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Le nouveau souffle de l’abbaye Notre-Dame du Port du Salut

Abbaye Notre-Dame du Port du Salut (Mayenne)

Abbaye Notre-Dame du Port du Salut (Mayenne)

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Hortense Leger - publié le 01/03/26
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Symbole du patrimoine religieux mayennais, l’abbaye Notre-Dame du Port du Salut renaît après le départ, en octobre 2025, de la communauté de moines qui l’habitait depuis plus de deux cents ans. Grâce à l’impulsion d’une équipe de laïcs engagés, le site se réinvente sans renier son âme.

Quand l’écriture d’une histoire millénaire se poursuit. Après le départ des moines cisterciens à l’automne 2025, l’abbaye Notre-Dame du Port du Salut, prieuré du XIIIe siècle devenu symbole du patrimoine religieux mayennais, s’invente un nouvel avenir. Sous l’impulsion de l’ancien évêque de Laval, Mgr Thierry Scherrer, et d’une équipe engagée, le site renaît en espace d’accueil, de formation des jeunes et de transmission, tout en gardant vivante son âme monastique. 

"Je suis le premier salarié après le départ des moines, pour assurer la continuité du lieu et transmettre leur héritage", confie Pierre Coppin, père de huit enfants installé à Laval et dont le parcours dans les travaux publics prend soudain un tournant inattendu : "C’est un vrai changement de vie professionnelle, animé par le désir de donner au site une nouvelle dynamique tout en restant fidèle à son histoire." 

Un lieu de "ressourcement"

Après deux cent dix ans de vie cistercienne, la petite communauté a tiré sa révérence lors d’une célébration forte en émotions, en octobre dernier. "Les moines n’avaient plus les forces vives pour pérenniser l’abbaye, ils ont donc souhaité qu’un nouveau projet voie le jour, dans l’esprit de la règle de saint Benoît : ora et labora - la prière et le travail." Le fonds de dotation nouvellement créé, porté essentiellement par des laïcs et des professionnels, s’est vu confier la mission de donner à l’abbaye un nouveau souffle, toujours en lien étroit avec la famille cistercienne et l’évêque.

Visite guidée de l'abbaye
Visite guidée de l'abbaye

L’une des priorités est de faire de l’abbaye un espace de ressourcement pour faire grandir la cohésion au sein des familles. Pierre Coppin explique : "Nous avons fait le constat qu’il n'existe pas beaucoup de lieux où se retrouver en famille pour avoir simplement la joie d’être ensemble." Les neuf hectares de parc, les hébergements, la chapelle, mais aussi les activités de partage et de réflexion déjà prévues, font de l’abbaye une terre d’accueil unique. Tourné vers l’avenir, le projet inclut aussi l’ouverture, dès septembre 2027, d’un centre de formation aux métiers de la main, centré autour de l'éducation intégrale. "Nous ciblons les jeunes qui sortent de troisième et ont du mal à se projeter dans une filière classique. Nous ouvrirons en 2027 un centre en alternance sur la maçonnerie, le paysagisme, l’entretien des espaces verts, la peinture et le service à la personne. L’éducation intégrale, c’est former à la fois le corps, le cœur et l’esprit." L’hébergement s’élargira progressivement, grâce au futur internat dont les places pourront servir à accueillir un plus large public en dehors des périodes scolaires.

Préserver l’esprit de l'abbaye

En attendant, la vie reprend son cours avec la mise aux normes de la boutique et de la buvette, qui pourront accueillir promeneurs et familles dès le printemps 2025, pour une visite ou un verre au bord de la Mayenne. "Les premiers travaux, plus modestes, mettent aux normes ces espaces d’accueil. Pour les produits vendus, ils viendront désormais d’autres congrégations ou de producteurs locaux." Ce renouveau s’accompagne aussi d’un projet de valorisation patrimoniale, avec la mise en lumière du parcours de visite historique, qui permettra à tous de redécouvrir le bâti et la statue de Notre-Dame du Port du Salut, récemment restaurée grâce à la générosité des fidèles.

Patrice de la Théardière (à droite) président du fonds de dotation créé pour l'abbaye.
Patrice de la Théardière (à droite) président du fonds de dotation créé pour l'abbaye.

Loin de tourner la page de l’histoire monastique, l’équipe souhaite préserver l’esprit du lieu tout en l’ouvrant à de nouveaux horizons. "Ce qui nous tient à cœur, c’est vraiment de rester dans la continuité : garder l’abbaye comme un espace de ressourcement spirituel, mais aussi de rencontre, de formation et de service." Le père hôtelier et le père abbé habitent d’ailleurs toujours l’abbaye et assurent la transition avec la nouvelle équipe. Pierre Coppin insiste sur le caractère collectif de l’aventure : "Nous lançons un appel à toutes les bonnes volontés : bénévoles, donateurs, familles, chacun peut trouver sa place et sa mission dans cette renaissance. Pour équiper les lieux d’accueil, il faudra beaucoup de mains et d’idées, autant que d’aide financière."

La dimension spirituelle reste primordiale. "Nous espérons à terme l’arrivée d’une petite communauté religieuse pour garder la dimension priante, mais l’objectif immédiat, c’est de permettre à la mission cistercienne de rayonner différemment." Attaché à la transmission, Pierre Coppin conclut : "L’abbaye doit rester un lieu vivant, d’accueil, de dialogue et d’unité pour la région, dans la fidélité à sa vocation première." Une renaissance, portée par une nouvelle génération de bâtisseurs, qui ne fait que commencer.

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