Maisons inondées, toits arrachés, réseau électrique et tuyauteries détruits, débris et affaires personnelles jonchant le sol… "C’est la catastrophe", confie à Aleteia Clotilde, volontaire de Solidarité Internationale à Toamasina avec les Missions Étrangères de Paris, qui a vécu le passage du cyclone Gezani sur Madagascar le 10 février. "C'était terrifiant ! Notre maison est en béton, nous avons eu de la chance qu’elle n’ait pas été détruite. Nous nous sommes réfugiés au rez-de-chaussée. L’eau s'infiltrait partout, nous entendions les arbres tomber… Les murs ont tenu le coup mais le compteur électrique a sauté, tout comme le portail et les tuyauteries qui n'existent plus", raconte-t-elle.
Accompagné de rafales atteignant jusqu’à 250 km/h, Gezani a frappé de plein fouet la deuxième ville du pays et semé la destruction dans tout le nord-est de la Grande Île. Plus de 16.000 habitants ont été contraints de quitter leurs foyers. Dans la majorité des quartiers, les habitations ont été éventrées, les toitures arrachées et les rues transformées en torrents de boue. Au total, ce sont environ 25.000 maisons qui ont été détruites et 27.000 autres inondées dans cette ville qui compte 400.000 habitants.
L’aide humanitaire s'organise
Le 13 février, le Programme alimentaire mondial de l'ONU a souligné la situation précaire de la population sur place : "La ville fonctionne avec environ 5% de son approvisionnement en électricité et il n’y a pas d’eau." Si la solidarité s’organise dans certains quartiers périphériques, la ville connaît aussi de nombreux vols et des conditions sanitaires inquiétantes. L’accès aux services essentiels reste extrêmement perturbé. "Beaucoup de quartiers vivent dans l’eau. C’est une porte ouverte aux épidémies", alerte Clotilde qui insiste sur l’urgence d’apporter "de l’eau potable, des soins, de la nourriture et de l’électricité à la population".

Face à la paralysie des infrastructures, le gouvernement a décrété l’état de catastrophe nationale et a lancé un appel à l’aide internationale. Cette dernière commence à s’organiser. La France a dépêché depuis La Réunion des vivres ainsi que des équipes de sauveteurs et de pompiers afin d’appuyer les autorités locales dans les opérations d’urgence. Quant à la Chine, elle a annoncé l’octroi d’une aide non remboursable de 100 millions de yuans, soit environ 12 millions d’euros, pour soutenir les efforts de secours et de reconstruction.
L'Église au chevet des victimes
Sur place, l’Église catholique est également mobilisée. Les paroisses ont ouvert leurs portes pour accueillir les déplacés, distribuer de la nourriture et offrir un accompagnement spirituel. Mgr Benjamin Marc Balthason Ramaroson, archevêque de l'archidiocèse d’Antsiranana, a exprimé le 12 février sa solidarité avec les communautés touchées, affirmant que l’Église se tient aux côtés des victimes afin que "cette blessure puisse guérir rapidement". "Madagascar est une grande île, presque un continent. Le nord a été épargné. Mais nous sommes de tout cœur avec nos frères et sœurs touchés par le cyclone", a-t-il déclaré dans une interview à ACI Afrique. De son côté, le diocèse de Toamasina a mis en place une collecte de fonds exceptionnelle en ligne afin de venir en aide aux familles touchées et de reconstruire durablement les structures essentielles.
Le pape Léon XIV a exprimé sa proximité avec les populations malgaches dimanche 15 février. À l’issue de la prière mariale de l’Angélus, depuis la place Saint-Pierre, il a assuré de ses prières pour "les victimes et leurs familles, ainsi que pour tous ceux qui ont subi de graves dommages".









