Les États-Unis et Israël ont lancé, samedi 28 février, une opération militaire conjointe baptisée "Fureur épique" contre l’Iran, présentée comme une tentative de neutraliser des menaces militaires imminentes liées aux programmes nucléaires et balistiques de Téhéran ainsi qu’à sa capacité à projeter sa puissance dans la région. Les frappes, d’une ampleur inédite, ont visé des sites militaires et des centres de commandement à travers le pays, notamment à Téhéran, Ispahan, Qom et Kermanshah.
Au cours de cette opération, le guide suprême de 86 ans, Ali Khamenei, a été tué à Téhéran lors d’une frappe. Figure centrale du régime, il détenait l’autorité ultime sur les institutions politiques, militaires et religieuses du pays. Sept hauts responsables du régime des mollahs, parmi lesquels son conseiller Ali Shamkhani et le chef des Gardiens de la Révolution, Mohammad Pakpour, ont également été tués.
La disparition d’Ali Khamenei, au pouvoir depuis 1989, crée un vide politique majeur. Le Conseil des experts, chargé de désigner le Guide suprême, doit se réunir en urgence. Les Gardiens de la Révolution iraniens, qui ont promis un "châtiment sévère" aux "meurtriers" de l’ayatollah, apparaissent comme un acteur clé dans cette phase d’incertitude.
Trois hauts responsables, dont le président Massoud Pezeshkian, assureront la transition en Iran après la mort du guide suprême, a annoncé dimanche l’un de ses conseillers, Mohammad Mokhber, cité par la télévision d’État. Ce triumvirat sera composé de M. Pezeshkian, du chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejeï, et d’un juriste du Conseil des gardiens de la Constitution.
Riposte et embrasement régional
L’Iran a riposté en bombardant des bases militaires américaines dans le Golfe et en Israël. Plusieurs pays ont également été ciblés, dont les Émirats arabes unis, le Qatar, le Koweït, le Liban, Oman, la Jordanie et l’Irak. Devant le Conseil de sécurité de l’ONU, Téhéran a dénoncé un "crime de guerre" et annoncé à l’Union européenne la fermeture "de facto" du détroit d’Ormuz, par où transite 20 % du brut mondial.

De son côté, Israël a bombardé des sites militaires iraniens dans la nuit de samedi à dimanche, tandis que des explosions ont retenti à Tel-Aviv et à Jérusalem en représailles. Le président américain Donald Trump a déclaré dimanche 1er mars que les États-Unis frapperaient l’Iran avec une force "jamais vue auparavant" si le pays poursuivait ses représailles.
Cette dynamique fait craindre un embrasement régional plus large. Plusieurs pays du Golfe ont renforcé leur dispositif de défense et appelé à la désescalade.
La France face à la crise au Moyen Orient
Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni en session d’urgence samedi 28 février. Les grandes puissances européennes ont exprimé leur inquiétude face au risque d’un conflit généralisé et ont appelé à un cessez-le-feu immédiat. Dans la même soirée, Emmanuel Macron a réuni, de son côté, un Conseil de Défense et de Sécurité Nationale sur la situation en Iran et au Moyen-Orient.
À cette occasion, il a expliqué que l’Hexagone n'a été "ni prévenu ni impliqué" en ce qui concerne les frappes américaines et israéliennes menées contre l'Iran. "Nul ne peut penser que la question du nucléaire iranien, de l'activité balistique, des déstabilisations régionales se règleront simplement par les frappes et évidemment aussi les droits légitimes du peuple iranien à se faire entendre", a également affirmé le chef de l'État français, avant d’assurer que "la priorité absolue" reste la sécurité des ressortissants français dans tous les pays touchés.
Cette vigilance s’étend également à l’ensemble des installations françaises dans la région, militaires comme diplomatiques, face aux tensions croissantes. En ce dimanche 1er mars, vers la fin de l’après-midi, Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, a confirmé qu'une base navale française avait été touchée à Abou Dhabi par une attaque de drones iraniens. "Un hangar de notre base navale, mitoyenne de celle des Émiriens, a été touché dans une attaque de drones qui a ciblé le port d'Abou Dhabi", a-t-il précisé, assurant que "les dégâts sont uniquement matériels et limités, et qu’aucun blessé n’est à déplorer". Face à la situation qui évolue d’heure en heure, la vigilance reste de mise. Au début de son Conseil de Défense ce dimanche soir, Emmanuel Macron a assuré que l'attaque de drone à Abou Dhabi conduit la France à rehausser s posture et son "accompagnement défensif pour être aux côtés de ceux avec lesquels (elle a) des traités de défense et pouvoir adapter la posture à l’évolution des dernières heures". Le président français a déclaré que la réunion sera l'opportunité de peser "toutes les options" qui sont sur la table.
Sur les marchés internationaux, les prix du pétrole ont fortement réagi, reflétant la crainte de perturbations dans le détroit d’Ormuz, point stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures. L'autorité de régulation financière des Émirats arabes unis (CMA) a annoncé dimanche la fermeture exceptionnelle des places boursières de Dubaï et d'Abou Dhabi jusqu’à mardi.
Le Pape plaide pour la paix et la fin de la spirale de violence
Face à l’inquiétude croissante dans la région, l’Église a également réagi. Le vicaire apostolique d’Arabie du Sud, Paolo Martinelli, a adressé un message urgent demandant aux fidèles de "rester calmes et sereins" et de "suivre attentivement" les instructions des autorités civiles. Il a exhorté les catholiques à répondre spirituellement à la crise, invitant à prier quotidiennement le Rosaire pour la paix et la réconciliation, et à inclure des intentions de paix dans les messes célébrées dans tout le vicariat. De son côté, le vicaire apostolique de l’Arabie du Nord, Aldo Berardi, O.SS.T., a également réagi en appelant à rester "unis dans la foi et la charité, en prenant soin tout particulièrement des personnes âgées, des malades et des personnes vulnérables".
À la fin de l’Angélus du 1er mars 2026, le pape Léon XIV a également exprimé sa "grande préoccupation" face aux conséquences de l’attaque lancée par Israël et les États-Unis en Iran. Évoquant des "heures dramatiques", il a plaidé pour le retour d’un "dialogue raisonnable, authentique et responsable" en mettant en garde contre "la possibilité d’une tragédie aux proportions énormes". Depuis la fenêtre du Palais apostolique, il a assuré que "la stabilité et la paix ne se construisent ni avec des menaces réciproques, ni avec les armes qui sèment la destruction, la douleur et la mort".
S’adressant à toutes les parties, le Pape a lancé un "fervent appel à assumer la responsabilité morale d’arrêter la spirale de la violence avant qu’elle ne devienne un abîme irréparable". Il a demandé que "la diplomatie retrouve son rôle pour garantir le bien des peuples et la coexistence pacifique fondée sur la justice", et enjoint tous les chrétiens à prier pour la paix.









