separateurCreated with Sketch.

Les martyrs d’Algérie, véritable source d’inspiration pour Léon XIV

pope-leo-xiv-vatican
whatsappfacebooktwitter-xemailnative
Cyprien Viet - publié le 09/03/26
whatsappfacebooktwitter-xemailnative
Élu un 8 mai 2025, jour de la mémoire liturgique des 19 martyrs d’Algérie, Léon XIV entretient un lien particulier avec ces religieux tués durant la guerre civile des années 1990. Il sera le premier Pape de l’histoire à se rendre en Algérie, en avril prochain.

Et si votre lecture allait plus loin ?

Avec l’abonnement Aleteia, recevez notre magazine trimestriel, accédez à des contenus qui prennent le temps d’approfondir, et soutenez une information qui fait grandir.

Je découvre l'abonnement

"Que la paix soit avec vous tous (...), une paix désarmée et désarmante, humble et persévérante !" Ces premiers mots du pape Léon XIV, prononcés depuis la loggia de la basilique Saint-Pierre, ont fait le tour du monde. Ils renvoient à la spiritualité du bienheureux Christian de Chergé. Au milieu des années 1990, le prieur trappiste du monastère de Tibhirine et ses frères choisissent de rester en Algérie malgré la guerre civile qui déchire le pays, assumant une présence simple et fraternelle auprès des populations locales.

Après avoir été une première fois menacé par des terroristes à Noël 1994, Christian de Chergé écrit une prière dans laquelle il confie : "Seigneur, désarme-les, et désarme-nous…", exprimant ainsi une vision de la paix qui commence par le désarmement du cœur et de la communauté elle-même. Léon XIV a notamment fait référence à cette prière dans la préface de son livre intitulé La force de l’Évangile : la foi chrétienne en dix mots, un ouvrage qui rassemble certains de ses discours et qui a été publié en Italie en novembre 2025. 

Le pape a déjà visité l’Algérie

Le premier pape à effectuer un voyage apostolique en Algérie a eu l’occasion de s’y rendre à deux reprises lorsqu’il était prieur général des Augustins, en 2001 pour un colloque sur la figure de saint Augustin, et en 2013, pour l’inauguration de la basilique Saint-Augustin d’Annaba restaurée. À cette occasion, il était allé dans le quartier de Bab El Oued, afin de rendre hommage à deux Espagnoles, sœur Esther et sœur Caridad. Ces deux religieuses augustines, issues de la même famille spirituelle que lui, ont été assassinées en 1994. Elles font partie des 19 bienheureux martyrs d’Algérie. 

À Alger, le futur pape s’était aussi rendu dans la bibliothèque de la casbah où ont été tués les deux premiers bienheureux d’Algérie, sœur Paul-Hélène et le frère Henri Vergès, assassinés le 8 mai 1994. À l’issue du dernier conclave, le cardinal Jean-Paul Vesco a souligné au nouveau pape Léon XIV la concordance des dates entre le jour de la mémoire liturgique des martyrs d’Algérie et celui de son élection, un 8 mai. "Les deux martyres augustines et les autres sont bien présents dans sa mémoire personnelle", confiait l'archevêque d’Alger l’été dernier. 

Une expérience de "communion avec toute l’humanité"

Par ailleurs, lors du Meeting pour l’amitié entre les peuples organisé à Rimini, en août 2025, le pape a souligné, dans un message, l’importance d’une exposition consacrée aux martyrs d’Algérie. "En eux resplendit la vocation de l’Église à habiter le désert en profonde communion avec toute l’humanité, en dépassant les murs de méfiance qui opposent les religions et les cultures" et en empruntant un chemin de "présence et de simplicité, de connaissance et de dialogue de la vie", a écrit Léon XIV.

Il rappelait ainsi que la mission ne se limite pas à la proclamation verbale, mais s’incarne dans une vie partagée jusqu’au sacrifice ultime, à l’image de Mgr Pierre Claverie, l’évêque d’Oran, assassiné en 1996, avec son chauffeur Mohamed, de confession musulmane. Les martyrs chrétiens ont ainsi très concrètement mêlé leur sang aux près de 100.000 morts de cette guerre civile, parmi lesquels figuraient de nombreux imams, journalistes, magistrats ou encore responsables politiques, dont les meurtres n’ont pas tous été élucidés.

Lors de son séjour en Algérie, Léon XIV ne se rendra pas à Tibhirine. Ce voyage sera surtout dédié à saint Augustin, avec une étape très symbolique à Annaba, l’ex-Hippone, dont ce Père de l'Église fut l'évêque de 395 à 430. Mais l’autre enjeu sera d’encourager les efforts de la petite communauté catholique locale pour témoigner de la foi chrétienne dans un pays majoritairement musulman. Il est donc probable, à cet égard, que l’héritage des moines de Tibhirine et des autres martyrs d’Algérie infuse dans les discours et les gestes de ce voyage.

Vous avez aimé cet article et souhaitez en savoir plus ?

Recevez Aleteia chaque jour dans votre boite e−mail, c’est gratuit !

Vous aimez le contenu de Aleteia ?

Aidez-nous à couvrir les frais de production des articles que vous lisez, et soutenez la mission d’Aleteia !

Grâce à la déduction fiscale, vous pouvez soutenir le premier site internet catholique au monde tout en réduisant vos impôts. Profitez-en !

(avec déduction fiscale)