Alors que l’Ukraine entre ce 24 février dans sa cinquième année de guerre face à la Russie, le conflit demeure enlisé, meurtrier et sans perspective claire de paix durable. Les combats continuent de faire des victimes civiles et militaires par dizaines de milliers. Dans ce contexte dramatique, Léon XIV, à l’instar de son prédécesseur François, multiplie les appels pressants à faire taire les armes et à relancer les efforts diplomatiques.
Quatre ans de guerre et toujours pas l'ombre d'une paix durable. L’Ukraine entre ce mardi 24 février 2026 dans la cinquième année du conflit qui l’oppose à la Russie, après que cette dernière l’a envahie en 2022. Malgré un front relativement figé, les combats font toujours rage. Le bilan humain, bien que difficile à établir avec certitude, ne cesse de grimper. Ce lundi 23 février, trois personnes ont ainsi trouvé la mort dans de nouvelles frappes russes dans les régions d'Odessa (sud) et Zaporijjia (centre). La veille, une attaque a fait au moins un mort et plusieurs blessés dans la région de Kiev après une vaste offensive aérienne combinant des missiles et des drones, visant notamment l’infrastructure énergétique et civile ukrainienne.
Un rapport de la mission de surveillance des droits de l'homme de l'ONU en Ukraine (HRMMU) publié début janvier, estime à près de 15.000 le nombre de civils ukrainiens tués et 40.600 blessés depuis le début de l'invasion russe. D’autres sources suggèrent que 2025 pourrait avoir été l’année la plus meurtrière pour les civils, avec des attaques répétées contre des zones habitées. L'utilisation d'armes explosives — souvent des drones à courte portée —, aurait ainsi contribué à une augmentation de 31% du nombre de victimes civiles par rapport à 2024.
Bienvenue sur le nouveau site d'Aleteia !
Nous sommes heureux de vous accueillir sur un site entièrement repensé, réalisé grâce au soutien de nos généreux donateurs.
Si vous appréciez cette nouvelle expérience de lecture, vous pouvez, vous aussi, nous aider à faire vivre Aleteia.
Côté militaire, les chiffres sont plus difficiles à vérifier en raison de l’absence de données officielles transparentes des deux côtés. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a mentionné début février un bilan officiel d’environ 55.000 militaires ukrainiens tués en quatre ans. Des chiffres très éloignés de certains rapports d'analyse : un rapport du Center for Strategic and International Studies (CSIS) publié fin janvier 2026, décrit les conséquences "effarantes" de l’offensive russes. Selon ce dernier, 1,8 million de soldats russes et ukrainiens ont été tués, blessés ou portés disparus depuis 2022. Près de 325.000 soldats russes auraient été tués entre février 2022 et décembre 2025, contre 100.000 à 140.000 du côté ukrainien.
Plus de 10 millions de déplacés
Le conflit a généré un immense déplacement de population avec plus de 6 millions de personnes à l’étranger et plus de 4,6 millions déplacées à l’intérieur de l’Ukraine selon un rapport commun de la Banque mondiale, des Nations Unies, de la Commission européenne et du gouvernement ukrainien, ce lundi 23 février. Ce mouvement de population constitue la plus grande crise de réfugiés en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. L'après-guerre ne sera pas moins éprouvant, note encore le rapport. La reconstruction après-guerre de l'Ukraine devrait en effet coûter quelque 588 milliards de dollars (plus de 500 milliards d'euros) sur la prochaine décennie. "Les coûts de la reconstruction continuent à augmenter et sont désormais estimés à 587,7 milliards de dollars sur un horizon de dix ans, soit l'équivalent de trois fois le PIB ukrainien en 2025", détaille le rapport.
Dans ce contexte plus qu'incertain, Léon XIV a de nouveau exhorté à la paix entre les deux pays. "Je renouvelle avec force mon appel : que les armes se taisent", a lancé le Pape lors de l'Angélus, dimanche 22 février. "Mon cœur est toujours tourné vers la situation dramatique qui se trouve sous nos yeux. Combien de victimes, combien de vies et de familles brisées, combien de destructions, combien de souffrances indicibles ?", a interrogé le successeur de Pierre, tout en rappelant que "la paix ne peut pas être remise à plus tard". Depuis le début du conflit, l'Église catholique essaie tant bien que mal de faire entendre sa voix, entre prière et initiatives diplomatiques.
Tout comme son prédécesseur François, le pape Léon XIV fait du dossier ukrainien l'une des priorités du Saint-Siège. Le souverain pontife a reçu à plusieurs reprises Volodymyr Zelensky, lui proposant une médiation au Vatican, et a également appelé Vladimir Poutine, chose que n'avait jamais faite le pape François.
Pourtant, pour ce dernier, l'Ukraine a été jusqu'au bout un sujet de préoccupation majeure. Le pape François avait ainsi nommé le cardinal Zuppi comme son représentant pour rencontrer et échanger avec les différents protagonistes. Sa dernière prise de parole en public avant un séjour de plus d'un mois à la polyclinique Gemelli de Rome portait sur la paix en Ukraine. "Nous ne sommes pas nés pour tuer mais pour faire croître les peuples", insistait ainsi le pape argentin quelques jours avant son hospitalisation, en février 2025. D'une voix faible et essoufflée, François exhortait : "S’il vous plaît, dans votre prière quotidienne, demandez la paix. L’Ukraine martyrisée souffre tant."
A l'occasion de ce triste anniversaire, les initiatives de prière se poursuivent dans le monde. Le cardinal Matteo Zuppi présidera une veillée de prière pour la paix en la basilique Sainte-Marie de Trastevere de Rome, à 20h. De son côté, Sant’Egidio France, communauté catholique internationale connue pour ses actions de solidarité et ses engagements diplomatiques pour la paix, organisera une prière similaire vendredi 27 février 2026 à 20h dans l’église Saint-Merry, à Paris.












