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Au cœur des eaux, la foi demeure à Béhuard

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Situé non loin d’Angers, le sanctuaire de Béhuard, offre, en ces jours de crue, une vue aussi sublime que désolante.

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Iris Bridier - publié le 25/02/26
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Situé non loin d’Angers, niché sur une île de la Loire classée à l’Unesco, le sanctuaire de Béhuard, lieu de pèlerinage millénaire, offre, en ces jours de crue, une vue aussi sublime que désolante. Le fleuve sorti de son lit a envahi le site et les eaux sont montées jusqu’à 1,80 mètre de haut.

"Nous allons avoir besoin de vous pour réparer ce qui est abîmé et reprendre au plus vite l’activité. Les donateurs et les bras seront les bienvenus !", annonce le père Bertrand Chevalier, recteur du sanctuaire marial de Béhuard (Maine-et-Loire). Du haut de son logement qui jouxte la chapelle, l’abbé vit surélevé, consigné sur son rocher depuis une semaine : "Il y a de l’eau tout autour, les routes sont coupées. Je ne peux plus traverser la rue, je ne peux plus sortir. Ce matin, un agriculteur m’a livré du bois en bateau pour tenir jusqu’à la fin de la semaine", explique-t-il à Aleteia. 

Demeurer dans l’adversité

Certains l’interrogent, pourquoi le prêtre ne part-il pas se réfugier sur le continent ? Pas question d’abandonner le Seigneur et la Vierge Marie : "La Présence réelle est permanente, la présence de la Vierge est permanente, jamais elle n’a quitté Béhuard. Alors il faut tenir, demeurer, rester des veilleurs, comme un phare. Cette permanence de l’Église dans l’adversité est importante", répond-il. Réputé pour son zèle apostolique, habituellement, le père Chevalier court pour ne pas perdre une minute au service de la mission. Cette fois, la nature lui impose une expérience de désert et de solitude : "La solitude du Christ au tabernacle, la solitude des églises fermées, la solitude de ceux qui sont loin de tout." Le père reste en communion avec ses paroissiens en gardant en conservant la messe, le chapelet et l'adoration aux heures habituelles. Il sait qu’il en a encore pour un moment. "La Loire descend d’un centimètre par heure. Alors on va à l’essentiel. On lit, on retrouve un rythme plus naturel, moins stressant. Une fois qu’on a fait ce qu’on pouvait pour sauver ce qui pouvait l’être, on accepte et on s’abandonne", témoigne-t-il, confiant. S’il est difficile pour l’heure d’estimer les dommages : "On attend que la crue parte, précise le recteur, il faudra nettoyer, restaurer et réparer rapidement."

Ce mercredi 25 février, le recteur a invité Mgr Emmanuel Delmas, à venir célébrer la messe. L’évêque d’Angers qui vient à la rencontre de tous les sinistrés, a donc été conduit à la chapelle... en barque ! 

Premier lieu au monde où la Vierge est honorée

Rappelons que c’est à quelques kilomètres de là, au Marillais, que la Sainte Vierge est apparue le 8 septembre 430 à Maurille, le quatrième évêque d’Angers. "C’est la première apparition de Marie dans l’histoire de l’Église, souligne l’abbé Chevalier. Elle demande que l’on honore ici sa naissance." En 431, celui qui est aussi un compagnon de saint Martin, évangélise l’Anjou et remplace alors une ancienne idole païenne située sur un gros rocher de la Loire, (l’île actuelle) par une icône de la Vierge. Et voilà comment la petite cité de caractère de Béhuard devient le premier lieu au monde où la Mère du Sauveur est vénérée, un an avant le concile d’Éphèse qui déclarera Marie Theotokos. 

Ainsi, depuis quinze siècles, les pèlerins viennent déposer leurs joies et leurs peines ici, au pied de la Vierge noire. Dans le silence de cette petite chapelle, dans laquelle aimait se recueillir le roi Louis XI, se côtoient sous le regard protecteur et maternel de Marie, bien-portants et cabossés de la vie, malades, prostituées, exilés d’Érythrée ou d’Arménie. Tous y trouvent douceur et consolation. Pour perpétuer cette longue tradition de dévotion ininterrompue, le prêtre fidèle gardien du sanctuaire lance donc cet appel aux bénévoles et aux dons : "Cette maison diocésaine reçoit les plus pauvres, les plus petits, ceux qui ont besoin de se reposer. Plus vite elle sera opérationnelle, plus vite nous pourrons réaccueillir."

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