La Troménie n’en finit pas de porter du fruit. Après l’élan du Jubilé de Sainte-Anne et de la Troménie, ce pèlerinage hors norme qui a sillonné les paroisses du diocèse de Vannes du 7 mars au 26 juillet 2025, Mgr Raymond Centène souhaite maintenir la ferveur populaire et le dynamisme missionnaire que le Jubilé a insufflés dans le diocèse en relançant une confrérie fondée par la reine Anne d’Autriche au XVIIe siècle et tombée en désuétude.
"Tout un réseau de bénévoles, à travers tout le diocèse, s’est constitué l’année dernière autour de la Troménie, et il nous a semblé intéressant de maintenir la solidité de ce réseau et de l’élargir à d’autres personnes", explique Mgr Centène à Aleteia. En effet, la Troménie avait mobilisé entre 200 et 300 bénévoles (chefs de tronçons, paroissiens chargés de l’animation ou encore formés à l’évangélisation…) afin d’accompagner et accueillir les pèlerins à travers la centaine de paroisses que compte le diocèse. Un maillage extraordinaire qui ne demande qu’à être nourri pour continuer sa mission d’évangélisation. "Le but de la Confrérie de Sainte-Anne est de créer un réseau solide en vue de l’évangélisation et de la transmission du culte de sainte Anne dans le diocèse. Lors des apparitions, sainte Anne a dit : "Dieu veut que je sois honorée ici", alors nous voulons répondre à cette volonté de Dieu et à ce désir de sainte Anne", souligne l’évêque du lieu.
Une royale dévotion
La Confrérie de Sainte-Anne est l’héritière de la Confrérie Royale de Sainte-Anne, créée en 1641 sous l’impulsion de la reine Anne d’Autriche, et canoniquement érigée en Archiconfrérie en 1872. Anne d’Autriche, épouse de Louis XIII, entend parler des apparitions de sainte Anne à Yvon Nicolazic qui ont eu lieu à Auray en 1625. Elle prie alors la mère de la Vierge pour obtenir la naissance d’un fils. Une fois exaucée, elle suggère, en reconnaissance de la naissance du futur roi Louis XIV, la création d’une confrérie royale. Elle est créée en 1641 par Mgr de Rosmadec, évêque de Vannes, et transformée en Archiconfrérie en 1872 par Mgr Bécel.
La Confrérie de Sainte-Anne n’a jamais cessé d’exister, mais elle n’avait plus d’activité depuis quelques années. "Dans les années 1990, les manuels de piété vendus au sanctuaire évoquaient encore la Confrérie de Sainte-Anne mais en réalité, elle était tombée en désuétude", souligne Mgr Centène.
Mission d’évangélisation et de transmission
Ouverte à tous, hommes, femmes et enfants, la Confrérie de Sainte-Anne se propose d’aider ses membres à vivre une spiritualité biblique, familiale et engagée dans leur paroisse. Les membres sont unis par la prière les uns pour les autres, et portés par la prière des pèlerins de la basilique. Elle engage aussi ses membres. "Elle engage à avoir une vie de prière, à nourrir leur vie spirituelle par la contemplation du mystère de sainte Anne, à contribuer à créer une nouvelle dynamique autour du sanctuaire et à développer le culte de sainte Anne", précise Mgr Centène. Les membres sont appelés à être des "acteurs d’évangélisation" : "cela passe par exemple par l’organisation de pèlerinages au sanctuaire, par l’entretien des nombreuses chapelles dédiées à sainte Anne que nous avons dans le diocèse mais aussi par la transmission de la dévotion à sainte Anne de génération en génération".
La réception au sein de la Confrérie fait l’objet d’une inscription sur le registre de la confrérie, et se matérialise par un acte de consécration à sainte Anne. L’engagement individuel de chaque membre est renouvelé tous les ans par un acte de consécration.
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