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L’Institut pour les Œuvres de Religion (IOR) a annoncé mardi le lancement de deux nouveaux indices actions : le Morningstar IOR Eurozone Catholic Principles – pour les sociétés cotées en Europe – et le Morningstar IOR US Catholic Principles – pour les entreprises des États-Unis, en dollars. Ces indices sont "pleinement conformes aux principes de l’éthique catholique", précise la banque du Vatican qui offre des services bancaires et d’investissement à plus de 12.000 clients travaillant pour l’Église catholique dans plus de 110 pays.
Les deux indices – benchmarks –, développés en collaboration avec Morningstar, fournisseur de données financières indépendant, sont construits avec les critères éthiques de la Doctrine sociale de l’Église assure l’institut. Ils sont conçus pour être une référence pour les investissements éthiques, et suivent l’évolution de 50 sociétés – ‘émetteurs’ – sélectionnées comme compatibles avec les enseignements des papes. En d’autres termes, les deux nouveaux indices boursiers made in Vatican permettent de mesurer les résultats d’investissement de ces sociétés à grande et moyenne capitalisation. Parmi elles, la presse financière cite Amazon, Meta, Tesla, Apple, JPMorgan, ou encore Deutsche Telekom, Banco Santander, UniCredit et Allianz – selon Business Insider.
Comment le choix s’est-il porté sur ces entreprises ? L’IOR a appliqué des filtres éthiques inspirés des principes catholiques. Contacté par Aleteia, l’Institut précise qu’il s’agit d’analyser les sociétés selon plus de 20 thématiques, listant ces critères notamment : "techniques abortives, contraception, cellules souches, armes controversées, armes légères, fournitures militaires, charbon, pétrole et dérivés, protection animale, addictions telles que le jeu, lutte contre le blanchiment et le terrorisme".
Un examen attentif des critères "catho-compatibles"
"Plus de deux cents ‘data points’, c’est-à-dire des données analytiques mises à jour régulièrement par des spécialistes du secteur avec professionnalisme et rigueur, sont pris en considération", expliquent les porte-parole de la banque vaticane. Pour les "cas douteux", l’IOR assure un examen approfondi. L’évaluation des sociétés est répétée à cadence trimestrielle, avec mise à jour de la liste. "En cas d’événements significatifs, l’actualisation est effectuée de manière immédiate", déclare l’institut.
Par ces indices boursiers ‘catho-compatibles’, l’IOR précise dans son communiqué officiel qu’il entend promouvoir "une finance responsable et transparente". Robert Edwards, directeur général de Morningstar Indexes, soutient de son côté le bien-fondé de cette initiative alors que "les investisseurs recherchent de plus en plus des indices de référence reflétant des critères spécifiques basés sur des valeurs ou des politiques".
Ce travail est titanesque, nous glissait une source proche du dossier avant le lancement officiel des indices, soulignant la nécessité d’une mise à jour constante : "Une entreprise peut être éligible à un instant T et ne plus l’être dans un temps ultérieur. Il faut un travail permanent d’analyse des sociétés". Mais ce qui compte, pour les banquiers du Vatican, c’est de "créer un mouvement, de prise de conscience culturelle". "Les marchés financiers peuvent être un canal pour transformer les entreprises, et donc la société", estime-t-on derrière les murs Léonins.










