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Frappes en série et exode : la spirale de la violence s’abat sur le Liban

Frappes dans la banlieue sud de Beyrouth le 6 mars 2026.

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Cécile Séveirac - avec AFP - publié le 08/03/26
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La guerre entre Israël, l’Iran et le Hezbollah a déjà fait près de 400 morts et 400.000 déplacés au Liban. Alors que les frappes et les affrontements s’intensifient, des villages chrétiens du Sud refusent de fuir. Dans ce chaos, les Églises du Liban ont lancé un appel urgent à la fin des combats.

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Le Liban est de nouveau plongé dans la tourmente alors que la guerre s’intensifie entre Israël, l’Iran et le Hezbollah. Les derniers jours ont été marqués par une série de frappes israéliennes, dont l’une a visé un hôtel en plein centre de Beyrouth, faisant au moins quatre morts et dix blessés, a annoncé dimanche 8 mars le ministère libanais de la Santé.

Selon l’armée israélienne, cette frappe ciblait des chefs des Gardiens de la Révolution iraniens. D’autres bombardements ont touché la banlieue sud de la capitale, bastion du Hezbollah, tandis qu’une opération commando israélienne à Nabi Chit, dans l’est du pays, a fait 41 morts.

Depuis lundi 2 mars, les frappes israéliennes, menées en riposte à une attaque du Hezbollah, ont fait grimper le bilan à près de 400 morts, dont 83 enfants et 42 femmes, selon un dernier bilan du ministère de la Santé libanais dimanche en fin d'après-midi. Les civils paient un lourd tribut, alors que les combats s’étendent et que la tension régionale atteint un niveau critique. Le nombre total de personnes déplacées enregistrées a atteint 454.000, selon la ministre des Affaires sociales Haneen Sayed.

Face à cette escalade, les Patriarches et Évêques catholiques du Liban ont lancé le 5 mars un appel solennel à "l’arrêt immédiat de la spirale de violence" et à "un retour au dialogue et à une action diplomatique responsable". Dans leur déclaration, ils dénoncent la mort de nombreuses " victimes innocentes", le déplacement massif de familles et l’aggravation de la crise humanitaire. "La poursuite de cette spirale de violence menace la dignité de la personne humaine, qui est un don de Dieu, et sape les fondements de la justice et de la stabilité", écrivent les responsables des Eglises. Ils invitent également la communauté internationale ainsi que les responsables politiques à "tout mettre en œuvre" pour éviter une nouvelle escalade, et appellent les fidèles à soutenir les déplacés, à prier pour la paix et à rester solidaires des populations qui choisissent de demeurer dans leurs villages, malgré le danger.

La résistance des chrétiens du Sud

Dans le Sud-Liban en effet, de nombreux chrétiens refusent de partir malgré le déploiement de troupes israéliennes et les ordres d'évacuation. À Alma al-Shaab, Rmeish ou Ein Ebel, les cloches des églises sonnent comme un acte de défi et d’attachement à leur terre. Des comités de vigilance se sont organisés, en lien avec les paroisses et les autorités locales, pour empêcher toute infiltration armée et préserver la neutralité de leurs villages. Selon Catholic News Agency, le nonce apostolique au Liban, l'archevêque Paolo Borgia, a ainsi été récemment informé par une délégation représentant les habitants des trois villages concernés que les habitants avaient pris la décision de ne quitter ni leurs terres ni leurs maisons, quelles que soient les circonstances.

Les chrétiens demandent aux autorités libanaises de leur donner les moyens de rester sur place. "Si vous ne voulez pas nous fournir de protection directe, donnez-nous au moins ce qui nous permettra de tenir bon : soutien, ravitaillement, munitions, toute forme d’assistance", implore ainsi auprès de Catholic news Agency Charbel Sayyah, originaire d’Alma al-Shaab. Refusant d'être à nouveau pris en étau entre le Hezbollah et l'armée israélienne, ce dernier affirme : "Nous n'accepterons pas que le Hezbollah lance des roquettes depuis notre territoire, ni qu'un soldat israélien nous provoque."

Lors de l’Angélus, le pape Léon XIV s’est dit "profondément consterné" par "les nouvelles qui arrivent d’Iran et de tout le Moyen-Orient". Il a dénoncé "les épisodes de violence et de dévastation" et le "climat diffus de haine et de peur", appelant à ce que "cesse le fracas des bombes, que les armes se taisent et qu’un espace de dialogue s’ouvre, dans lequel puisse se faire entendre la voix des peuples". Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, a de son côté rappelé l’opposition du Vatican à "la notion de guerre préventive", soulignant que "les peuples du Moyen-Orient, y compris les communautés chrétiennes déjà fragilisées, sont une fois de plus plongés dans l’horreur de la guerre".

L'Iran inarrêtable

La perspective d'un cessez-le-feu semble à l'heure actuelle plus que compromise. Ce dimanche 8 mars, les Gardiens de la Révolution iraniens ont affirmé pouvoir encore affronter "au moins six mois de guerre intense»" contre les États-Unis et Israël et avoir déjà frappé plus de 200 cibles américaines et israéliennes dans la région. "Les forces armées de la République islamique d’Iran sont capables de poursuivre au moins six mois de guerre intense au rythme actuel des opérations", a ainsi déclaré le porte-parole des Gardiens, Ali Mohammad Naini, cité par l’agence de presse Fars.

La guerre a éclaté le 28 février 2026, avec une opération militaire conjointe des États-Unis et d’Israël visant l’Iran. L’objectif : neutraliser le régime des ayatollahs et ses capacités militaires et nucléaires. Lors de cette offensive, le guide suprême et dictateur Ali Khamenei a été tué, ainsi que plusieurs hauts responsables. L’Iran a riposté par des frappes de missiles et de drones contre Israël, des bases américaines et des pays du Golfe.

Cette escalade a embrasé plusieurs fronts : outre le Liban, où le Hezbollah s’est allié à l’Iran pour attaquer Israël, des frappes iraniennes ont touché les Émirats arabes unis, le Koweït, Bahreïn, l'Arabie Saoudite, et Dubaï. Israël poursuit ses bombardements sur le Liban et l’Iran, tandis que les tensions régionales restent à leur paroxysme.

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