separateurCreated with Sketch.

L’encens, l’arbre dont la prière fait son parfum

arbre-a-encens-desert-shutterstock
whatsappfacebooktwitter-xemailnative
Philippe-Emmanuel Krautter - publié le 07/03/26
whatsappfacebooktwitter-xemailnative
L’encens s’est toujours vu accorder une place essentielle lors des cérémonies et pratiques cultuelles, et ce, des temps bibliques les plus anciens jusqu’à nos jours… Mais, qu’est-ce que l’encens ? De quel arbre biblique provient cette résine odorante ?

Qui n’a jamais brûlé un bâton d’encens chez soi ou respiré ces enivrantes fragrances lors d’une cérémonie dans nos églises ? Si ces pratiques, de nos jours, deviennent quelquefois plus rares, il demeure cependant qu’offrir de l’encens à Dieu s’inscrit parmi les plus anciens rituels de la Bible, qui y fait référence plus de 150 fois !

Ainsi, le Livre de l’Exode (Ex 25,6), tout d’abord, cite l’encens en bonne place parmi les contributions prélevées au profit du Seigneur, au même titre que l’or ou l’argent. Parmi les prescriptions divines figure en premier la réalisation d’un autel à encens dont la Bible nous livre les moindres détails : "Tu feras encore un autel en bois d’acacia pour brûler de l’encens. Il aura une coudée de long, une coudée de large – sa base sera donc carrée – et de deux coudées et demie de haut" (Ex 30,1-5). Ce sera alors le rôle d’Aaron, le grand prêtre et frère de Moïse, de faire brûler chaque matin et chaque soir de l’encens aromatique. Mais qu’est donc l’encens auquel la Bible se réfère tant de fois ?

Un ou des encens ?

C’est au pluriel qu’il faut décliner l’encens, quant à son origine géographique, mais aussi quant à son élaboration. Ainsi, en premier lieu, s’il est fait classiquement mention d’un arbre dénommé "arbre à encens" (Boswellia sacra), sa provenance géographique demeure multiple. Ce petit arbre d’une hauteur de 2 à 8 m se retrouve, en effet, du nord-est de l’Afrique jusqu’au sud de la péninsule arabique, notamment en Ethiopie, au Yémen ou encore à Oman. L’encens pur tiré de cet arbre à encens est nommé en hébreu lebonah ou libanos en grec. C’est la résine de cet arbre qui exsude sous l’écorce en gouttelettes de différentes couleurs (blanc, jaune ou rouge) qui donnera, après avoir été séchée en grains, cette forte odeur aromatique une fois brûlée. 

Mais, en second lieu, soulignons cependant que de nombreux encens sont fabriqués en dehors de l’arbre à encens proprement dit, notamment à partir de résines provenant d’autres plantes ou arbustes. Ainsi, le camphre, le benjoin, l’oliban, le guggul, la myrrhe, le labdanum ou encore le santal servent à fabriquer les centaines d’encens qui existent à travers le monde. On parlera à leur sujet de ketoret en hébreu ; des encens dont la composition est notamment évoquée dans le Pentateuque. Aussi, faut-il souligner que si l’encens, au sens strict, résulte d’un arbre précis qui porte le même nom – l’arbre à encens, cette résine odorante peut également provenir de nombreux autres arbres et plantes…

Offrandes à Dieu

Au-delà de ces origines et caractéristiques variées, les vertus et fonctions de l’encens se révèlent tout aussi multiples. Ainsi, en dehors de ses fonctions cosmétiques, thérapeutiques et médicinales qui assainissent l’air, l’encens joue principalement le rôle de pratique cultuelle ; Pratique reconnue dès le début du judaïsme et reprise jusqu’à nos jours par le christianisme. Chaque année pour Yom Kippour, le grand prêtre entrait dans le Saint des saints pour y brûler de l’encens, afin d’honorer le Seigneur, et, de manière plus générale, faire brûler de l’encens devint rapidement une façon de prier agréable à Dieu, ainsi que le souligne le Psalmiste : "Que ma prière devant toi s'élève comme un encens, et mes mains, comme l'offrande du soir" (Ps 140,2). Une prière reprise par les saints au livre de l’Apocalypse, dernier livre de la Bible : "Un autre ange vint se placer près de l’autel ; il portait un encensoir d’or ; il lui fut donné quantité de parfums pour les offrir, avec les prières de tous les saints, sur l’autel d’or qui est devant le Trône. Et par la main de l’ange monta devant Dieu la fumée des parfums, avec les prières des saints" (Ap 8,3-4).

Rappelons, enfin, que l’encens constitue l’un des trois présents (avec l’or et la myrrhe) apportés par les rois mages au Christ à sa naissance. C’est le roi mage Gaspard qui porte l’encens. Dans nos églises, l’encens peut être brûlé dans un encensoir et porté par le thuriféraire (celui qui porte l’encens) notamment lors de la procession d’entrée, avant la lecture de l’Evangile, durant l’Offertoire, au moment de la Consécration ou encore lors de funérailles ou de certaines processions.

Ainsi, de nos jours, lorsque nous faisons brûler de l’encens, nous perpétuons cette longue tradition millénaire d’adoration qui, par le truchement de l’encens, accompagne et laisse monter nos prières d’intercession…

Vous avez aimé cet article et souhaitez en savoir plus ?

Recevez Aleteia chaque jour dans votre boite e−mail, c’est gratuit !

Vous aimez le contenu de Aleteia ?

Aidez-nous à couvrir les frais de production des articles que vous lisez, et soutenez la mission d’Aleteia !

Grâce à la déduction fiscale, vous pouvez soutenir le premier site internet catholique au monde tout en réduisant vos impôts. Profitez-en !

(avec déduction fiscale)