À l’écran, dans Papa malgré lui, diffusé sur TF1 le 2 mars, Arnaud Ducret incarne un père prêt à tout pour défendre sa fille harcelée, jusqu’à infiltrer son lycée déguisé en professeur d’histoire. Une fiction teintée de comédie, mais qui aborde avec justesse et sensibilité la réalité brutale du harcèlement scolaire. Et pour l’acteur de 47 ans, impossible de ne pas faire le lien avec sa propre vie de père, comme il l’a confié dans une interview accordée à Télé Loisirs, le 2 mars.
Prévenir le harcèlement dans les deux sens
S’il s’inquiète, comme beaucoup de parents, que son fils de 13 ans puisse un jour être victime de harcèlement, il veille tout autant à ce qu’il ne devienne jamais harceleur. "Je lui répète souvent de faire attention, surtout avec les groupes WhatsApp et ce genre de choses. Je ne veux voir aucun message passer où je sens que lui et ses amis s’acharnent sur quelqu’un. Et dans le sens inverse", détaille-t-il, ajoutant que "les jeunes ne mesurent pas toujours la violence de leurs propos".
L’acteur, qui a aussi connu le harcèlement scolaire à son époque, précise néanmoins que ce fléau est aujourd’hui "beaucoup plus vicieux". "Il ne se limite plus au cadre scolaire et continue sur les écrans. Les "armes" sont aussi plus nombreuses : les réseaux sociaux, les vidéos, les photos… Tout circule plus vite, plus massivement. Et ça, c’est très dangereux. "
Harcèlement scolaire, un phénomène massif en France
En France, le nombre de signalements de harcèlement scolaire ne cesse de croître. De 530 signalements en 2022, il y en a eu 3.500 en 2023, puis 6.100 en 2024, selon une étude conjointe des services statistiques du ministère de la Justice et de l’Éducation nationale publiée début novembre 2025. Autrement dit, c’est une explosion record de 1.052% des signalements en deux ans.
Le phénomène commence dès l’école primaire pour atteindre un pic au collège. Réseaux sociaux, messageries privées, diffusion de photos ou de vidéos… Selon l’association Asmae - Sœur Emmanuelle, une famille sur trois est concernée par le cyberharcèlement, qui prolonge la violence au-delà des murs de l’établissement. Les conséquences peuvent être lourdes : décrochage scolaire, isolement, dépression, troubles anxieux. Dans les cas les plus dramatiques, certains jeunes passent à l’acte, et chaque drame rappelle l’urgence collective.
Face au harcèlement scolaire, la réponse ne peut être seulement institutionnelle : elle est aussi éducative, intime, quotidienne. Former des enfants capables de dire "stop", même quand ils ne sont pas la cible, c’est peut-être là que commence aussi la vraie prévention.









