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Le Pakistan se déclare “en guerre ouverte” avec l’Afghanistan

3 min de lecture
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Crédit : Peter Hermes Furian | Shutterstock

Ce vendredi 27 février, le Pakistan vient de se déclarer en "guerre ouverte" avec l’Afghanistan après une offensive afghane lancée la veille à sa frontière, qui a conduit Islamabad à bombarder notamment Kaboul en représailles, après des mois de dégradation de leurs relations.

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Depuis que les dirigeants talibans ont repris le contrôle de Kaboul en août 2021, le Pakistan, puissance nucléaire, et l'Afghanistan s'affrontent sporadiquement. Le Pakistan accuse les autorités afghanes d'abriter des activistes armés qui lancent des attaques sur le territoire pakistanais - ce que l'Afghanistan dément. La plupart des attaques ont été revendiquées par les talibans pakistanais (TTP). Les heurts se sont intensifiés dernièrement et depuis les combats d'octobre qui ont fait 70 morts de part et d'autre, leur frontière commune reste largement fermée.

Le Pakistan a frappé dans la nuit de jeudi 26 à vendredi 27 février plusieurs sites afghans dont les principales villes Kaboul et Kandahar et la province frontalière de Paktia (est). Une "réponse appropriée" à l'attaque afghane de la veille, selon le ministre pakistanais de l'Intérieur Mohsin Naqvi. "Notre patience a atteint ses limites. C'est désormais la guerre ouverte entre nous et vous", a déclaré le ministre de la Défense pakistanais, Khawaja Asif, sur X.

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Présents sur place, des journalistes de l'AFP à Kaboul ont entendu plusieurs violentes explosions ainsi que des avions de chasse tôt ce vendredi 27 février, jusqu'à l'aube. Les rues de Kaboul étaient redevenues calmes après le lever du jour, en ce vendredi du mois de ramadan. En réponse aux bombardements nocturnes, les autorités talibanes ont annoncé ce vendredi de nouvelles frappes à "grande échelle contre des positions de soldats pakistanais".

Offre de médiation iranienne et chinoise

Selon la mission de l'ONU en Afghanistan, les bombardements pakistanais qui ont déjà eu lieu le week-end dernier, en réponse à des attentats-suicides au Pakistan, ont tué au moins 13 civils, tandis que le gouvernement taliban a affirmé qu'au moins 18 personnes avaient péri. Avec ces nouvelles frappes nocturnes, "le Pakistan semble avoir étendu ses frappes, qui ne visent plus seulement le TTP (talibans pakistanais) mais désormais aussi le régime taliban", a observé sur X Michaël Kugelman, spécialiste de l'Asie du Sud, notant une "escalade significative et dangereuse".

Une brève trêve entérinée le 19 octobre dernier avait été jugée caduque neuf jours plus tard par le Pakistan qui avait accusé l'Afghanistan d'orchestrer des attentats menés par les TTP. Depuis, des cycles de négociations ont échoué à désamorcer le conflit, même si une intervention de l'Arabie saoudite a permis de faciliter la libération de trois soldats pakistanais capturés par les Afghans en octobre. Les ministères iraniens puis chinois des Affaires étrangères ont proposé vendredi d’œuvrer à la médiation entre les deux pays voisins. Les chefs de la diplomatie saoudienne et pakistanaise se sont aussi entretenus au téléphone des moyens "de réduire les tensions" dans la région, selon un communiqué publié vendredi par Ryad.