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À Pellevoisin, l’éducation de la Vierge Marie à l’examen de conscience 

NOTRE-DAME-DE-PELLEVOISIN

Notre-Dame de Pellevoisin.

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Jean-Michel Castaing - publié le 01/03/26
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Dans la nuit du 15 février 1876, la Vierge apparaît à Pellevoisin. Marie invite la voyante à faire son examen de conscience, dans la vérité et la liberté. La manière dont la mère de Jésus procède est une véritable leçon de discernement spirituel à suivre en ce temps du carême. 

2026 marque le 150e anniversaire des apparitions de la Vierge Marie à Pellevoisin (Indre). Alors que nous entrons en carême, une parole très forte de la Vierge à la voyante Estelle Faguette retient particulièrement notre attention. Lors de la deuxième apparition, après avoir annoncé à Estelle la bonne nouvelle de sa guérison qui allait s’accomplir dans trois jours, Marie lui dit : "Maintenant, regardons le passé." À ces mots, le visage de la Vierge devint un peu plus triste. À quoi faisait-elle allusion en parlant ainsi ? 

La Vierge éduque Estelle au discernement spirituel 

En fait, l’Immaculée voulait faire comprendre à Estelle qu’elle n’avait pas encore pris toute la mesure de la gravité de ses péchés du passé. Certes, la voyante n’était pas une grande pécheresse. Mais jusqu’alors, ses manquements lui étaient apparus comme "des fautes légères" selon les termes qu’elle employa dans son récit des apparitions. En l’invitant à regarder de plus près le passé, Marie invitait Estelle à discerner la gravité de ses fautes. Cette parole de la Vierge n’est pas la moins importante parmi toutes celles prononcées à Pellevoisin en 1876 entre le 14 février et le 8 décembre.

Cette parole peut paraître rude. D’autant plus que lors de cette apparition, Marie quitte la voyante sans un mot de consolation (mais après l’avoir toutefois regardée avec bonté). Quel enseignement tirer de cet événement ? Loin de constituer un démenti à sa miséricorde maternelle, les propos et l’attitude de la Vierge à cette occasion sont pleinement évangéliques. En effet, Marie éduque Estelle en essayant de lui obtenir la grâce du discernement de ses fautes, d’une meilleure appréciation de leur gravité et enfin celle de leur regret. 

En toute liberté

Avant que Jésus ne la guérisse dans son corps, la Vierge désire qu’Estelle guérisse dans son âme. N’est-ce pas ce que nous essayons d’obtenir de l’Esprit durant le carême ? Estelle n’avait pas assez regretté ses fautes car elle les croyait "légères". Marie lui fit comprendre qu’il était important que sa conscience l’éclaire au sujet de leur gravité et de leur portée sur sa liberté intérieure. 

C’est la raison pour laquelle la Vierge la quitte sans lui parler davantage. Par ce retrait en silence, Marie désire qu’Estelle s’examine en conscience, c’est-à-dire en toute liberté. Loin de traduire une dureté à l’égard de la voyante, l’attitude de la Vierge exprime au contraire le respect de la liberté d’Estelle. C’est à elle de rentrer en elle-même afin de faire la lumière, avec sa conscience aidée de l’Esprit Saint, sur ses fautes passées. Marie n’abandonne pas Estelle, elle ne la laisse pas "mariner" dans sa mauvaise conscience, elle l’éduque plutôt au discernement spirituel. Or, celui-ci ne peut s’opérer que dans le temple de la conscience : voilà pourquoi Marie laisse Estelle à sa solitude. C’est là une preuve de son respect pour la liberté de la voyante. Son silence démontre sa confiance dans l’intelligence de son interlocutrice. On ne surprendra jamais Marie mépriser quiconque ni abandonner un pécheur.  

La purification de l’âme, préalable aux grâces pascales

En lui obtenant la grâce d’un examen de conscience, suivi d’une grande contrition dans l’intimité de son âme, la Vierge a éduqué Estelle à la liberté spirituelle. Car il n’existe pas de liberté véritable sans prise de conscience de nos manquements et des impasses auxquelles ils aboutissent. Sinon, Jésus aurait-il lancé à sa génération un appel si pressant à la conversion ? Mais ce n’était qu’un début, car cette purification spirituelle préparait la voyante à la guérison corporelle et aux apparitions suivantes par lesquelles la Mère de Jésus l’entretiendrait du Sacré-Cœur et du scapulaire qu’elle portait et dont elle voulait propager la dévotion qui lui était liée (quinzième apparition du 8 décembre). La purification de l’âme d’Estelle fut donc le préalable aux révélations des apparitions ultérieures. Pour nous aussi, le carême est un chemin de conversion qui nous conduit à la Révélation par excellence de l’amour que représentent la Croix et la Résurrection. Certes, les apparitions de Pellevoisin n’ont pas le poids des évangiles. Mais la parole de Marie — "Maintenant, regardons le passé" — s’harmonise trop avec la démarche du carême pour être négligée. D’autant plus que ce regard en arrière n’est pas fait pour nous figer dans le passé, mais nous propulser plus librement vers l’avenir de Pâques, ainsi qu’il le fut pour Estelle Faguette à Pellevoisin il y a 150 ans.

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