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José, coiffeur au grand cœur, redonne sourire et dignité aux personnes en fin de vie

José, coiffeur dans le Val d'Oise.

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Mathilde de Robien - publié le 22/02/26
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À l’heure où les débats sur la fin de vie prennent une tournure inquiétante à l’Assemblée nationale, certains demeurent des témoins d’espérance. C’est le cas de José, coiffeur à Saint-Leu-la-Forêt (Val d’Oise), qui redonne sourire et dignité aux personnes en fin de vie, en coiffant bénévolement d’anciens clients, malades ou âgés.

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José n’a pas attendu que l’on s’inquiète du manque d’unités de soins palliatifs en France pour se préoccuper des personnes en fin de vie. Depuis 34 ans, il coupe, peigne, brosse mais surtout réconforte d’anciens clients malades ou âgés. Coiffeur à Saint-Leu-la-Forêt, dans le Val d’Oise, José, 52 ans, a son propre salon, une clientèle qui lui est très attachée et un cœur à la mesure du choix de tablettes de chocolat qu’il offre à ses clients, c’est-à-dire immense. D’origine portugaise, José est arrivé en France en 1982, à l’âge de 9 ans. Marié depuis 28 ans à une femme dont il admire le courage et la générosité, il a un fils d’une vingtaine d’années dont il n’est pas peu fier.

C’est tombé comme ça, par hasard, au milieu de la conversation. Une question banale sur sa journée libre du lundi. D’aucuns auraient dit : "je me repose", d’autres : "j’ai piscine" ou "j’ai chorale", mais José, lui, coiffe des personnes en fin de vie pendant ses jours de repos pourtant bien mérités. 34 ans qu’il est aux petits soins auprès d’anciens clients. Anciens car ils ne sont plus clients à proprement parler. José les coiffe bénévolement. "Ce n’est rien, juste un peu de temps", dit-il avec modestie. Il se déplace à domicile, les coiffe alors qu’ils sont dans leur lit, ou alors les accueille dans son salon, en prenant soin de baisser un peu le rideau, pour que ses protégés soient à l’aise. "Je reçois des femmes atteintes de cancer, qui sont en chimio, elles viennent pour entretenir les repousses de cheveux, ou recouper une perruque. Tant qu’elles ne sont pas en rémission, c’est offert par la maison !", confie José.

Rendre les gens heureux

En ce moment, José visite huit personnes en fin de vie, toutes les trois semaines ou une fois par mois, à Saint-Leu et dans les villes environnantes. "Ça me fait plaisir", répond-il simplement quand nous lui demandons les raisons d’une telle générosité. "Certains donnent de l’argent, moi je donne de mon temps. C’est dur, parfois je ressors en pleurant, mais ils sont contents que je vienne, pour moi, c’est ça le bonheur, c’est rendre les gens heureux, ça me fait du bien de voir les gens heureux". Une générosité qu’il puise dans son histoire personnelle. "Enfant, j’ai connu la précarité en arrivant en France, avoir fait l’expérience de la pauvreté, je pense que ça ouvre le cœur."

Des rencontres avec ses anciens clients qui sont à chaque fois remplies d’émotions. "Je vois des personnes qui meurent seules, d’autres qui sont entourées, souvent elles me disent : "José, c’est la dernière fois qu’on se voit", et je leur réponds "Mais non !"". Mais arrivent aussi ces moments tant redoutés où José apprend la disparition d’un de ses protégés. Récemment, c’était une jeune fille de 24 ans. Tumeur cancéreuse. Ils avaient parlé de fleurs la fois précédente. Il a reçu un bouquet avec ce message qui le bouleverse encore : "Quand tu recevras ce bouquet, je serai au Paradis. Je suis partie au Ciel, mais j’ai croisé un ange sur Terre".

Une foi bien ancrée

José n’a pas de formation médicale, ni d’expérience d’accompagnement en soins palliatifs. Rien. Lorsque nous lui demandons comment il trouve les bons mots, la bonne posture avec les malades en fin de vie, il est le premier à s’en étonner : "L’humour vient tout seul, cela paraît complètement fou, ce n’est pas moi qui parle, je trouve des mots qui ne sont pas dans mon vocabulaire !".

J’allume une bougie, je confie à Dieu mes clients en fin de vie.

De sa foi, José ne fait pas mystère : "Je suis catholique mais pas super pratiquant. Mais ce n’est pas parce que je ne vais pas à l’église tous les dimanches que je n’ai pas la foi !", tient-il à préciser. Une foi bien ancrée et qu’il n’a pas peur de partager. Chaque été, pendant ses vacances au Portugal, José, accompagné de sa femme, se rend au sanctuaire Saint-Benoît, dans le nord du pays, et à Fatima. "J’allume une bougie, je confie à Dieu mes clients en fin de vie, puis je leur envoie une petite photo en disant "j’ai fait une prière pour vous !", même s’ils ne sont pas catholiques." Une relation qui va bien au-delà d'un simple coup de ciseaux. 

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