Depuis des décennies, Léon XIV nourrit un grand intérêt pour les voitures et la mécanique. Il serait notamment le premier pape à savoir changer des bougies ou réaliser une vidange. Retour sur une passion très inattendue pour un pape.
"Bob adorait conduire", confie un frère de l’Ordre de saint Augustin qui a fréquenté l’actuel pape dans ses premières années de sacerdoce à Chicago, dans un documentaire diffusé par Vatican News. Contrairement à la plupart de ses prédécesseurs, Léon XIV est un véritable passionné d’automobile. Rien d’étonnant, dès lors, à ce qu’un des premiers choix de son pontificat fut d’abandonner la modeste Fiat 500L blanche que François avait imposée pour ses déplacements.
Parmi la flotte de 900 véhicules dont dispose le Vatican, le choix du pape s’est arrêté sur un imposant van allemand bleu sombre, le Volkswagen Multivan PHEV 4MOTION. Ce véhicule peut accueillir jusqu'à six passagers, est équipé d'un moteur hybride rechargeable de 245 chevaux, d'une transmission automatique et offre une autonomie allant jusqu'à 87 km en mode tout électrique. Largement suffisant pour atteindre Castel Gandolfo, situé à une quarantaine de kilomètres du Vatican, où Léon XIV passe ses jours de repos hebdomadaire.
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Le pontife américain sait aussi se montrer patriote en matière d’automobile : il s’est déplacé à plusieurs reprises dans la capitale italienne en Jeep Grand Cherokee. Imposant, puissant, robuste, ce SUV hybride de la marque américaine est un incontournable outre-Atlantique. Sans doute une façon pour le pape de ramener un peu de son pays d’origine à Rome.
Synonyme de liberté
Pour autant, il semble que le pape n’apprécie pas particulièrement la place de passager que lui impose sa fonction. "Ne pas pouvoir conduire, cela doit être la chose la plus dure pour lui aujourd’hui", rapporte un autre frère augustin de la province de Chicago dans le même film. Indispensable pour parcourir l’immense banlieue de Chicago et les grands espaces du Midwest, la voiture était synonyme de liberté pour le jeune "Bob". Jeune, il avalait sans sourciller les 1.200 kilomètres qui séparent Chicago de l’université Villanova, près de Philadelphie, où il étudiait. "C’était un moment qu’il appréciait, car il avait ainsi du temps pour penser, pour réfléchir et, s’il était avec des gens, pour parler", rapporte encore un de ses anciens camarades qui précise qu’en bon américain, il aimait tout particulièrement les Fords.
Cette passion l’a visiblement suivi jusqu’au Pérou, où il est parti en missionnaire pour la première fois en 1985, et ce même s’il a parfois troqué le volant pour la selle d’un cheval afin de rejoindre certaines communautés isolées des Andes. "Pour se rendre à Lima depuis Chiclayo, il prenait systématiquement la voiture. Rendez-vous compte, cela implique entre 12 et 14 heures de route. Ce n'est absolument pas ordinaire", confie Véronique Lecaros, auteur de Léon XIV, portrait d’un pape péruvien.
De conducteur à mécano
En Amérique du Sud, Robert Francis Prevost avait visiblement développé un goût prononcé pour les véhicules imposants. "Le père Roberto, qui était alors très jeune, est venu me chercher chez moi, à Trujillo, raconte Cesar Piscoya en se remémorant sa première rencontre avec le futur pape. Je me souviens qu’il est arrivé au volant d’un pick-up Toyota Hilux, gris ou couleur plomb." Cet imposant véhicule japonais, réputé pour sa solidité et sa fiabilité, était probablement adapté aux routes escarpées du Pérou que devait emprunter l’Américain. "Lorsqu’on est missionnaire, on apprend à tout faire - de la réparation d’appareils électroniques à la mécanique automobile, et bien plus encore", témoignait celui qui n’était encore que Mgr Prevost, en 2020. Au point que si une vidange devait être faite ou des bougies devaient être changées dans la communauté augustine péruvienne, c’était systématiquement vers lui qu’on se tournait.

Techniquement, Léon XIV pourrait donc être le premier pape en mesure de réparer sa papamobile… Il n’est pas certain que les mécaniciens du Vatican lui laissent pour autant prendre le risque de tacher sa tenue immaculée en mettant les mains dans le cambouis. Ce qui ne devrait pas être nécessaire : Léon XIV a hérité d’une papamobile très robuste, une Mercedes-Benz Classe G entièrement électrique ; un modèle équipé de quatre moteurs et doté d’une puissance de plus de 500 chevaux ! Certains imaginent même que devoir se laisser conduire dans un tel bolide puisse être une source de frustrations pour le pape : "J’attends de voir une image de lui conduisant sa papamobile et ne restant pas derrière", s’amuse en riant un de ses frères augustins qui l’a bien connu.

Certaines marques ont déjà profité de ce faible du pape pour l’automobile. Le président de la branche italienne de BMW est ainsi venu au Vatican en décembre 2025 pour offrir au successeur de Pierre son tout dernier modèle, la xDrive60 M Sport. Tout sauf une petite citadine : ce SUV est doté du moteur électrique le plus puissant proposé par la marque avec pas moins de 544 chevaux sous le capot. Avec un tel jouet, le pape pourrait théoriquement monter de 0 à 100 km/h en 4,6 secondes. Toutefois, il est très peu probable qu’il la conduise un jour… Les cadeaux offerts aux papes, voitures comprises, sont généralement revendus aux enchères pour financer des œuvres de charité. Ce fut le cas d’une magnifique Lamborghini Huracan blanche, donnée au pape François en 2017. Peu de temps après, le véhicule de luxe avait rapporté 715.000 euros aux œuvres de charité du pontife.












