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Paris : une relique inestimable de saint Vincent de Paul volée

Vue Aérienne de l'église Saint-Vincent de Paul dans le 10ème arrondissement de Paris.

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Cécile Séveirac - publié le 09/03/26
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La paroisse Saint-Vincent-de-Paul, dans le Xe arrondissement de Paris, a découvert samedi 7 mars la disparition d’une relique précieuse de son saint patron, un morceau de tissu ayant appartenu à sa tunique, ainsi qu'une relique de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus.

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C'est une perte considérable que vient de subir la paroisse Saint-Vincent-de-Paul de Paris. Située dans le Xe arrondissement de la capitale, cette dernière s'est rendu compte samedi 7 mars qu'une relique du saint auquel elle est dédiée avait disparu.

L'objet en question était un morceau d'étoffe ayant appartenu à saint Vincent de Paul, prêtre français apôtre de la charité envers les plus pauvres. Ce bout de tissu aurait appartenu à sa tunique ou à sa soutane, et se trouvait exposé dans un médaillon en métal du XVIIe siècle, accessible au grand public pour la vénération qui, lui, n'a pas été volé. Une relique de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus a également été dérobée. "Seules les reliques ont été prises, les reliquaires sont restés en place", détaille à Aleteia le père Alizard, curé de la paroisse. Ces vols ne se sont accompagnés d'aucune dégradation ni vandalisme, confirme à Aleteia le diocèse de Paris. Une plainte a été déposée par la paroisse et les investigations confiées à la Brigade de répression du banditisme (BRB) de la police judiciaire de Paris.

"Ces reliques sont précieuses pour notre paroisse, il y a donc un mélange d'incompréhension et de stupeur de les voir volées", confie le père Alizard. Pour autant, "l'esprit de saint Vincent de Paul lui, demeure. La charité ne peut pas être volée et la mission de notre paroisse, qui s'est construite autour de la figure de saint Vincent, continuera d'être menée", assure le prêtre.

La vocation d'accueil et d'ouverture est au cœur de l'identité d'une église et ne saurait être remise en cause par ces actes.

La paroisse travaille avec les pouvoirs publics afin renforcer la sécurité autour de l'édifice, en lien avec la Ville de Paris. Pour autant, précise le diocèse, "il n'est absolument pas question de restreindre l'accès à l'église, lieu de rencontre avec Dieu". "Cette vocation d'accueil et d'ouverture est au cœur de son identité et ne saurait être remise en cause par ces actes", affirme le diocèse.

Saint Vincent de Paul est connu pour son engagement sans faille auprès des pauvres. Son exemple et son action ont grandement contribué à transformer l'action sociale de l'Église en mettant en place des réseaux de charité organisés. Il a ainsi créé les Confréries de la Charité, des groupes de laïcs qui s’occupaient des pauvres, des malades et des victimes de guerre. Plutôt que des gestes isolés, louables mais insuffisants, son idée majeure était que la charité devait être structurée et durable pour être véritable utile. Il a notamment créé les Filles de la Charité en 1633 avec Louise de Marillac, des religieuses consacrées au service direct des pauvres, des malades et des orphelins, ainsi que la congrégation dite des Lazaristes. Considéré comme le saint patron des œuvres de charité, il a été canonisé en 1737 par Clément XII.

Les reliques, un support pour la foi

Les reliques des martyrs et des saints sont précieusement conservées par les catholiques afin d'encourager la foi. Elles ne sont pas destinées à l'adoration - réservée à Dieu et au Christ dans le Saint Sacrement - mais à la vénération : les fidèles peuvent se recueillir devant elles ou les toucher afin de demander des grâces par l'intercession du saint auquel elles appartiennent.

Dès les premiers siècles, les chrétiens venaient se recueillir près des restes des martyrs. Les reliques peuvent être à l'origine de pèlerinages, de la construction de sanctuaires, de processions... Le Catéchisme de l'Église catholique (CEC §1674) affirme ainsi que :

Hors de la Liturgie sacramentelle et des sacramentaux, la catéchèse doit tenir compte des formes de la piété des fidèles et de la religiosité populaire. Le sens religieux du peuple chrétien a , de tout temps, trouvé son expression dans des formes variées de piété qui entourent la vie sacramentelle de l’Église, tels que la vénération des reliques, les visites aux sanctuaires, les pèlerinages, les processions, le chemin de croix, les danses religieuses, le rosaire, les médailles, etc.

"Ces expressions prolongent la vie liturgique de l’Église, mais ne la remplacent pas", précise encore le CEC (§1675), qui ajoute au paragraphe suivant qu'un "discernement pastoral est nécessaire pour soutenir et appuyer la religiosité populaire et, le cas échéant, pour purifier et rectifier le sens religieux qui sous-tend ces dévotions et pour les faire progresser dans la connaissance du Mystère au Christ."

"La relique illustre à sa façon particulière le mystère insondable et inépuisable de l’Incarnation", explique quant à elle Christiane Rancé dans son Dictionnaire amoureux des saints. Chaque relique rappelle le don d'une vie donnée et configurée entièrement au Christ, encourageant les fidèles à se mettre à l'école des saints.

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