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Célestin-Joseph Wilke dans son atelier à Donzac ( Gironde)

À Donzac, Célestin-Joseph sculpte la foi dans la cire et la résine

De l’horlogerie à l’art sacré, Célestin-Joseph Wilke, 22 ans, a trouvé sa vocation à Donzac, en Gironde. Dans son "Atelier Cathédrales", il sculpte depuis 2020 la résine et la cire pour donner forme à la foi, transformant chaque commande en une aventure humaine et spirituelle.

5 min de lecture

Source: Célestin-Joseph Wilke

Célestin-Joseph Wilke dans son atelier à Donzac ( Gironde)

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Au cœur du Langon, au milieu des vignes bordelaises, Célestin-Joseph Wilke, 22 ans, donne une forme spirituelle à la résine et à la cire. Dans son "Atelier Cathédrales" installé dans le village de Donzac, le jeune artisan fait résonner la foi et l’art avec passion depuis quatre ans. 

De l’horlogerie à l’art sacré

Ce Nantais d’origine, qui "dessine depuis qu’il sait tenir un crayon", se passionne d’abord pour l’horlogerie. Mais la vie en décide autrement et c’est à la faveur d’un déménagement en Gironde que le jeune homme se découvre une passion pour un tout autre type d’art. En 2020, des amis artisans ne peuvent continuer à mener à bien leur atelier d’art sacré. Célestin-Joseph les aide un temps, apprend à leurs côtés et décide finalement de reprendre l’entreprise. C’est là que naît, ou renaît, "Atelier Cathédrales". Il a alors tout juste 18 ans. "J’ai repris les vieux moules et j’en ai créé de nouveaux. J’ai appris à leurs côtés le travail de la résine pour les statues et celui de la cire pour les cierges, puis j’ai continué en autonomie."

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Résine, cire et prière

Les modèles que présente aujourd’hui le jeune artisan sont principalement une "Vierge au Pilier de Notre-Dame de Paris" et un "Beau-Dieu d’Amiens" adapté à la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus. Des crèches de Noël, des santons et des croix viennent compléter son catalogue. Quant aux œuvres en cire, Célestin-Joseph réalise des cierges pascals et de baptême. Un travail long et minutieux, que le jeune homme affine toujours. "Le plus difficile a été l’apprentissage de la confection des cierges : il faut la bonne température pour couler et pour refroidir la cire. J’ai eu pas mal de difficultés au début. C’est vraiment un métier à part." Les cierges sont entièrement confectionnés à partir de cire d’abeille. Ensuite tous les reliefs sont peints à l'acrylique. "La plupart des cierges des églises sont aujourd’hui faits en paraffine, alors qu’il est demandé qu’ils soient composés de cire d’abeille pour la liturgie. J’essaye de faire ça dans les règles de l’art", confie-t-il.

Statue de Notre-Dame de Paris en bois
Statue de Notre-Dame de Paris en bois

Après deux années à apprendre ce métier d’artisan d’art sacré, le jeune homme s’est lancé depuis peu dans la promotion de son atelier à travers la création d’un site et une communication sur les réseaux sociaux. Cette démarche lui permet d’avoir plus de clients: "On peut commander des statues sur mon site, mais la plupart de temps on me contacte. Je suis beaucoup avec les clients au téléphone. Comme ça, je sais exactement ce qu’ils veulent." Les retours sont positifs et Célestin-Joseph confie aimer particulièrement ce travail d’artisanat, où chaque pièce est façonnée dans la prière, pour celui qui l’a commandée. "Aujourd’hui, sur Amazon, on voit des statues faites en Chine qui ne coûtent rien. Certaines semi-artisanales viennent aussi d’Italie mais sont faites en série. Moi je travaille en pensant au client. Je ne conçois pas les statues en amont, c’est lorsque je reçois une commande que je crée."

Là où travail et foi se répondent

Une démarche artistique que le jeune créateur perçoit comme un travail profondément spirituel. Plusieurs options existent d’ailleurs pour personnaliser encore davantage les statues et en faire des objets qui portent la prière. "Des personnes m’envoient des intentions, qui peuvent être longues. Je les écris sur un papier et je les scelle dans la résine. Autre option : je peux insérer une fiole sous la statue, dans laquelle on peut glisser une prière et la changer quand on le souhaite." Les commandes viennent principalement de particuliers et quelques demandes de paroisses complètent le carnet du jeune homme. 

Petites croix en résine avec l'Agnus Dei
Petites croix en résine avec l'Agnus-Dei

Bricoleur depuis l’enfance, Célestin-Joseph "a toujours aimé les belles choses". Son père, libraire, l’emmène souvent visiter les églises de la région nantaise, et l’initie à la Beauté de l’art sacré. "Ma première initiation au Beau s’est faite par la musique classique, que nous écoutions beaucoup en famille. L’artisanat et l’amour des objets liturgiques sont venus après." Aujourd’hui, le travail du jeune créateur est intimement lié à sa foi. Les deux se nourrissent. "On a une seule vie, pas plusieurs parallèles." Et Célestin-Joseph de conclure : "Mon art et ma foi sont inséparables, ma vie spirituelle se confond avec ma vie professionnelle."