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[HOMÉLIE] Le carême, ce temps favorable pour vivre selon le cœur de Dieu

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Charles Mallard - publié le 17/02/26
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Vicaire général du diocèse de Fréjus-Toulon, le père Charles Mallard commente les lectures du Mercredi des cendres. Si Dieu est "lent à la colère", c’est qu’il nous laisse du temps pour regretter nos péchés. Le carême est un temps favorable pour apprendre à vivre dans la miséricorde de Dieu.

"Revenez au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour, renonçant au châtiment" (Jl 2, 13). Ces paroles du prophète Joël qui nous introduisent au carême nous font découvrir la miséricorde de Dieu comme motif et raison de la conversion. Mais ne nous trompons pas en faisant dire au Seigneur ce qui nous arrange, et écoutons attentivement la parole. Si le prophète décrit la tendresse et la miséricorde de Dieu avec trois expressions, ce n’est pas pour que nous retenions seulement celle que nous préférons. 

Lent à la colère

Comment décrit-il Dieu, tendre et miséricordieux ? Il est "lent à la colère, plein d’amour, renonçant au châtiment". En général, on ne garde que "plein d’amour", mais il y a aussi "lent à la colère" et "renonçant au châtiment". Si Dieu est lent à la colère, cela ne veut pas dire qu’il n’a jamais aucune colère. Simplement sa colère n’est pas instantanée : il nous laisse un temps pour revenir à lui et regretter notre péché. Si Dieu renonce au châtiment, cela ne veut pas dire que l’on ne mérite pas de châtiment, mais que devant celui qui déchire son cœur et prend conscience de sa faute, Dieu ne demande pas obstinément justice et réparation. Comme le montre le reste de l’oracle de Joël, la pénitence a pour but d’éviter une punition pourtant méritée !

Donner, prier, jeûner pour Dieu

C’est bien dans cet esprit que nous sommes invités à vivre les piliers du carême. Comme le rappelle Jésus, le destinataire de l’aumône, de la prière et du jeûne, ce n’est pas nous, c’est Dieu. Il ne s’agit pas de se faire admirer des hommes, mais de montrer au Seigneur que nous regrettons nos péchés. L’aumône ou le partage n’est pas une case à cocher pour se donner bonne conscience ; c’est le moyen concret de montrer que nous regrettons l’égoïsme qui préside trop souvent à nos relations avec les autres. La prière n’est pas un exercice de style pour remettre à niveau notre quota de dévotion ; c’est l’effort concret que nous faisons pour laisser plus de place à Dieu dans une vie où nous l’oublions trop souvent. Le jeûne et les privations ne sont pas un régime qui nous permet d’éliminer les excès des fêtes de fin d’année afin de pouvoir profiter d’autres excès à venir ; mais le moyen par lequel nous mesurons que nous avons accordé trop d’importance aux plaisirs matériels, et pour essayer de vivre selon l’esprit. 

Un temps d’entraînement

Comme le disait la prière d’ouverture, le carême est un temps d’entraînement au combat spirituel. Il ne doit pas être une parenthèse pour réparer ce qui est cassé, mais l’occasion de prendre de bonnes habitudes. Il ne s’agit pas de faire des exploits ascétiques, mais d’apprendre à vivre selon le cœur de Dieu. Et si les efforts nous coûtent ça n’est pas pour améliorer nos performances mais parce que nous sommes trop attachés au péché. 

L’aumône, la prière et le jeûne nous dépouillent, ils nous font prendre conscience de notre misère et font tomber les masques du péché dans nos relations aux autres, à Dieu et à nous-même. Ils sont un cri vers Dieu, une manière de nous remettre entre ses mains pour lui demander de nous libérer de l’égoïsme, de l’indifférence à sa présence et de la sensualité. Par les efforts du carême, nous implorons la miséricorde du Seigneur pour que sa puissance ne se déchaîne pas en colère, mais qu’elle nous emporte dans sa tendresse et dans son amour.

Le moment favorable

Comme le rappelait saint Paul, c’est maintenant le temps favorable (2Co 6, 2), c’est maintenant qu’il faut se laisser réconcilier avec Dieu, c’est maintenant qu’il faut regretter nos péchés, c’est maintenant qu’il faut accueillir la grâce qui nous apprend à vivre selon la justice même de Dieu ; pour qu’au jour de Pâques nous puissions goûter d’un cœur purifié le jour du salut et demeurer en Lui comme il demeure en nous pour les siècles des siècles.

Lectures du Mercredi des cendres (année A) :

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