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La lumineuse inspiration de Manuel Andreas Dürr

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Camille Dalmas - publié le 07/03/26
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Pendant toute la durée du Carême, quatorze stations d’une Via Crucis du peintre suisse Manuel Andreas Dürr sont accrochées dans la basilique Saint-Pierre de Rome. L’artiste de 36 ans souligne auprès d’Aleteia le grand défi technique et spirituel qu'a représenté pour lui cette commande.

En décembre 2023, le Saint-Siège a lancé un concours international pour la réalisation d'un chemin de croix en 14 stations destiné à être exposé temporairement dans la basilique Saint-Pierre pendant le temps du Carême. Un signe de la Providence ? Manuel Andreas Dürr, un peintre suisse de Bienne qui a aujourd'hui 36 ans, travaillait alors sur une Via Crucis, mais dans un contexte très différent : celui de l'église protestante de la communauté réformée " Jahu ", une petite Église locale à laquelle il appartient, très tournée vers l'œcuménisme. Averti et encouragé par un ami, ce père de trois enfants, qui s'estime " assez proche " de la foi catholique d'un point de vue théologique, accepte finalement de présenter un projet — mais " sans grande conviction ", confie-t-il. À l'époque, il pense en effet qu'il ne fera pas le poids, mais c'est pourtant lui qui, en décembre 2024, est choisi par le Vatican. " C'est vraiment un grand honneur, probablement le point culminant de ma carrière ", assure-t-il.

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Manuel Andreas Dürr.

Pour réaliser les quatorze cadres prévus, Manuel Andreas Dürr s'est d'abord rendu dans la basilique Saint-Pierre à Rome. Son premier choc est d'y découvrir une " Église globale ", faite de personnes " de tout âge, tout continent, toute classe sociale ". " Ma propre Église à la maison m'a semblé très provinciale ! ", reconnaît-il. Dans l'immense basilique, le peintre explique avoir aussi pris conscience de la difficulté de la tâche qui l'attendait. " C'est le fruit de toute une histoire, et donc un des endroits où il est le plus difficile de venir ajouter quelque chose ". Rien à voir avec ce à quoi est généralement habitué l'artiste contemporain, le plus souvent amené à accrocher son œuvre sur un " carré de mur blanc ".

Grand admirateur de la culture italienne, il décide de partir du contexte artistique que lui imposent les lieux et prend le parti de s'inspirer des grands maîtres de la peinture italienne. Il puise notamment chez Michel-Ange, mais aussi chez Fra Angelico, un peintre qu'il a appris à aimer au fil des ans et qui le touche aujourd'hui tout particulièrement. L'autre grand défi, pour lui, a aussi été le sujet de la commande. " Peindre Jésus est vraiment difficile, parce qu'il n'est pas quelqu'un que je fais découvrir, c'est une personne que des milliers de personnes connaissent, voire avec qui elles ont une relation personnelle ", assure-t-il.

La croix comme symbole d'espérance

De plus, le chemin de croix est une histoire qui a influencé " tout l'art chrétien et toute la culture européenne ", reconnaît le Suisse. " Là où la croix était conçue comme un sujet de terreur, instillant la peur chez les citoyens de l'Empire romain, elle est devenue quelque chose que nous portons autour de notre cou comme un symbole d'espérance ", souligne-t-il. Son but a dès lors été d'essayer d'offrir un nouveau " point d'entrée " à ce mystère aux pèlerins de la basilique.

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Après huit mois de peinture à l'huile, suivis de longues semaines d'attente pour voir ses œuvres sécher, il a finalement livré son œuvre, inaugurée en ce premier vendredi de Carême. Dans la basilique, il est allé pour la première fois contempler les toiles devant lesquelles défilent des milliers de fidèles. Des quatorze stations, il confie que sa préférée est probablement celle représentant Véronique découvrant l'empreinte du visage du Christ sur le linge qu'elle lui a tendu. Il y a vu une sorte de mise en abyme de sa peinture, lui qui travaille aussi sur une toile de tissu. " Cela rend digne ce que le peintre tente de faire : offrir une petite trace de quelque chose de plus profond ", déclare-t-il.

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