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La méthode de Robert Prevost pour prendre une décision

3 min de lecture
Pope Leo XIV during the Pentecost Vigil prayer in St. Peter's Square at the Vatican on June 7, 2025.

Crédit : Antoine Mekary | ALETEIA

Pape Léon XIV durant la Vigile de la Pentecôte

Léon serait-il un pape "trop prudent" ? Certains se posent la question. Mais une anecdote de son passé de prieur général des Augustins est ressortie, laissant penser que le 267e pontife de l’Église catholique sait très bien faire des choix et se faire respecter lorsque la situation l’exige, parfois en ayant recours à des stratagèmes… persuasifs. 

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"Léon XIV prend son temps" ; "Pourra-t-il agir avec détermination ?" ; "saura-t-il prendre position ?"… Ces murmures se font entendre depuis quelques mois au Vatican – et au-delà. Entre les lignes, certains reprochent au pape de tergiverser sur les décisions, ou encore de vouloir ménager la chèvre et le chou dans les thématiques délicates, ce qui reviendrait pour finir à mécontenter les uns et les autres de façon égale. Pourtant, Robert Prevost sait trancher. Sa biographie de référence, écrite par la journaliste américaine Elise Allen (éditions Artège), rapporte en particulier une anecdote qui a eu lieu lorsqu’il était prieur général des Augustins, à la tête d’une congrégation de quelque 3.000 membres présents dans une cinquantaine de pays. Amené à gérer quelques cas problématiques d’argent et de mœurs au Mexique, le religieux en tunique noire n’a pas hésité à choisir une méthode pour le moins dissuasive. 

"Celui-là n'a pas la main qui tremble"

Selon ce récit, un jour que les Augustins de cette province se plaignaient de ses reproches, le "padre Roberto" aurait indiqué du doigt une mallette : "Attendez un instant, dans cette mallette, j'ai les relevés bancaires de plusieurs d'entre vous. Alors, soit nous commençons à faire les choses correctement, soit je commence à les lire un par un. C'est vous qui décidez". À ce moment-là, "tout le monde s'est tu et [Robert Prevost] a commencé à mettre les choses au clair", assure un témoin oculaire qui souhaite cependant rester anonyme. Et d’ajouter : "Je me suis dit: Celui-là n'a pas la main qui tremble". Si elles sont difficilement vérifiables, ces paroles musclées n’en sont pas moins crédibles. Selon ses anciens collaborateurs dans l’ordre de Saint-Augustin, l’Américain a fait preuve d’une certaine poigne durant son mandat de douze ans. Le père Elías Neira, recteur du collège Saint Augustin de Chiclayo (Pérou), affirme lui aussi que le père Prevost a su prendre "des décisions difficiles, mais fermes". "Il est intervenu avec force", destituant les têtes de la province religieuse du Mexique, se souvient-il.

Même son de cloche chez le père Alejandro Moral Anton, qui a été son vicaire général avant de prendre sa suite comme prieur. Dans un entretien au lendemain de l’élection, son confrère et ami a déclaré que le nouveau pape "s’informera, consultera, demandera conseil, mais à la fin il saura aussi trancher". En témoigne encore une décision tout juste rendue publique ce vendredi : sans équivoque, le Pape a supprimé un comité institué deux ans plus tôt par le pape François. Marqué par sa formation de canoniste, Léon XIV remet de l’ordre là où son prédécesseur révolutionnaire avait parfois lancé des initiatives jugées baroques sur un plan réglementaire. Et ne craint pas de réajuster radicalement les paramètres.