finit par s’approfondir au fil du temps. Comme beaucoup de jeunes couples, ils imaginent une vie familiale simple et heureuse. "Nous pensions que cet amour de jeunesse ne finirait jamais", se souvient-il.

Quelques années plus tard, ils se marient et accueillent leur première fille, Ajda, en août 2022. C’est quelques mois après cette naissance que Karolina découvre par hasard une petite masse dans l’aine. Au départ, le couple ne s’inquiète pas trop. "Nous pensions simplement que c’étaient des ganglions enflés après un virus", explique Anže. Mais les examens médicaux révèlent finalement un cancer, diagnostiqué en février 2023.
Incertitude de la maladie
La situation devient rapidement incertaine. "Nous ne savions pas si elle allait avoir seulement besoin d’une opération ou si nous étions face aux dernières semaines de sa vie", se souvient Anže. Face à cette réalité, il adopte un mécanisme de défense : il rationalise et utilise l’humour. "Cela m’a permis de rester calme et stable pour Karolina et pour notre fille, même si je n’étais pas toujours capable de partager pleinement mes émotions avec elle", explique-t-il. La maladie connaît ensuite plusieurs évolutions. Une première récidive survient en août 2024, puis une seconde en janvier 2025. Les traitements s’enchaînent, mais l’état de Karolina se dégrade. "Les trois dernières semaines, elle a été en soins palliatifs, mais nous avons eu la chance qu’elle reste à la maison. C’était précieux de pouvoir être ensemble", raconte Anže.
Pendant cette période difficile, il remarque aussi l’importance de maintenir des moments simples avec leur fille. "Ajda n’allait pas à la crèche pour éviter toute infection. Cela nous a permis de passer beaucoup de temps ensemble, à chanter, lire, dessiner, cuisiner ou sortir dehors. Ce temps avec elles vaut de l’or", confie-t-il.

La communication avec Ajda reste essentielle. Lorsqu’il lui parle de la mort de sa mère, il choisit des mots simples mais réels. "Je lui ai expliqué que sa maman était au ciel, un endroit magnifique où l’on danse, chante et se retrouve avec Jésus et les saints. Je lui ai même dit qu’il y avait des enfants qui jouent là-bas pour qu’elle puisse se représenter quelque chose de beau", raconte Anže.
Il souligne combien cette transparence l’a aussi aidé dans son propre deuil. "Répondre aux questions d’Ajda, encore et encore, m’a permis de prendre conscience moi-même de la réalité et de l’accepter peu à peu", confie-t-il. Le plus difficile depuis le décès de Karolina, explique-t-il, est de n'avoir parfois personne avec qui partager sa joie ou sa peine. "Sans personne avec qui partager sa joie, celle-ci est bien moindre et la peine bien plus lourde. Il n'est pas bon que l'homme soit seul (Gn 2,18). Ce n'est pas la même chose si je vois ou reçois simplement plus souvent mes amis et ma famille. Rien ne remplace une épouse", reconnaît Anže. Aujourd'hui, malgré la solitude, le jeune papa tâche d'avancer sereinement et avec confiance. "Avec le temps, j'ai reconnu la multitude de signes par lesquels Dieu nous montrait que Karolina était au ciel et qu'elle nous accompagnait dans notre voyage sur Terre."









