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La Conférence des évêques de France a réagi, ce vendredi 27 février, au vote solennel des députés créant un "droit à l'aide à mourir" en France. Elle exprime dans un communiqué "sa profonde opposition à l’adoption d’un dispositif légalisant l’euthanasie et le suicide assisté".
L’Assemblée nationale a en effet adopté le mercredi 25 février à 299 voix pour et 226 voix contre la loi controversée créant un "droit à l'aide à mourir". Après plusieurs semaines de débat et un examen au pas de course, les députés ont renouvelé le vote qui avait déjà consacré ce droit en mai 2025. Pour mémoire, en première lecture, le texte avait été adopté par 305 voix contre 199. L'écart est donc passé de 106 voix (à la première lecture) à 73 voix (à la deuxième lecture).
Les évêques tiennent à souligner la fragile majorité qui a abouti à l’adoption du texte. "Le faible écart de voix ayant permis l’adoption du texte ainsi que l’augmentation constante du nombre de votes s’y opposant, manifestent une importante fracture au sein de la représentation nationale", affirment-ils. "Une question aussi essentielle, qui engage la conception même de la dignité humaine et du rôle de la médecine, ne peut être tranchée à une majorité aussi fragile sans laisser subsister un malaise démocratique profond." La CEF regrette qu’aucune des mises en garde formulées au cours des débats parlementaires n’ait été prise en compte. "Sur un sujet d’une telle gravité, le choix de continuer à avancer en l’absence de consensus large est grandement préoccupant", insistent de nouveau les évêques.
Une approbation en recul
Un constat qu’a fait également Erwan Le Morhedec, avocat et bénévole en soins palliatifs, sur X : "Avec 226 Contre vs 199 en première lecture, 299 Pour vs 305 en première lecture, l'approbation recule. La proposition de loi n'était approuvée que par 54% des votants, elle ne l'est que par 53%. Et le parcours n'est pas fini."
Le texte doit désormais être examiné au Sénat début avril. La chambre haute avait refusé toute aide à mourir fin janvier 2026, votant contre les articles consacrant ce droit. Reste à savoir si les sénateurs maintiendront leur opposition ou si le texte franchira ce cap décisif. La Conférence des évêques de France "compte sur la suite du processus parlementaire pour réaffirmer qu’une société véritablement fraternelle se reconnaît à la manière dont elle entoure les plus fragiles, non à la facilité avec laquelle elle accepte de provoquer leur mort".









