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Face aux fortes intempéries, des agriculteurs en première ligne

3 min de lecture
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Crédit : Damien MEYER / AFP

Yannick Frain, maraîcher et éleveur dans la baie du Mont-Saint-Michel, février 2026.,

Alors que s’est ouvert le salon de l’agriculture ce 21 février à Paris, les agriculteurs sont en première ligne face aux fortes intempéries provoquant des inondations par endroits. Des épisodes répétitifs et inquiétants.

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"C'est terrible ce qui nous arrive." Dans la baie du Mont-Saint-Michel, Yannick Frain, maraîcher et éleveur, a subi de plein fouet les pluies qui ont frappé pendant des jours l'ouest de la France, provoquant des crues exceptionnelles et de gros dégâts.

Il passe, résigné, dans son champ de carottes aux allures de rizière. "J'ai déjà perdu entre 10 et 15% de ma récolte, potentiellement 30% si je n'arrive pas à ramasser ce qui reste", soupire-t-il, les bottes engluées dans la boue à Roz-sur-Couesnon (Ille-et-Vilaine). Dans le Lot-et-Garonne, Jean-Pierre Sanz se désole de voir au moins la moitié de sa production inondée, notamment ses kiwis, une espèce qui "ne supporte pas l'eau".

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20% de la production de légumes d'hiver perdue ?

Terrains impraticables, légumes pourris, bâtiments inondés... Ces fortes précipitations ont "causé des dégâts importants surtout chez les maraîchers. Le phénomène de crues touche aussi les céréales d'hiver et les vergers", énumère Nicolas Fortin, secrétaire national de la Confédération paysanne, troisième syndicat agricole.

Le trop-plein d'eau provoque l'asphyxie des cultures dans les champs, y compris celles déjà prêtes à être récoltées. Près de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), Richard Fontaine, maraîcher, regarde impuissant ses choux pourrir sur pieds: le sol trop meuble à cause des pluies empêche son tracteur de passer. "En ce moment, un collègue ramasse même ses céleris à la main pour limiter les pertes", affirme-t-il. Environ 20% de la production de légumes d'hiver sera perdue faute de pouvoir être récoltée, selon la chambre d'agriculture de Bretagne, une des premières régions agricoles de France.

Nous déplorons les jugements hâtifs d’une société majoritairement métropolisée qui, trop souvent, méconnait les contraintes de votre labeur.

"Vous qui labourez pour ensemencer la terre et lui faites porter du fruit, vous qui prenez soin de vos bêtes, vous qui entretenez nos vallées, nos collines et nos paysages, vous qui nourrissez le monde chaque jour, bien souvent sans répit ni juste reconnaissance, nous [….] avons entendu votre exaspération contre des mesures décidées loin des réalités de vos exploitations, sans concertation de proximité", a déclaré la Conférence des évêques de France face aux difficultés répétées des agriculteurs. "Nous déplorons les jugements hâtifs d’une société majoritairement métropolisée qui, trop souvent, méconnait les contraintes de votre labeur. Nous entendons vos inquiétudes face à la mondialisation des échanges, le dérèglement climatique, l’avenir de la politique agricole."

Et les évêques de poursuivre : "En vous exprimant notre profonde gratitude et notre soutien, nous voulons, au nom de notre foi au Christ, nous engager à vos côtés d’une façon renouvelée, pour être des facilitateurs de liens, de rencontre, de dialogue entre vous et avec la société et, ensemble, travailler à la construction d’un monde commun et plus fraternel."