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La "dignité inaliénable de toute vie humaine" aura-t-elle à le dernier mot à l’Assemblée nationale ? Les députés entament ce lundi 16 février au soir la deuxième lecture des propositions de loi sur la fin de vie. Les députés de la commission des Affaires sociales ont largement adopté début février la proposition créant un "droit à l'aide à mourir" et approuvé les cinq critères cumulatifs déjà prévus dans le texte, dont le fait d'être atteint "d'une affection grave et incurable" qui "engage le pronostic vital, en phase avancée" ou "terminale", et présentant "une souffrance physique ou psychologique constante".
A l'approche de la deuxième lecture des textes sur la fin de vie à l'Assemblée nationale, les Ordres des médecins et des infirmiers ont réaffirmé le 12 février que "la priorité absolue" devait aller aux soins palliatifs et insisté sur les garde-fous en cas d'aide à mourir. "La priorité absolue doit être la mise en œuvre d'une véritable politique nationale de soins palliatifs", qui garantisse le déploiement d'équipes dans tous les départements ainsi que la création et la montée en charge de maisons d’accompagnement et de soins palliatifs, ont-ils plaidé dans un communiqué commun.
Clause de conscience et délit d'entrave
Martelant que les médecins et infirmiers ne peuvent "provoquer délibérément la mort", les Conseils nationaux des Ordres ont insisté sur les garanties nécessaires pour les soignants "si les travaux législatifs doivent aboutir à l'adoption d'un droit à l'aide à mourir". Ils ont rappelé leur desiderata d'une "clause de conscience explicite et spécifique au médecin et à l'infirmier amenés à être sollicités pour participer à une procédure d'aide à mourir", qui pourrait être invoquée "à toute étape de la procédure, quels que soient (l)es modes ou lieux d'exercice".
Les deux instances ont aussi appelé à supprimer le délit d'entrave, jugeant qu'il "ne saurait s’appliquer ni aux médecins qui seraient amenés à déclarer un patient inéligible à l’aide à mourir, ni aux professionnels qui feraient valoir leur clause de conscience".
Journée de jeûne et de prière
Face à cet inquiétant texte, l'Église catholique invite les fidèles à une journée "de jeûne et de prière" le 20 février pour alerter sur "la gravité des enjeux". "Nous, évêques de France, invitons les catholiques qui le souhaitent à une journée de prière et de jeûne le 20 février, premier vendredi de Carême, pour demander au Seigneur d'éclairer les consciences sur la gravité des enjeux de cette proposition de loi", ont ainsi appelé les évêques de France. Ce texte "entraîne clairement notre pays sur la voie de l’euthanasie et du suicide assisté", affirment-t-ils.
Le parcours de cette proposition de loi est loin d'être terminé. Son adoption avant l'été supposerait que le gouvernement donne le dernier mot à l'Assemblée, après une deuxième lecture au Sénat au printemps, un probable échec de la commission mixte paritaire censée accorder les deux chambres, et une nouvelle lecture dans chacune. Emmanuel Macron a réaffirmé son intention de voir le débat législatif aboutir avant la présidentielle, et si possible dès cette année.









