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EVARS : le Planning familial dénonce une offensive “coordonnée et influente” en Europe

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Mathilde de Robien - publié le 25/02/26
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Les présentant comme une menace contre les "droits sexuels et reproductifs" et la démocratie, le Planning familial a accusé dans un rapport publié le 23 février certains partis politiques, médias et associations de mener une offensive "coordonnée et influente" dans toute l’Europe contre "l’éducation complète à la sexualité" (ECS).

Un an après la publication du programme EVARS (Éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle), le Planning familial, mouvement féministe pionnier dans la lutte pour l’avortement et la contraception, a publié ce 23 février un rapport intitulé : L’offensive contre l’éducation complète à la sexualité - Cartographie des acteurs et analyse des stratégies d’opposition en Europe.

Une première partie, intéressante, décrit comment "l’éducation complète à la sexualité" (ECS), telle qu’elle est définie par l’UNESCO et l’OMS, est mise en œuvre dans six pays européens : l'Allemagne, l'Espagne, la France, la Hongrie, l'Italie et la Suède. Par "éducation complète", il faut comprendre une approche non pas biologique de la sexualité, mais "holistique et pluridisciplinaire", "intégrant les ressentis, expériences et notions relatives au bien-être et à l’identité". L’association souligne des disparités dans l’encadrement législatif selon les pays, de la Suède, qui fait figure de pionnière avec des séances obligatoires depuis 1955, à l’Italie qui n’a pas de loi nationale rendant l’éducation sexuelle obligatoire. L’association féministe dénonce une mise en œuvre "partielle" de l’ECS, notamment en France, seul pays où l’ECS est encadrée par des séances annuelles obligatoires dédiées.

Une publication qui intervient quelques jours après que France Info a accusé plusieurs associations intervenant dans des établissements de l'enseignement catholique de ne pas respecter le cadre imposé par l'État. Accusation dont Guillaume Prévost, secrétaire général de l’Enseignement catholique, s’est défendu le 16 février : "Sur l'Evars, l'enseignement catholique est parfaitement au rendez-vous", a-t-il affirmé. "Les chiffres récents du ministère ont montré que les établissements catholiques étaient en moyenne 10 points en avance sur la mise en œuvre de ces séances. L'enseignement catholique est substantiellement en avance sur la mise en œuvre de ces séances parce que ça fait 20 ans qu'on travaille sérieusement ces sujets".

Les opposants à l’ECS, une menace pour la démocratie ?

Mais ce que le Planning familial entend dénoncer dans son rapport, ce sont surtout "les pressions croissantes exercées par des groupes d’opposition" à l’encontre de l’ECS. Des groupes "allant de partis politiques à des organisations de la société civile, des comités de parents, des groupes religieux ou encore des médias" qui mèneraient, depuis les années 2010, une "offensive plus large contre les droits sexuels et reproductifs".

Le Planning familial estime que les opposants à l’ECS cherchent à imposer une "vision hétérocentrée de la famille, à promouvoir des valeurs morales et des choix de vie conservateurs, et à empêcher l’accès à l’information et aux services de santé sexuelle, en particulier pour les adolescents et les jeunes". Pour l’association féministe, "le mouvement anti-ECS est étroitement lié à un mouvement de plus grande ampleur, qu’il alimente, soutient et renforce, appelé le mouvement anti-genre".

Le Planning familial va même plus loin, arguant que ces opposants sont une menace pour les démocraties occidentales. "Le mouvement anti-genre représente un défi pour les démocraties européennes, en cela qu’il déstabilise les principes d’égalité, de non-discrimination et de droits humains. Ce mouvement adopte une stratégie politique délibérée visant à redéfinir les normes sociales, culturelles et politiques en matière de genre. La politique anti-genre s’attaque aux droits civils, à l’épanouissement individuel et à l’autodétermination. Elle peut à ce titre être définie comme une politique antidémocratique."

Amalgame et désinformation

Loin de s’arrêter à ces accusations aussi ineptes qu’infondées, le Planning familial englobe dans ces "groupes d’opposition" la religion catholique, des médias dits conservateurs, ainsi que certains partis politiques et associations de défense de la famille : "La philanthropie catholique est au cœur du financement du mouvement anti-genre et anti-ECS français et européen", affirme le rapport, dénonçant la "diabolisation de l’idéologie du genre" à laquelle s’emploierait le Vatican.

Enfin, le Planning familial désigne certaines associations de défense de la famille et de protection de l’enfance comme étant des "acteurs" de l’opposition à l’ECS, dénonçant notamment des campagnes publicitaires jugées mensongères et volontairement alarmantes. Rappelons que loin de rejeter le programme EVARS dans son intégralité, certaines associations ont souligné ses dérives idéologiques. En outre, le Planning familial rechigne à considérer les parents comme les premiers éducateurs de leur enfant et la famille comme cellule de base de la société. "L’ECS relèverait uniquement de l’intime et de la sphère privée et à ce titre, les parents sont en droit de décider de ce qui est enseigné, partagé, montré à leurs enfants à ce sujet", dénonce le Planning familial.

Comble du comble, alors que l’association féministe condamne une "offensive" contre la démocratie, puisque selon elle, les principes d’égalité, de non-discrimination et de droits humains seraient bafoués par les opposants à l'ECS, elle critique les actions qui ont été menées par des associations devant les instances parlementaires pour faire entendre leur voix. "Le premier programme national d’EVARS qui voit le jour en 2025 est le produit d’un compromis puisque le gouvernement en a adapté le contenu suite aux revendications de certaines structures d’opposition", relève le rapport. N’est-ce pas là la définition même du processus démocratique ?

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