Un triomphe. Les Dimanches, film de la réalisatrice espagnole Alauda Ruiz de Azúa, a été couronné ce 28 février lors de la 40e cérémonie des Goya, l'équivalent espagnol des Césars et des Oscars. Meilleur film, meilleure réalisatrice, meilleure actrice… Au total, ce n’est pas moins de cinq récompenses que la production a remportées ce soir-là.
Sorti en France le 11 février, le long métrage brosse la tempête familiale causée par l’annonce de la vocation religieuse d’Ainara, dix-sept ans. Au grand dam de sa tante, athée, et de son père, la jeune femme commence un discernement spirituel, marqué à la fois par la rencontre avec la mère prieure d’une communauté religieuse et une histoire d’amour avec l’un des membres de sa chorale. Le film explore avec justesse les questionnements contemporains autour de la foi.
Un film qui montre "l’importance accordée à l’amour"
Bien que la réalisatrice se dise non croyante, elle raconte qu’elle a profondément été marquée par la vocation d'une jeune femme se posant la question de la vie monastique et que celle-ci l’a inspirée pour le film. Pour mettre en scène le long-métrage, elle a fait de nombreuses recherches, visité des monastères et discuté avec des religieuses. "On aborde un sujet comme celui-ci avec ses propres idées préconçues, c’est inévitable", reconnaît-elle dans une interview accordée à l’Académie espagnole des arts et des sciences du cinéma. "L’un des premiers changements que j’ai constatés en écoutant des témoignages et en parlant avec des personnes ayant vécu un processus de vocation religieuse, c’est l’importance accordée à l’amour."
Outre son succès au box-office espagnol depuis octobre dernier, le film a reçu de nombreuses récompenses, dont la Coquille d'Or du meilleur film, récompense suprême décernée par le jury du Festival de Saint-Sébastian, et le prix SIGNIS de l'association catholique mondiale pour la communication. Le jury de SIGNIS a salué "son excellence artistique et sa capacité à soulever des questions sur l’expérience de la foi dans les contextes contemporains", évoquant également "la finesse de la mise en scène, la profondeur humaine des personnages et l'utilisation judicieuse des dimensions audiovisuelles et narratives".
"Un véritable miracle"
L’évêque d’Orihuela-Alicante, en Espagne, Mgr José Ignacio Munilla, a souligné que le film est très juste et rend un grand service en ce qu’il présente la vie cloîtrée comme une option positive. "Qu’un film comme celui-ci puisse être vu et applaudi par les catholiques et les non-croyants, dans le contexte actuel de polarisation, est un véritable miracle", a-t-il déclaré dans son émission Sexto Continente, le 15 novembre dernier. Il a souligné que Les Dimanches "permet de comprendre qu’il faut être courageux et libre de trouver son propre chemin". Et de conclure : "Suivez cette lumière intérieure, répondez sincèrement à l’appel de Dieu."
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