Ce vendredi 6 mars, par la voix de son avocat, l'ex-magnat des médias pro démocratie de Hong Kong, Jimmy Lai, a annoncé qu'il ne fera pas appel de sa condamnation à 20 ans de prison pour atteinte à la sécurité nationale. Aucune précision n’a été apportée sur la raison de ce choix. "Nous pouvons confirmer que nous avons reçu des instructions claires et définitives (de Jimmy Lai) de ne pas faire appel de la condamnation ou de la peine", a ainsi indiqué un membre de son équipe juridique, précisant qu’elle ne donnerait pas d’explication sur ce choix, qui a néanmoins surpris.
Pour rappel, l'homme d'affaires et fondateur du journal pro démocratie Apple Daily, fermé en 2021, avait été reconnu coupable en décembre dernier et condamné le 9 février de collusion avec l'étranger et publication séditieuse, écopant ainsi de la peine la plus sévère prononcée en lien avec la loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin.
Jimmy Lai est catholique et défenseur des mouvements pro démocratie à Hong Kong. Emprisonné depuis le mois de juin 2020, il était accusé de collusion avec les forces étrangères selon les dispositions prévues par la loi sur la sécurité nationale adoptée après les manifestations massives contre le gouvernement communiste. Utilisée comme un véritable outil de répression contre la moindre opposition au Parti Communiste Chinois (PCC), elle a mis fin de facto au principe "Un pays, deux systèmes" instauré depuis la rétrocession de Hong Kong à la Chine en 1997.
Critique du régime communiste
Le cas de Jimmy Lai est considéré par l'Union européenne et les défenseurs des droits comme emblématique de l'érosion des libertés politiques à Hong Kong depuis la mise en place par Pékin de la loi sur la sécurité nationale. Dès les années 1980, Jimmy Lai s’était montré critique de l’appareil politique chinois, dénonçant sa mainmise sur Hong Kong et les méthodes antidémocratiques de Pékin, notamment avec l'application de cette loi sur la sécurité nationale, qui vise à interdire "la trahison, la sécession, la sédition et la subversion".
Son combat pour la liberté se lisait aussi à travers la foi chrétienne qui l’animait. Baptisé à la fin des années 1990 par Mgr Joseph Zen, présent à son procès, il s’est converti au christianisme à l’âge adulte. Il aurait réalisé des dons colossaux à destination de l’Église "souterraine" de Chine, réprimée par le pouvoir. En janvier 2024, un rapport avait alerté sur le recul de la liberté religieuse à Hong Kong, le PCC cherchant par tous les moyens à "siniser" les religions "étrangères", c’est-à-dire à les aligner sur la doctrine, l'idéologie et le discours communistes.








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