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Linceul de Turin : le mystère qui divise à nouveau la science

4 min de lecture
Linceul de Turin

Crédit : Paolo Gallo | Shutterstock

Linceul de Turin

Alors qu’une étude de juillet 2025 avançait que le linceul de Turin aurait pu être réalisé au Moyen Âge à l’aide d’un bas-relief, trois spécialistes ont publié début février une réfutation détaillée dans la revue spécialisée “Archaeometry”. Une nouvelle salve dans un débat scientifique vieux d’un siècle.

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Un débat sans fin. La joute scientifique autour du linceul de Turin s’est récemment enrichie d’une nouvelle analyse. La revue Archaeometry a publié le 8 février 2026 une réfutation détaillée, cosignée par trois scientifiques, de l’hypothèse selon laquelle l’image du tissu aurait été réalisée au Moyen Âge à l’aide d’un bas-relief. 

Contestation de l’hypothèse médiévale

Au mois de juillet 2025, le chercheur brésilien Cicero Moraes avançait, dans un article publié dans cette même revue, qu’une reconstruction numérique du linceul en 3D corrobore l’hypothèse d’une réalisation médiévale. Selon le scientifique, les contours visibles sur le Saint-Suaire correspondent davantage au contact d'une sculpture en bas-relief qu'à la projection d'un corps humain réel sur du lin.

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Début février, trois spécialistes ont contesté cette conclusion dans la même revue. Leurs critiques font écho aux préoccupations exprimées en 2025 par Roberto Repole, le conservateur du Saint-Suaire, et par le Centre international d'études du Suaire de Turin

Un débat vieux de plus d'un siècle

Le Saint-Suaire fait l'objet de controverses depuis 1898, date à laquelle le photographe Secondo Pia réalise son premier négatif photographique, révélant des détails saisissants invisibles à l'œil nu. Depuis lors, la recherche scientifique s'est déplacée des chambres noires aux laboratoires et à la modélisation numérique.

En 1989, une datation au carbone 14 publiée dans la revue américaine Nature suggère une origine médiévale (1260-1390). Cependant, en 2019, une réanalyse des données brutes, également publiée dans Archaeometry, remet en question certains aspects de ces tests. Le débat, toujours aussi vif et technique, se déroule principalement dans des revues scientifiques plutôt que dans les médias grand public.

"D’importantes faiblesses"

Les trois auteurs de l’article du 8 février, Tristan Casabianca, Emanuela Marinelli et Alessandro Piana, affirment que le modèle de Cicero Moraes présente "d'importantes faiblesses". Ils relèvent des incohérences anatomiques dans la reconstruction numérique, notamment une "inversion des traits droits et gauches" et une "taille corporelle" choisie en dehors des estimations généralement admises. L'étude s'appuie sur une unique photographie de 1931, malgré l'existence d'images plus récentes à haute résolution. De plus, la simulation est réalisée sur du coton et non sur du lin.

Plus fondamentalement, les critiques affirment que l'hypothèse du bas-relief ne parvient pas à expliquer deux caractéristiques essentielles du linceul de Turin : l'extrême superficialité de l'image, dont la profondeur ne dépasse pas une fraction de millimètre, et les multiples confirmations indépendantes de la présence de taches de sang. Ces deux éléments résistent, selon eux, à toute explication suggérant l’utilisation de techniques artistiques médiévales. La réfutation souligne également que des variantes de la théorie du bas-relief ont été explorées et rejetées au début des années 1980.

Foi et science à la recherche de la vérité 

Au-delà des questions techniques, les auteurs remettent en cause la plausibilité historique de cette hypothèse. Cicero Moraes établit des liens entre différentes époques et différents lieux pour suggérer comment un artiste médiéval aurait pu concevoir une telle image. Pourtant, aucune des œuvres citées ne représente un Christ nu, après sa crucifixion, figuré de face et de dos, élément le plus distinctif du Saint Suaire.

Cet échange montre combien l’étude du Saint-Suaire exige à la fois prudence et exigence. Les outils numériques offrent des perspectives nouvelles, mais ils ne remplacent ni la solidité des sources historiques ni la précision des analyses scientifiques. Pour les croyants, le Saint Suaire demeure un témoignage bouleversant de la Passion du Christ. Pour les chercheurs, il continue d'exiger une grande rigueur intellectuelle. Plus qu'une relique du passé, il rappelle à chacun que la foi et la science, lorsqu'elles sont abordées avec sincérité, recherchent toutes deux la vérité.