Au milieu des montagnes grenobloises, Raphaël, 25 ans, s’adonne avec enthousiasme à sa passion depuis tout petit : la musique. Après son bac, le jeune homme s’oriente vers le conservatoire, où il découvre l’écriture et la composition de musique classique. Véritable touche-à-tout, il est aussi féru de piano que de basse, de batterie, de violon, de clarinette et d'alto. Rapidement, il ressent le besoin de sortir de l’entre-soi : "Au conservatoire, on partage surtout avec des musiciens, des professeurs ou leurs parents. J’avais envie de communiquer avec un public plus large", confie-t-il.
Musique et chou romanesco
C’est ainsi qu’il lance son compte Instagram, début novembre 2025, pour vulgariser l’histoire musicale et la théorie. Il propose des vidéos courtes, accessibles et équilibrées entre connaissances, émotions et médiation. Des formats qui ont déjà conquis plus de 51.000 abonnés. "Je demande au public de prêter attention à un détail simple, comme une mélodie ou un effet. Cet équilibre entre l’aspect intellectuel et émotionnel, c’est une bonne formule." Le jeune homme part souvent d’un objet simple comme un miroir ou un escalier, (ou même un chou romanesco !) pour faire comprendre à l’internaute un procédé musical, parfois complexe. La technique s’incarne ce qui permet d’entrer dans un morceau ou un univers musical inconnu avec plus de facilité.
Un public intergénérationnel
Sur Instagram, Raphaël touche toutes les tranches d’âge : "C’est très curieux : chaque groupe représente environ 10 % de mon audience." Les réactions sont positives, parfois étonnées de voir un jeune passionné par des styles musicaux peu associés à sa génération : "Certains sont rassurés de voir que la musique classique attire encore des jeunes." Raphaël s’attache à dépasser les préjugés : "La musique classique est souvent perçue comme élitiste. Je préfère transmettre des techniques concrètes, sans insister sur l’image. Cela permet à l’auditeur de créer un lien, d’où qu’il vienne." Sa vidéo la plus populaire ? "Celle sur le concept de miroir en musique : je pensais que ce serait trop technique, mais elle a surpris les gens." Résultat : plus de 616.000 vues.
La musique sacrée, une expérience universelle
Bien qu’athée, Raphaël reconnaît la puissance de la musique sacrée : "Les morceaux de Bach, par exemple, peuvent combler un manque chez les athées. Ils créent un état d’émerveillement, rappellent qu’on est tout petit face à l’infini. Ce n’est pas une question de croire, mais de ressentir quelque chose de plus grand que soi." Stabat Mater de Pergolèse, Messe de Josquin des Prés, Requiem de Fauré… le jeune homme explore toutes les époques. Aujourd’hui, Raphaël vise à développer son activité, sans précipitation : "Je reçois de belles propositions, mais je préfère poser de bonnes fondations, prendre le temps d’apprendre à communiquer sur les réseaux." Le Grenoblois a fait partie de différents groupes de musique. Actuellement, c’est au sein d’un ensemble de folk baroque qu’il se plaît à reprendre des classiques de cette musique du XVIIe siècle et à les adapter au style folk. Il prépare également de nouveaux formats YouTube, plus longs, axés sur la composition et le partage de sa méthode de travail en studio. "La création reste le cœur de ma passion. Je joue une dizaine d’instruments, toujours en train d’en apprendre de nouveaux." Issu d’une famille non musicienne, Raphaël partage aussi son goût pour le ski et la randonnée. Son compte Instagram est devenu un espace de découverte pour un public varié : "J’ai reçu des témoignages de personnes qui ne connaissaient rien à la musique et qui, grâce à mes vidéos, ont découvert des pans entiers de styles musicaux."










