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Violences à l’école : l’appel au secours du ministre de l’Éducation aux parents

Edouard Geffray, ministre de l'Education nationale.

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Mathilde de Robien - avec AFP - publié le 13/02/26
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"L’École fait beaucoup mais elle ne peut pas tout", écrit le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, dans une lettre destinée à l’ensemble des parents d’élèves et publiée le 13 février. Presqu’un appel au secours, qui reconnaît, une fois n’est pas coutume, les parents comme les premiers éducateurs de leur enfant.

Si seulement les lettres du gouvernement pouvaient être suivies d’effet ! Les couples auraient plein d’enfants et l’école redeviendrait un endroit sûr et paisible. Le 5 février, le ministère de la Santé annonçait l’envoi prochain d’un courrier aux Français âgés de 29 ans pour, sous couvert de lutte contre l’infertilité, les encourager à procréer. Une semaine plus tard, jeudi 12 février, c’est au tour d’Édouard Geffray, ministre de l'Éducation nationale, de publier une lettre qui sera envoyée à tous les parents d’élèves scolarisés en France. Elle sonne comme un appel au secours, priant les parents de s’impliquer dans la prévention, la détection et la lutte contre la violence et le harcèlement à l’école. "L’École fait beaucoup, mais elle ne peut pas tout. Sa réussite n’est possible que si chacun s’engage à respecter et à faire respecter l’institution scolaire et tous ses personnels", écrit le ministre.

Une initiative qui fait suite au drame de Sanary-sur-Mer où une enseignante, toujours dans un état critique, a été poignardée par un élève de 14 ans en classe. Mais cette attaque est loin d'être un cas isolé. "Ces dernières années, et plus particulièrement ces dernières semaines, ont été marquées par plusieurs agressions particulièrement violentes, tant à l’encontre de personnels de l’éducation nationale qu’entre élèves. Plus généralement, nous constatons une forme de banalisation de la violence, extrême, qui plus est", commence le ministre dans sa lettre. Le 9 février sur RTL, il avait indiqué que 1.500 contrôles de sacs par mois avaient été réalisés entre mars et décembre 2025, et que 525 élèves avaient été interceptés par les forces de l’ordre avec un couteau au cours de cette période.

Rappel du bon sens et de la loi

Au vu de la situation qui appelle selon le ministre à "un sursaut collectif", la lettre ne fait que rappeler le bon sens et la loi : "Un enfant ou un jeune n’a pas à avoir de couteau dans sa poche. Il n’a pas à agresser verbalement ou physiquement ses professeurs ou les personnels de l’éducation nationale. Il n’a pas à être violent, tout simplement." Le ministre dénonce le comportement de certains élèves, mais aussi celui de parents : "Il en va de même de ses parents [de ne pas être violents]. Ces exigences ne relèvent pas seulement du bon sens : elles découlent de la loi, qui garantit le respect dû aux personnels chargés d’une mission de service public d’éducation."

Nous avons besoin que vous affirmiez dans le cercle familial l’autorité de l’École et de ses personnels.

"Nous avons donc besoin de vous", continue le ministre. "Besoin que vous parliez, dans les prochains jours et régulièrement, tout au long de l’année, avec vos enfants, pour leur rappeler et leur faire respecter ces règles élémentaires. Besoin de votre vigilance pour nous signaler tout fait de harcèlement ou de violence dont ils seraient victimes ou témoins, afin que nous puissions intervenir au plus vite, protéger les élèves victimes et sanctionner les auteurs. Besoin que, par votre exemple et le respect que vous portez vous-mêmes aux professeurs et à l’institution, vous leur appreniez à voir dans l’École et dans ses personnels une chance unique. Besoin, simplement, que vous affirmiez dans le cercle familial l’autorité de l’École et de ses personnels, tout comme le respect dû à chaque élève."

Une initiative louable mais pas suffisante

Une lettre qui suscite un accueil favorable des organisations syndicales. "C'est la première fois qu'on a un ministre qui appelle un petit peu à la responsabilité collective ", salue auprès de l'AFP Élisabeth Allain-Moreno, secrétaire générale du SE-Unsa.

Mais un simple courrier semble loin d’être suffisant pour faire face à la montée de la violence à l’école et au mal-être des jeunes. "La démarche et le fond sont plutôt positifs (…) Cela permet de rappeler que l’école ne peut pas tout faire", abonde la secrétaire générale du Snes-FSU, Sophie Vénétitay. "Mais il faudra aussi des changements concrets sur le suivi des élèves, une lettre ne pourra pas suffire", prévient la responsable syndicale. "C'est un levier parmi les autres à activer", souligne Mme Allain-Moreno, mentionnant notamment les moyens humains en vie scolaire et dans les services médico-sociaux, qu'elle juge "très, très en dessous des besoins".

L’occasion néanmoins de se réjouir que l’Éducation nationale considère les parents d’élèves comme de véritables partenaires et les premiers éducateurs de leur enfant. Il n’en a pas toujours été ainsi. En février dernier, la publication du programme Evars suscitait la polémique en mettant les parents franchement de côté, notamment en ne rendant pas obligatoire la communication du contenu et des dates des séances d’éducation à la vie affective et sexuelle. Enfin, si cette lettre peut générer un certain désespoir face à la banalisation du mal, elle laisse aussi entrevoir la possibilité, pour toutes les personnes de bonne volonté, parents, enseignants, soignants, éducateurs, de s'allier et d'œuvrer ensemble pour faire triompher le bien.

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