Faire plus de sport pour améliorer votre santé spirituelle ? Cela peut sembler surprenant… et pourtant ! Dans sa jeunesse, probablement animé par un zèle excessif, saint Ignace de Loyola s'imposait de sévères pénitences physiques. Ces sacrifices l'affaiblirent et plus tard, il les regretta. Dans une lettre à saint François Borgia, il lui conseille également de cesser les pénitences destructrices auxquelles il se soumettait et qui nuisent à son corps. Saint Ignace écrit : "Nous devons chérir et aimer notre corps dans la mesure où il obéit à l'âme et la sert, et dans la mesure où l'âme, ainsi obéie et servie, est mieux préparée au service et à la louange de notre Créateur et Seigneur." Autrement dit, plus on prend soin de son corps, mieux il peut servir Dieu.
Au sein de l'Église catholique, certaines propositions spirituelles pour vivre un Carême plus exigeant intègrent également des exercices physiques. Les hommes qui choisissent par exemple de suivre Exodus 90 s’engagent à adopter une alimentation plus saine et à suivre un programme d'entraînement régulier. Ce parcours inclut en effet une heure de prière par jour, au moins sept heures de sommeil, une douche froide le matin, et pas moins de trois séances de sport par semaine ! Ce genre de parcours connaît un regain de popularité et de nombreux hommes ont été agréablement surpris par les bienfaits spirituels d'une meilleure santé physique.
Vous êtes le temple de Dieu
Dans son livre You Are That Temple, l’auteur américain Kevin Vost explore le lien entre spiritualité et santé physique. Il cite saint Thomas d'Aquin : "La vertu, en tant que disposition appropriée de l'âme, est semblable à la santé et à la beauté, qui sont des dispositions appropriées du corps." En d’autres termes, développer de bonnes habitudes spirituelles suit un principe similaire à l’entraînement physique : un effort régulier, progressif et soutenu qui transforme le potentiel en vertu.
L'exercice physique ne favorise pas seulement une meilleure santé, il soutient également la vie spirituelle en enseignant la discipline et en fortifiant la volonté. Quand on commence à faire du jogging, on peut avoir du mal à respirer pendant l’effort, ou ressentir ensuite des courbatures. Au départ, c’est donc plutôt désagréable et difficile de s’y mettre Avec de la persévérance, le corps s’adapte et le jogging devient un rendez-vous attendu avec impatience… voire même un plaisir. Qu’est-ce qui a changé ? Eh bien, la course à pied est devenue une habitude pour le corps. Ce n'est plus une corvée, mais une joie.
L'exercice physique offre donc un modèle pour cultiver une discipline spirituelle, mais développe aussi la vertu la plus précieuse pour maintenir cette discipline : la force d'âme.
Ce processus montre comment il est possible de progresser spirituellement : il est important de se fixer des objectifs modestes mais clairs, et de s'y tenir. Au début, comme pour la course, c'est un exercice inconfortable, qui rencontre des résistances. Tout en soi-même lutte contre le développement d'une nouvelle vertu, simplement parce que l’on n’est pas habitué. Le secret est de persévérer jusqu'au bout car cette lutte des débuts est temporaire et peu à peu, le cœur se tourne vers le bien et commence à l’aimer.
L'exercice physique offre donc un modèle pour cultiver une discipline spirituelle, mais développe aussi la vertu la plus précieuse pour maintenir cette discipline : la force d'âme. Kevin Vost affirme que la force d'âme renforce la capacité de chacun à persévérer face aux difficultés que l’on rencontre. Plus l’âme est forte et plus elle est capable d'endurer un nouvel effort et de vaincre sa paresse et son apathie. Enfin, elle arrive à ressentir une vraie satisfaction à s’être dépassée. Cela est valable dans le sport, comme dans sa vie de prière !











